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FRACTURES DU RACHIS

A. — Fractures fermées sans symptômes médullaires.

Après un coup sur le rachis, une chute sur le sommet de la tête, sur les talons ou sur le siège, un segment de la colonne vertébrale est particulièrement douloureux : le chirurgien soupçonne une fracture. De deux choses l'une : ou bien les phénomènes de paralysie manquent au moment de l'accident et dans les jours qui suivent, ou bien ils existent. Dans la première hypothèse, la conduite est toute tracée: y eût-il de la mobilité et de la crépitation, au niveau des lames, c'est simplement qu'il faut traiter ces cas simples, puisque la moelle ne traduit aucune offense. On couchera le malade dans l'horizontalité parfaite, sans traversin, sur un matelas ne se creusant pas sous le poids du corps. Il suffit que la série des corps vertébraux repose régulièrement sur un plan correct.

B. — Fractures fermées avec symptômes médullaires.

Existe-t-il une paralysie, il est indiqué de modifier les conditions où la moelle se trouve mise, c'est-à-dire de rectifier la direction de la colonne et de rendre au canal vertébral son calibre normal et sa régularité.

1° Cas où le déplacement osseux est absent. — Cette correction est d'autant mieux indiquée que le déplacement est plus net. Faute de déformation évidente, le praticien peut hésiter : sait-il, en pareil cas, s'il n'a point affaire à une de ces commotion s médullaires comme sir Astley Cooper et Boyer en ont. relaté des exemples ? L'absence de déformation n'exclut point, .d'autre part, la possibilité d'une contusion grave de la moelle écrasée par le déplacement osseux qui, dès que la force vulnérante

n'agit plus, s'est réduit spontanément, comme l'accepte Thornburn, grâce à l'élasticité des ligaments et à l'action des muscles. Et, dans ces deuxhypothèses, que vaut l'intervention contre une lésion dont il est prudent d'attendre la cure spontanée? Dans le cas d'hématorrachis, on pourrait, à la rigueur, accepter que la trépanation permettra d'arriver sur le caillot, de l'enlever et de décomprimer la moelle : les faits récents de Duncan, de Rogers et Hutchinson, évacuant des épanchements sanguins sous- dure -mériens, peuvent être invoqués à l'appui ; malheureusement , l'hématorrachis est impossible à diagnostiquer.

2° Cas avec déplacement osseux notable. — Si la déformation vertébrale est sensible, il nous paraît, d'après l'expérience clinique dont la littérature étrangère nous fournit les documents, que le chirurgien n'est plus autorisé à demeurer inactif. En effet, un blessé atteint de fracture rachidienne qu'on abandonne à sa déformation est, dans la majorité des cas, voué à une mort plus ou moins lente suivant la région compromise : mort par déchéance trophique progressive, par cystite et pyélonéphrite ascendante, par extension des eschares qui se souillent et s'infectent. Pour les traumatismes de la région cervicale, c'est souvent en une semaine que le malade succombe, et, sur dix-neuf cas relatés par Carafi (1), douze fois le décès survint dans le premier septénaire. A la région dorsale, cette agonie peut se prolonger : sur vingt observations de fractures dorsales colligées par Carafi, cinq seulement ont tué le malade dans la

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