D. — VERTIGES
Autre type clinique : le vertige caractérise suffisamment certaines formes d'otites; tantôt il est rapporté à une compression secondaire du labyrinthe ; tantôt à des lésions de' celui-ci; tantôt c'est un réflexe, un trouble sympathique, avec ou sans lésion otique : nous donnerons ailleurs le traitement des lésions locales.
Si le patient est pléthorique, quelques sangsues au siège le soulageront vite ; de même un purgatif énergique, s'il est hémorroïdaire.
Depuis quinze ans, j'ai traité plus de cinq cents cas de vertiges auriculaires. Le sulfate de quinine est, à mon avis, le médicament de choix dans le vertige auriculaire; on le donne à la dose de 60 à 80 centigrammes par jour durant dix à douze jours. 11 est prescrit par tous les auteurs, d'après Charcot; mais il ne remplit pas toutes les indications, ainsi qu'on va le voir; certains sujets ne peuvent supporter l'augmentation des bruits et plus rarement des vertiges qu'il cause; on a, dans le but de les diminuer, recommandé Yergotine. On peut donner un calmant le soir; et surtout, on doit insister avec conviction sur la nécessité de supporter ces inconvénients d'un traitement utile et parfois héroïque. Après un repos de
dix jours, on prescrira une deuxième, une troisième série, en forçant pen à pen la dose, s'il en est besoin.
Récemment, on s est bien trouvé de l'emploi de la pilocarpine, surtout dans le début de l'affection ; c'est la médication du symptôme comme la quinine. On pratique des injections hypodermiques de nitrate de pilocarpine (en général on débute par II gouttes de la solution à 1 p. 100; et on augmente graduellement suivant l'effet et la tolérance du sujet) (Politzer, Bôke, Field, Corradi, Virmonsky, Mackensie, C. Baber, Gellé, Lermoyez, etc.).
Quelques succès ont été obtenus avec la trinitrine chez les anémiques et les artério-scléreux, et chez les neurasthéniques (Régis, Grasset, V à X gouttes de la solution à 1 p. 100). La picrotoxine a donné également de bons résultats ; Ton se trouve souvent bien de recommander les liqueurs aromatiques, analogues à Yélixir de Garus, dont Faction est complexe, nervine et stomachique (arnica, menthe, mélisse, vanille, etc.).
La gastralgie, les dyspepsies, les moindres troubles digestifs, la pneumatose, la pléthore abdominale entretiennent et provoquent les vertiges de Ménière chez les sujets prédisposés par l'existence d'une lésion otique, chez ceux qui offrent des troubles circulatoires, congestifs ou non, dès que l'estomac reçoit des aliments (troubles réflexes, vaso-moteurs). L'affection labyrinthique se manifeste au moment des vertiges par des troubles de l'estomac paradoxaux (vomissements, nausées, etc.). 11 existe donc là des rapports intimes; aussi, on supprime, on calme les vertiges en améliorant les états maladifs de l'estomac par la diète, le régime approprié, une hygiène sévère, etc. Comme la tète, l'oreille peut souffrir par l'estomac. C'est ainsi que Vichy, Pougues, Alet, soulagent les vertigineux atteints de sclérose auriculaire.
Depuis longtemps le bromure de potassium, ce calmant des réflexes, a fait ses preuves dans la cure du vertige otique. Il en est de même des iodures, qui excitent la circulation et répondent à des indications opposées. La pelle tiérine et la santonine trouvent aussi leur indication.
Le séjour à la campagne calme bien des vertiginés; le repos loin des affaires, le calme, le sommeil réglé, la cessation de tout travail intellectuel sont des conditions indispensables parfois à la réussite; les veillées, la fatigue, les chagrins doivent être évités.
Le vertige de Ménière, prodromique ou non du tabès, est variable; mais il résiste à tout, et dure des années.
Le vertige symptomatique de l'hémorragie labyrinthique cesse de lui-même en quelques semaines, et plus tôt avec les antiphlogistiques immédiats, puis l'iodure, etc. Lsu pilocarpine donne des résultats au début. Chez les alcooliques, le régime lacté agit remarquablement vite, avec cessation du toxique.
D'autre part, l'otite grippale, suppurée ou non, laisse à sa suite un état d'endolorissement et d'excitabilité de l'appareil labyrinthique, tels que les vibrations, le bruit de la parole, étourdissent, abasourdissent et font pâlir le patient. Ces états anxieux, vertigineux, de faiblesse irritable, expliqués par une hyperexcitabilité des nerfs des ampoules labyrinthiques et des centres réflexes, sont soulagés grandement par les douches froides; je m'en suis souvent très bien trouvé depuis l'influenza.
L'hyperesthésie labyrinthique peut être entretenue par des troubles de la circulation locale ou céphalique, donnant lieu à de la congestion de la tête, ou au contraire à l'anémie (cardiaques, albuminurie) ; ailleurs, elle est éveillée parles toxines urémiques ou autres, celles de la typhoïde au début par exemple.
Les utérines offrent fréquemment du vertige avec une lésion otique unilatérale, scléreuse, et des signes de labyrinthisme ; le traitement de l'affection génitale [Brides, Salins) est indispensable à la cure ; le sulfate de quinine et les douches froides ici font encore merveille (Bourbonne-les- Bains, Néris, Spa, Luxeuil). De même chez les épuisés, après les pertes, les diarrhées, la dysenterie, etc., les grandes privations, l'affection otique récente ou ancienne prend souvent l'allure vertigineuse ; celle-ci cédera aux injections de caféine, et se
. ,. M 1 HJI 1'- APPLIQUÉE.
^ ..\ |i«Mli % rniït|ui*s kY huile camphrée
ou/, une à ileux fois par jour, par
.;m>. «Mi peut essayer des inspira-
;tntjtc. (.'liez les arthritiques, le
..u m île lu ménopause, tantôt eon-
■ -.i (l »ilu|ui' t»t neurasthénique: une
itit t iiit> réussît dans le premier
.. ... . «I lr> dourhes froides, les toni-
. .iiiliv, a\ec une vie calme, à l'air
Vuduiil ci après ces crises de ver-
.luiilahv reste identique: il n'y a
*.»ililr labyrintliique surajouté, sur
rurale peut agir.
» loue tout l'arsenal des preserip-
.i.iu.N le* nê\ roses <tryrhnine. ar-
ii *iu lie* froides graduées, etc. : on
î mit' morose labvrinthique qui s-j
.pi.- générale active.
..m um».N >KHt:> rs
i;.itiMit do bruits subjectifs, de tin-
x . l.i..-.iqiit ( l'ivquen'. «ci le ment très
n.-ul'i xciu'iil plus .{'ii* ,i surdité, (jui
«.iiltiiii'ul locitl Mifii' :vur les guérir?
»\ l «. i.- ilii'Me .«cqui^c ii ■»- i **t labvriuthi-
'\ » i-l l'Ial pciM>i%» .i;»î»"^ "'.■ïi:e: dans