EXTIRPATION DE LA LANGUE PAR LA VOIE SUS-HYOÏDIENNE LATÉRALE
La voie sus-hyoïdienne latérale permet d’atteindre le côté corres-
Fig. 626. Dissection de la région sublinguale et sous-maxillaire montrant, en bas, lè digastrique; au milieu, la coupe du mylobyoïdien surmonté des glandes sublinguales et coiffé en arrière de a° an e sous-maxillaire. La langue est luxée hors de la plaie.
1 dant de la base de la langue. L’abord des tumeurs de la base de a langue par cette voie est relativement facile.
T Temps. Incision des téguments.
' °n, Pai de 1 angle du maxillaire pour traverser obh-
Wrd Fit ré°10n sous~maxillaire et se terminer au voisinage de l’os hyoide. Elle intéresse la peau et le peaucier.
Fig. 628. — Même opération. Extirpation des ganglions cancéreux.
i. 63o. — Idem. La muqueuse buccal langue est luxée au dessous du maxil tumeur qui siège sur le côté droit de 1;
est terminée. Réunion de la muqueuse.
2e Temps. — Incision du peaucier, de l’aponévrose cervicale su ficielle, extirpation de la glande sons-maxillaire et des ganglions • q ligature de l’artère linguale. Il arrive souvent qu’il exîste é^alemen6 des ganglions carotidiens ; dans ce cas, on fait partir de F extrémité01^ térieure de l’incision cutanée au niveau du bord antérieur du sterno' cléido-mastoïdien, une incision verticale de 4 ou 5 centimètres comme pour la découverte de l’artère carotide externe.
On extirpe les ganglîbns et on lie l’artère carotide' externe et ses principales branches (Voir t. III).
3e Temps. — Les arcades dentaires sont écartées avec l’ouvrebouche à anneaux ; le chirurgien reconnaît le sillon glosso-gingival à
Fig. 633. Coupe horizontale de la région amygdalienne, a partie inféiieure de 1 amygdale. Rapports avec le muscle constricteur supérieur et le paquet vasculo-nerveux.
fonde . H 1 6X °a^cke’ tandis que, de l’index droit, il explore la procontaet H 1 & ^ en d*ssociant les couches celluleuses jusqu’au trouve le a A la partie antérieure du champ opératoire se
J " qU’Ü ^ Sectionner dan« toute son étendue, ï Tlm leS^STertl°nS des génio-glosses.
pince courbe dan 1 & ™U<IUeuse est perforée de haut en bas avec une
langue au dehors T a il ecessaire, pour permettre de luxer la
° La ‘“S"6 esl d «W attirée en haut afin de bien la
OPÉRATIONS SUR LA TÈTE
mobiliser. Le chirurgien la luxe ensuite vers le cou pour mettre en évidence le néoplasme et procéder à son extirpation.
5e Temps. — Extirpation du néoplasme. Suture progressive de la plaie linguale.
6e Temps . — Réunion de la muqueuse buccale ; réunion partielle de la peau; tamponnement de la partie postérieure de la plaie et drainage.
TUMEURS DE L’AMYGDALE
Anatomie de la région.
Les tumeurs malignes de l’amygdale sont tantôt du sarcome, tantôt de l’epithelioma pavimenteux.
Le cancer peut débuter soit dans la glande elle-même, soit dans
Fig. 634- — Même coupe montrant une tumeur de l’amygdale et le déplacement du faisceau vasculo-nerveux par l’adénopathie cancéreuse. Les 2 flèches indiquent la voie d’accès pour l’énucléation des ganglions et de la tumeur.
le sillon glosso-amygdalien au niveau des piliers du voile du palais.
L’ablation des tumeurs de l’amygdale, des piliers du voile et du sillon glosso-amygdalien se fait par la voie sus-hyoïdienne latérale.
Si on fait une coupe horizontale, passant par le pôle inférieur de 1 amygdale, on remarque que cette glande est située exactement en dedans de l’angle du maxillaire, de telle sorte qu’une ligne transversale réunissant les deux angles de la mâchoire inférieure passerait par la loge amygdalienne.
L’amygdale est une annexe de la muqueuse buccale ; elle se trouv séparée de la région carotidienne par le plan musculo-aponévroti 6 du muscle constricteur supérieur du pharynx. "
Fig. 63a. Loge amygdalienne droite vue du côté interne. La langue est inclinée vers la gauche et le voile du palais est attiré en haut et en arrière.
• — Id. L’an Rapports an;
jdale et 1 amygdalo-glosse sont réclinés en arrière, iniques de la face externe de l’amygdale.
stvlo-Dharv mUb(^e et Pacpiet vasculo-nerveux passe le musc phaticrues a?1611 ° Gn avant des vaisseaux trois ganglions lyn
mu ks stvio-aï T01SmaSe dU “ Fkrygoïdien inferne les peti muscles stylo-glosse et stylo-hyoïdle„. Le faisceau vasculo—
Fig. 637. - — Id. L’apophyse styloïde, les muscles styliens, le constricteur supérieur sont réséqués. Apparition du nerf lingual, du ptérygoïdien interne, du digastrique et de l’artère faciale qui plonge dans le tissu cellulo-graisseux de l’espace maxillopharyngien.
Fig. 638. — Id. Un écarteur a accroché le digastrique et l’artère faciale et récline fortement en bas l’angle inférieur de la plaie am> ,dalienne. e dispositif permet de voir en arrière la face antérieure de la loge parofdienne, en avant le pèle postérieur de la glande sous-marilla,re, en dehors le nerf lingual, le ptérygoïdien interne, la branche montante u maxi laire inférieur et en bas une petite incision cutanée. C’est cette incision que l’on fait pour aborder l’amygdale par la région sous angu o-maxi aire
46o TRAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE
comprend la carotide externe, la carotide interne, la veine juoulainterne et plusieurs nerfs : en dehors, le grand hypoglosse- entre K deux carotides, le glosso-pharyngien ; entre la carotide interne et la veine jugulaire le pneumogastrique, en arrière de la veine jugulaire le spinal. Le ventre postérieur du digastrique est en arrière du pa t vasculo-nerveux .
Le nerf grand sympathique est recouvert par l’aponévrose prévertébrale.
L'adénopathie cancéreuse des tumeurs primitives de l’amygdale repousse en arrière le faisceau vasculo-nerveux et fait saillie au-dessous de l’angle de la mâchoire (fig. 634).
Les rapports de la loge amygdalienne avec l’angle de la mâchoire sont très intéressants.
Si l’on dissèque la loge amygdalienne de dedans en dehors, on découvre successivement plusieurs plans : i° Au-dessous du constricteur supérieur du pharynx on trouve : en avant le nerf lingual, immédiatement en arrière et en dehors le muscle ptérygoïdien interne, en dedans duquel se trouvent entremêlés de graisse le muscle stylo-glosse, l’apophyse styloïde, le ligament stylo-hyoïdien; le nerf glosso-pharyngien ; enfin, en arrière, le rameau lingual du facial et le muscle stylo-pharyngien.
On remarquera que 1 apophyse styloïde était, sur cette pièce, d’une longueur anormale.
2 Le plan sous-jacent est mis en évidence par la résection de 1 apophyse styloïde, des muscles styliens et des deux nerfs précités : on distingue, au-dessous du tronçon de l’apophyse styloïde, le ventre postérieur du digastrique, contourné par l’artère faciale.
3 Si 1 on enlève le digastrique et l’artère on découvre le bord postéiieui de la blanche montante, et l’angle du maxillaire au-dessous duquel a été faite une petite incision cutanée horizontale.
, . dissection montre qu il est facile d’aborder l'amygdale par la région sus-hyoïdienne latérale, en passant au-dessous de l’angle de la ac dre entre la glande parotide et la glande sous-maxillaire.
sion sus hyoïdienne latérale permet aussi de découvrir la base j -i c , C ’ et e. s^on gl°sso-épiglottique , l’amygdale et les piliers fnfeZur. 1 ““ ^ à la -section du nJllaire
OPÉRATION
à Lan o-le de la m^L CUtanee' L’incision doit se faire parallèlement an0le de la machorre; elle partira de l’extrémité inférieure de la
loçe parotidienne pour s’étendre jusqu’au voisinage du corps de l’os hyoïde. S'il y a des ganglions volumineux il est nécessaire de prolonger l’incision cutanée en arrière et en bas sur une longueur de 2 ou 3 centimètres.
2e Temps. — Découverte des ganglions. Si les ganglions sont très volumineux, ils sont mis à découvert presque immédiatement ; on dissocie leur gaine par divulsion et on les luxe en dehors en prenant soin de ne pas les dilacérer. L’index droit, plongeant dans la profondeur, cherche les ganglions profonds et les contourne jusqu’au contact de la muqueuse buccale. O11 arrive avec un peu d’adresse à libérer tout le pourtour de la tumeur avec l’index droit, tandis que l’index gauche introduit dans la cavité buccale suit les progrès de cette dissection. On lie les vaisseaux qui viennent à saigner.
3e Temps. — Extirpation de la tumeur. Lorsque cette manœuvre a été exécutée avec soin, la tumeur est entièrement libérée en dehors, en haut et en bas et n’offre plus de connexion qu’avec la muqueuse buccale. Le chirurgien incise cette muqueuse à une petite distance de la tumeur en se guidant sur l’index gauche introduit de la bouche, et le néoplasme se trouve libéré par quelques coups de ciseaux.
4e Temps. — On pratique alors la réunion partielle de la muqueuse et le tamponnement de la plaie, suture et drainage.
La cicatrisation est obtenue au bout de quelques semâmes.
Cette technique permet d’enlever très largement les tumeurs localisées de la région amygdalienne. On pourrait élargir le champ opératoire en pratiquant la résection oblique de l’angle de la mâchoire. Je n’ai jamais eu besoin de recourir à cet artifice.
TABLE DES MATIÈRES
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