‹ Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 111 sur 372 · MALADIES DE L'OREILLE INTERNE · texte numérisé non relu

MALADIES DE L'OREILLE INTERNE

Les affections de l'oreille interne sont un pauvre chapitre au point de vue thérapeutique. A part la banale médication dérivative et antiphlogistique, surtout indiquée dans ce qu'on a essayé de décrire sous le nom d'hyperémie labyrinthique ; à part les courants continus, dont l'action et la technique sont peu réglées encore, le clinicien ne trouve guère ici qu'une notion thérapeutique solide : l'influence du sulfate de quinine dans la maladie de Ménière. On sait le cas fameux de Charcot qui, en 1875, introduisit et recommanda cette médication : une malade était, depuis plusieurs années, confinée au lit par un état de vertige invincible ; ayant observé que, dans cette affection, les vertiges disparaissent avec l'ouïe, Charcot eut l'idée d'utiliser l'influence assourdissante du sulfate de quinine ; les bourdonnements permanents furent remplacés par un bruissement spécial; les vertiges diminuèrent notablement; deux mois et demi après, la malade pouvait marcher. Les faits rapportés par Ferré et Demars montrent qu'il ne s'agit point là d'un résultat exceptionnel : le sulfate de quinine semble avoir une action indiscutable sur les troubles de l'équilibre ; il ne- faut point s'arrêter devant l'exacerbation que provoquent les premières doses, mais le continuer pendant deux semaines, par prises quotidiennes de 50 centigrammes ou d'un gramme, le suspendre pendant quelques jours, poursuivre ainsi, par reprises successives, jusqu'à cessation des accidents.

Forgue et Reclus. — II. 19

Page 1