SCOLIOSE : REDRESSEMENT PAR LES ACTIONS MUSCULAIRES
souvent employé la sangle de Rauchfuss, simplifiée par Burrel : une planche de la largeur du lit ; à ses deux extrémités, deux montants ; une sangle tendue sur ces deux montants : il est manifeste que si le scoliotique se couche sur cette sangle et y appuie par le sommet de sa bosse, sa tête d'une part fera l'extension, les membres inférieurs et le bassin contre-étendront de l'autre et la courbe rachidienne tendra à se redresser.
Généralement, on combine la pression à la suspension : les appareils de Lorenz, de Zander, de Redard sont ceux qui réalisent le mieux cet effet combiné. Les figures ci- jointes indiquent le mode d'action de la suspension latérale; le corps forme un levier du premier genre : le tronc scoliotique est, suivant l'expression de Lorenz, pendu sur la gibbosité costale, point d'appui ; la puissance de redressement est composée par le poids de la partie inférieure du corps ; la résistance est constituée par la partie supérieure du thorax, la tête, et le membre supérieur opposé à la convexité, qui, bien relevé, porte en haut l'épaule correspondante et tend à ouvrir l'arc formé par la colonne dorsale. L'appareil de Redard, en graduant la force du redressement par l'inclinaison plus ou moins grande du sujet, nous paraît constituer le modèle de choix.
4° Méthode de redressement par le massage forcé. — Depuis les recherches de Bonnet, nous savons que la situation vicieuse dans la scoliose est fixée par des adhérences, des rétractions fibreuses, ligamenteuses et musculaires, par de véritables ankyloses intervertébrales et par des déformations squelettiques. De là, l'importance de ce précepte : mobiliser. De là, la place importante que tiennent, dans la gymnastique suédoise, des mouvements qui ne s'adressent point directement à la déviation, mais visent l'assouplissement progressif de la tige rachidienne. On est surpris de voir — et nous l'avons maintes fois montré à nos élèves — avec quelle promptitude des manipulations de vive force arrivent à transformer un rachis ankylosé en flexion latérale et en torsion, à le rendre docile à la correction : le difficile est de développer et de maintenir le redressement.
Delore (1) est, en France, le chirurgien qui. a poussé à son plus haut degré l'intensité de ces manœuvres. Il les décrit ainsi: « Après anesthésie, le scoliotique est placé sur le bord d'une table basse, recouverte d'un matelas peu épais. Nous supposerons qu'il est atteint de la déviation classique, convexité dorso-costale à droite avec courbures compensatrices
(1) Delore, Du redressement de la scoliose par le massage forcé (Lyon médical, 30 juin 1805).