CRANE ET CERVEAU : IDIOTIE ET MICROCÉPHALIE
intervenons de bonne heure, avant que la sclérose névroglique et les lésions dégénératives aient eu le temps de rayonner loin des foyers primitivement lésés, n'est-il point permis d'espérer quelques résultats thérapeutiques favorables ? Cette atrophie scléreuse du cerveau est encore de pathogénie obscure: elle répond peut-être à une malformation embryonnaire; mais les recherches récentes sur les origines microbiennes ou toxiques de bien des névroses et des psychopathies nous font comprendre qu'elle peut succéder à des traumatismes de la vie utérine, de la parturition ou de la prime enfance, parfois à des localisations infectieuses lésant gravement les méninges ou le cerveau, à la période où ce dernier n'apas achevé sondéveloppement.Une crâniectomie, faisant large brèche, peut, en décomprimant le cerveau, mieux encore en améliorant, comme Masson le pense, sa circulation et sa nutrition élémentaire, empêcher ou atténuer ces altérations régressives des cellules nerveuses.
L'intervention, ainsi envisagée, peut devenir d'application moins restreinte que la crâniotomie, entreprise pour agrandir un crâne d'idiot microcéphale. Mais, à ce compte, elle a comme principale indication d'être précoce. C'est pendant que le cerveau fait son développement qu'il faut intervenir. Or Mies nous fournit sur ce développement d'importants renseignements : pendant les trois premiers mois, le cerveau augmente de poids d'un tiers; l'autre tiers de sa croissance se faitpendantla période comprise entre le dixième mois et la moitié de la troisième année; le dernier tiers se développe entre deux ans et demi et l'âge adulte, mais sa plus grande partie s'achève avant la septième année. Donc, cette croissance cérébrale se fait par étapes bien inégales ; c'est au moment où l'enfant fait cette poussée de développement nerveux, si possible avant la troisième année, qu'il faudra intervenir, si l'on veut sauvegarder et ramener à leur évolution normale les cellules de l'écorce.
Sa seconde indication est d'être large. Nous avons, pour notre part, abandonné les brèches linéaires de Lannelongue, surtout les brèches latérales. Nous donnons la préférence, soit aux larges lambeaux placés latéralement, soit à la crâniotomie transversale. Dans quelques cas, des phénomènes paralytiques ou convulsifs désignent le côté de la crâniotomie ; s'il y a des troubles du langage, c'est une raison pour se porter à gauche ; quelquefois des déformations crâniennes ont dirigé sur le point à ouvrir. Ainsi, chez un enfant de dix-huit mois, à crâne tellement exigu que notre collègue le professeur Grasset nous déclarait n'avoir rien vu de semblable, l'aplatissement frontal dominait : nous avons pratiqué chez lui une large brèche, demi-circulaire, allant d'une région sus-auriculaire à l'autre. Dans trois autres cas, nous avons enlevé de larges panneaux latéraux, atteignant, chez un sujet de douze ans, les dimensions de 8 centimètres sur 12 de longueur. Les pinces coupantes sont très utiles pour cette besogne ; nous avons aussi taillé ces brèches par des séries de trous de trépan, reliés en faisant sauteries ponts osseux; chez notre jeune opéré de dixhuit mois, nous avons buriné le crâne à la gouge.
Quels sont les résultats ? Au point de vue de la mortalité opératoire,