‹ Traité de thérapeutique chirurgicale (volume 2)Chapitre 77 sur 191 · MUSCLES · texte numérisé non relu

MUSCLES

éprouvé les bons effets analgésiques, est l'électrisation faradique de la région musculaire endolorie.

Hernies musculaires. — Le traitement palliatif par des moyens de contention n"a fourni que de médiocres résultats. A la jambe, les bas élastiques ou lacés ont pu exercer, sur les hernies du jambier antérieur, une contention utile. Mais, dans les autres régions, la compression a été inefficace ou intolérée, douloureuse et déterminant de la stase veineuse en aval, qu'elle s'exerçât avec des compresses gradués comme le vantait Mourlon, par des cuissards lacés comme le firent Douvi et Gaujot, parles appareils de coutil et de cuir imaginés par Baudin, par un bandage herniaire à pelote essayé par Weill, parle caleçon élastique avec poire de caoutchouc que Trélat conseilla chez le blessé de Bousquet.

Devant cette insuffisance des palliatifs et l'innocuité d'une opération septique, il est désormais indiqué de tenter la cure radicale des hernies musculaires. La technique en est simple. Après cocaïnisation et esmarchisationde la région, une incision large meta découvert la tumeur herniaire. On excise la partie herniée ; car c'est s'exposer à la récidive que de réduire, comme le fitSellerbeck (l),dans la gaine aponévrotique la partie de muscle qui en était sortie. Si Hartmann (2) s'en est dispensé, c'est qu'à l'état de repos, chez son malade, le muscle ne saillait pas hors des perforations aponévrotiques ; son opéré d'ailleurs a présenté une récidive. Choux (3) s'est trouvé en présence d'une intéressante variété : une hernie du jambier antérieur sans déchirure aponévrotique, le muscle faisant relief sur un point aminci et distendu de son fourreau qui ne présentait point de solution de continuité. En pareil cas, il serait logique de limiter, à son exemple, l'expansion en avant du muscle, sur la partie répondant à la distension aponévrotique. Choux le réalisa en passant, à mi-épaisseur du jambier, espacés de 7 à 8 millimètres, six crins de florence étreignant, par autant de ligatures circulaires, les faisceaux musculaires de la moitié antérieure du muscle : c'étaient autant d'intersections destinées à devenir fibreuses, dont il coupait la continuité du jambier ainsi séparé en petits ventres musculaires, comme un grand droit de l'abdomen, et mis hors d'état de saillir vivement à chaque contraction.

Les lèvres de la déchirure aponévrotique seront avivées. Dans le cas de pseudo-hernie par distension aponévrotique, il conviendra, à l'exemple de Choux, de rétrécir par une résection de cette aponévrose la gaine musculaire ; cela permettra, au surplus, de faire porter la suture sur des points de résistance normale. La clôture de l'orifice aponévrotique mérite tous les soins; c'est p'our ne l'avoir point faite que Gies (4) a observé une récidive chez son premier opéré. Ces points seront faits à la soie ou au crin; ils seront passés à quelque distance des lèvres de la plaie aponévro-

(1) Sellekbeck, Deutsche militilrtlrlzliche Zeitschrif't, août 1891, p. 551.

(2) Hartmann, Un cas de hernie musculaire. Revue de cJiirurqie, 1893, p. 508.

(3) Choux, La cure radicale des hernies musculaires. Revue de chirurgie, 1893, p. 485-

(4) Gies, Zwei operativ behandelte Fiille von Hernia muscularis. Berlmer Idinische Wochenschrift, 15 mars 188G.

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tique pour oflVir une résistance sunisante à la traction; cette condition sera mieux reni[)lie encore si on leur fait suivi'c un trajet en [, de façon à adosser des surfaces et non des points, et si l'on charge le muscle au passage. La peau sera suturée sans drainage par une sih-ie de crins i)i(jfonds et superficiels. L'immobilisation sera rigoureusement gardée pendant trois à quatre semaines : c'est pour l'avoir snpprimée dès le douzième jour ([ue Gazin (1) a vu son malade otlrir une récidive.

(1) Ga/.in, Cure radicale d'une hernie du moyen adducteur. Archives de inédecine militaire, avril I89'^ [i. 310.

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