PIQURES
Pour les piqûres^ la question ne se pose pas: il n'y a point de zone stupéfiée, et la réunion est de règle. Si la pointe est fine, elle pénètre par disjonction, et non par destruction des éléments : nos trocarts, nos aiguilles, marquent à peine leur trace par une douleur légère, une gouttelette de sang, et, en un jour ou deux, cette diérèse guérit sous une couche de collodion iodoformé. Le seul danger de ces piqûres est d'inoculer dans les tissus, des substances septiques qui provoquent des inflammations: les panaris des cuisinières, les phlegmons des hommes de peine ont souvent pour origine la pénétration, dans la peau, de minces échardes contaminées. Aussi faut-il pratiquer sur ces plaies une pression qui fasse, avec le sang, sortir les matières infectieuses ; au besoin on débridera pour extraire le corps étranger. Si l'inflammation éclate, la région sera immergée dans un bain antiseptique chaud, ou traitée par les pulvérisations.
Une pointe moins fine ne pénètre plus par disjonction mais par déchirure. Si cependant elle est lisse, la plaie régulière se réunit facilement: ainsi des sections rectilignes du sabre-baïonnette et des diérèses triangulaires de la baïonnette du fusil de 1886. Les pointes émoussées meurtrissent les tissus et le foyer traumatique peut avoir une zone mortifiée et stupéfiée d'une certaine étendue. La réunion est contre-indiquée pour peu que la plaie soit inoculée. Encore l'extraction des corps étrangers, l'ablation des tissus morts, [le lavage, permettent-ils d'obtenir l'adhésion immédiate, dangereuse à chercher sous nos anciens pansements. S'il existait cependant une perte de substance profonde que ne pourraient combler le refoulement des tissus ou les sutures profondes, on drainerait le clapier avec un tube ou une lanière de gaze iodoformée.