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GLAUCOME

d'avoir oublié ou tu des enseignements antérieurs. Sans doute, à ce moment, la notion de la tension oculaire n'était pas une idée neuve et inédite ; sans doute, à ce moment, de Graefe avait pu voir chez Desmarres père les favorables effets de la paracentèse cornéenne dans le glaucome; il est exact que réminent oculiste berlinois a commencé par guérir empiriquement des glaucomateux par l'iridectomie avant d'échafauder des théories pathogéniques sur l'action de cette opération. Mais tout cela ne diminue en rien l'importance et l'originalité de son œuvre : quarante ans de pratique l'ont éprouvée et jugée; les conclusions que de Graefe formulait en son premier travail restent à peu près intactes et sans retouche.

1° Traitement médical et préventif. — C'est qu'en effet, en matière de glaucome vrai, la thérapeutique préventive demeure trop souvent insuffisante. D'une façon générale, tous nos efforts, dans le traitement préventif ou curatif du glaucome, tendent à combattre l'hypertension. Nous ne pouvons agir sur la circulation oculaire, et partant sur la tension, à titre prophylactique, que par l'hygiène et les myotiques. La correction exacte de l'hypermétropie et de l'astigmatisme ; le repos de l'organe chez les myopes progressifs; chez les arthritiques, chez les sujets à fibreuses peu souples, à artères dures, la vie active et frugale, l'usage de la colchicine ou du salicylate de lithine, du sulfate de quinine ou du bromure de potassium ; à la période prodromique, quelques déplétions sanguines à la tempe ou quelques purgatifs pour la dérivation : voilà des moyens capables, dans les glaucomes aigus, de restreindre le nombre des petites attaques prodromiques.

Mais il faut, de plus, avoir recours" aux myotiques : l'ésérine, la pilocarpine. Certes ils ne guérissent point le glaucome, mais ils sont utiles dans les formes prodromiques, à attaques légères : par leur usage méthodique et continu, on obtiendra, comme le dit Rochon-Duvignaud, pendant un certain temps, plusieurs mois et quelquefois plus longtemps, la cessation des attaques. L'ésérine en instillations prolongées excelle à prévenir les glaucomes secondaires dus aux synéchies irido-cornéennes, et nous l'avons dit ailleurs ; dans le glaucome vrai, elle est surtout un bon auxiliaire du traitement opératoire. Dans le glaucome aigu, on instillera 1 à 2 gouttes d'une solution de 5 centigrammes pour 10 grammes d'eau, toutes les deux à trois heures ; dans le glaucome chronique, on ne l'instillera qu'une ou deux fois par jour. Si la conjonctive s'irrite, on pourra remplacer l'ésérine par le nitrate de pilocarpine, à la dose de 10 centigrammes pour 10 grammes. Il est utile qu'une cure d'ésérine par instillations répétées suive toujours l'iridectomie et la sclérotomie. Ce qu'on ne doit jamais oublier, par contre, c'est que, dans certaines conditions, l'atropine peut provoquer le glaucome. Voici un œil rougi par une injection périkératique vive; les douleurs périorbitaires sont intenses : iritis, déclare le praticien ; donc instillations atropiniques. C'était un glaucome aigu débutant, et, du coup, l'accès glaucomateux éclate violent et exaspéré.

2° Traitement opératoire. — § 1er. Iridectomie. — La maladie une fois Forgue et Reclus. — II- 14

déclarée, elle ne relève plus que de la médecine opératoire. L'œil glaucomateux peut être envisagé comme une sphère creuse où le liquide se met en tension exagérée, et les procédés chirurgicaux — sclérotomie, iridectomie — ne sont autre chose qu'une ponction plus ou moins large, permettant, à travers la plaie ou la cicatrice filtrante qui lui succède, une issue du trop-plein oculaire et rétablissant ainsi la pression normale. Or, l'intervention sera d'autant plus efficace qu'elle sera plus précoce : Gayet compare son urgence à celle de la kélotomie dans l'étranglement herniaire. L'idéal même, dans un glaucome aigu, serait d'opérer avant l'attaque glaucomateuse, à la période où les phénomènes prodromiques deviennent continus : on aurait alors la chance des plus beaux succès, des plus stables, sinon des plus brillants, puisque l'obscuration visuelle n'a pas encore eu le temps de se produire.

I. Ses indications : glaucomes aigus et subaigus. — Donc, le praticien et le malade ont tout intérêt à ne point négliger les avertissements prémonitoires : les obnubilations ; les auréoles autour des flammes; et, avant tout, ces symptômes insidieux qui réclament un examen précis du médecin , le rétrécissement nasal du champ visuel et l'excavation papillaire. Tant que les myotiques suspendent les phénomènes glaucomateux et font contracter la pupille, il est permis de différer l'opération. Le jour où, malgré leur influence, la pupille, « baromètre de la tension oculaire, » se dilate, il faut, sans retard, intervenir ; si la chambre antérieure est plate, l'œil vivement congestionné et très tendu, c'est l'iridectomie, d'effet plus actif et plus durable que la sclérotomie, qu'on pratiquera : on la fera large, comprenant autant que possible le quart de l'iris. Mais, que de fois, en face d'un œil injecté, larmoyant à peine, à peine terni, l'attention, du médecin est-elle détournée par l'extrême violence de la névralgie périorbitaire, à laquelle il prodigue sans résultat tous les analgésiques? Il faut l'abolition visuelle d'une violente attaque pour décider son diagnostic et lui faire prendre le couteau.

D'ailleurs, à la période aiguë du glaucome inflammatoire, et dans le glaucome intermittent qui procède par crises, l'iridectomie nous donne encore de très satisfaisants résultats. En ce qui concerne les douleurs, l'effet utile est immédiat : pour apaiser les « affres » du glaucome, les calmants de tout ordre ne valent point le couteau de Graefe. L'effet est moins prompt pour le rétablissement de la fonction visuelle : quand une attaque de glaucome a réduit la vision à la perception lumineuse, il faut quelques jours pour que la nutrition et la circulation oculaires se rétablissent et pour qu'on voie la cornée dépolie et ternie reprendre son éclat, les milieux s'éclaircir, l'acuité visuelle s'élever peu à peu, la tension diminuer, et le champ visuel grandir. De Graefe déclare que la vue se rétablit complètement chez tous les malades qu'il opéra dans la première quinzaine après le début de l'affection.

Aux périodes plus avancées du glaucome inflammatoire, l'iridectomie reste encore indiquée et, parfois, très utile. Comme Ta remarqué de Graefe, une période de plusieurs semaines et même de plusieurs mois n'exclut

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