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RÉSECTION DES CANAUX DÉFÉRENTS DANS L'HYPERTROPHIE PROSTATIQUE

s'explique l'influence de la castration sur la cystite et les phénomènes douloureux.

De son récent rapport, Carlier conclut que « rien ne permet au chirurgiehde supputer à l'avance les chances de succès d'une castration double ». Il est logique de penser que l'effet varie suivant le type analomique et que l'indication de choix de cette intervention est fournie par les prostates uniformément volumineuses, tendues par la congestion, saignant facilement au cathéter : la castration double peut les influencer, tantôt rapidement par une action décongestive, tantôt graduellement par une lente atrophie, surtout quand elles sont du type anatomique à tissu glandulaire surabondant, comme le travail récent de Motz le distingue. Sur les glandes scléreuses et fibreuses, l'effet a toute chance d'être nul, bien que des faits contradictoires soient cités. En tout cas, la castration bilatérale n'est point une panacée à appliquer aussi largement que quelques Améri cains l'ont fait : elle garde une mortalité sévère ; 16 p. 100 d'après Albarran, 18 p. 100 d'après White ; Cabot, qui a châtré 203 prostatiques, en a perdu 39. Malgré ce qu'on a dit, nous pensons que l'infection des voies urinaires la contre-indique et que la cystostomie donnera alors d'autres effets.

4° Résection des canaux déférents (1). — A la suppression de l'organe par la castration, on a voulu substituer l'isolement anatomique et physiologique, par la simple résection des canaux déférents. — En 1893, le premier Harrisson en pratiqua la section sous-cutanée ; en 189o, Pavone en Italie, et White en Amérique, publièrent leurs recherches. Depuis, Isnardi, Englisch se sont faits les défenseurs du procédé, et tous les chirurgiens ont recouru à cette intervention simple.

Un point est intéressant: l'idée directrice de l'intervention était fausse. Contrairement à la loi en vertu de laquelle la ligature des canaux excréteurs d'une glande entraîne son atrophie, l'interruption fonctionnelle^; par la section du canal déférent, n'a point d'action atrophiante sur le. testicule. — Trois ordres de faits démontrent que le testicule conserve alors son développement ou son intégrité anatomique : 1° l'absence tératologique du canal déférent; 2° la section expérimentale de ce conduit comme l'ont vu de Curling, Godard etGosselin ;3° ses sections accidentelles au cours de kélotomies, ainsi que l'ont noté Berger, Bazy et nous-même. Le testicule a une double fonction : c'est en même temps l'organe de la spermatogenèse et une glande vasculaire à sécrétion interne. La résection des canaux déférents n'atteint que l'excrétion des spermatozoïdes; elle laisse persister cette sécrétion interne dont la suppression détermine l'involution atrophique delà prostate et donne aux châtrés ce type spécial de l'eunuque, de même que la.thyroïdectomie entraîne les troubles graves que l'on connaît.

(1) Consulter : Pavone, Larésect. des can. déf. 77 Policlinico, 1er juin 1805. — White, Ann. of Surgery , juillet 1895. — Isnardi, Journ. de VAcad. de méd. de Turin, juin 1895 et janvier 189G. — Floersheim, Le trait, opér. de l'hypert. de la prost. Th. doct., Paris, 189G. — Kohl, Correspondenz blalt /'. schw. Aerzte, 1er octobre 189G. — Novk- Josserand, Lyon méd., octobre 189G. — Bousquet, Carlier, Loumeau, Premier Congrès d'urologie. Paris, octobre 189G.

Doit-on en conclure, comme Bazy, que la résection du canal déférent est une opération inutile? Ce serait nier quelques résultats cliniques indubitables : on a noté, et nous-même avons vu, après cette intervention, la fréquence des .besoins diminuer, la miction ou le sondage devenir plus faciles, les douleurs s'apaiser; quelques-uns ont prétendu obtenir davantage, disparition du regorgement, diminution du résidu urinaire, atrophie nette de l'organe. Pour nous, nous n'avons vu que les améliorations du premier ordre (Forgue) ; nous les avons observées se produisant rapidement et nous pensons que des actions vaso-motrices, décongestionnant l'organe, peuvent très logiquement les expliquer. Nous n'osons point parler d'atrophie vraie de la glande, bien qu'on puisse à la rigueur admettre sa production par la section des nerfs trophiques du cordon, nerfs de Cooper, réséqués avec le canal, ainsi qu'il ressort des expériences de Przewalski. Aussi, tout en reconnaissant que les résultats de cette intervention sont très inférieurs à ceux de la castration, qu'ils se limitent probablement à une action décongestive ou dynamogénique, nous sommes disposé, étant données la simplicité et l'innocuité opératoires, à la tenter encore chez des malades à prostate turgescente, molle, qui ne veulent point entendre parler de castration.

5° Angio-neurectomie du cordon. — Au congrès d'urologie d'octobre 1897, Albarran, se basant sur des expériences faites avec Motzr a pensé que l'angio-neurectomie du cordon qui, chez le chien, amène l'atrophie de la prostate en même temps que celle du testicule, pourrait être appliquée à l'homme. Elle consiste à réséquer, dans une petite étendue, tous les vaisseaux et nerfs du cordon, sauf l'artère déférentielle et une ou deux des veines qui l'accompagnent; le canal déférent est. respecté. L'intervention est simple : le canal déférent ayant été isolé, on charge sur une sonde cannelée les autres éléments du cordon, on place deux ligatures en masse au catgut à 2 centimètres de distance et on excise le trajet intermédiaire. Aux faits cliniques de prouver la valeur thérapeutique de cette proposition, avantageuse par sa simplicité et la conservation apparente du testicule.

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