INTERVENTION CHIRURGICALE
L'intervention chirurgicale, si elle est nécessaire, devra être faite par un chirurgien de profession.
On anesthésiera avec le chlorure d’éthyle pur au kélène, en versant au fond du masque lo centimètres cubes à la fois. Au bout de 3o secondes environ, continuer par le chloroforme (lo grammes du premier coup dans la compresse en forme de cornet).
La boîte de secours contient tous les instruments nécessaires pour faire les principales opérations d’urgence ; on y trouvera les pièces de pansement indispensables.
Ces instructions suffisent pour les cas de chirurgie d’urgence. Nous allons décrire avec plus de détails les préliminaires des grandes opérations, tels qu’ils sont réalisés à la clinique de la rue Piccini.
traité de thérapeutique giiirurgigale.
derniers préparatifs de toute opération
antisepsie locale — ANESTIlÉSIEf^v^^^-l'^C^x. disposition du patient, du CIimUllGIEN ET DE SES AIDES
Toilette du champ opératoire.
Le champ opératoire doit être rasé avant l’ intervention , puis savonné à plusieurs reprises dans un grand hain avec de la crème de sa\on au protéol.
Nous ne faisons exception à cette règle que pour T hystérectomie vaginale, chez certaines malades : la vulve n’est rasée que sous le chloroforme.
Les. muqueuses des cavités naturelles sont desmfectees autant que possible par des lavages antiseptiques : liqueur de Labarraque étendue de 10 à loo. parties d’eau pour la bouche ou le rectum, sublimé à i/iooo® pour le l'agin.
Anesthésie locale.
Pour les opérations où l’anesthésie locale est suffisante, nous employons le chlorure d’éthyle, et, à son défaut, un mélange de glace pilée et de sel, ou bien la cocaïne.
Anesthésie locale au chlorure d'éthyle.
Les vapeurs de chlorure d’éthyle peuvent s’enflammer au contact du thermocautère. Si l’on fait usage de cet instrument après avoir fait l’anesthésie au chlorure d’éthyle, il faut donc avoir soin de passer auparavant sur la région congelée une compresse de gaze hydrophile, qui absorbe les dernières traces de substance inflammable.
Anesthésie locale à la cocaïne.
La cocaïne, sur les muqueuses, est appliquée en surface. On imbibe d’une solution de chlorhydrate de cocaïne à i/io“ ou 1/20® de petits tampons plats de coton, et on les maintient 3 minutes environ au contact du point qui doit être incisé ou cautérisé.
, Nous employons pour la peau les injections interstitielles de cocaïne de i/3o® ou 1/200®. Nous les pratiquons avec la seringue stérilisable de Lüer ou de Collin.
BOITE DE SECOURS
Les solutions de coeaïne doivent être fraîchement préparées.
Les injections doivent être faites, d’abord superficiellement, dans le réseau lymphatique du derme, puis dans le tissu cellulaire sous-cutané.
On fera la première piqûre en un point anesthésié au chlorure d’éthyle.
Pour rextraction des dents, nous injectons i/5® à 1/3*= de centimètre cube d’une solution de cocaïne au 1/20% d’abord en dehors, puis en dedans de chacune des dents qui doivent être arrachées .
On voit, au niveau du palais, le réseau lymphatique du chorion muqueux s’injecter et devenir incolore. Si la gencive est trop mince, on fait l’injection dans le pli gingivo-buccal ou gingivo-labial, et on y détermine la formation, au voisinage de la dent cariée, d une petite boule d’œdème, qui diffuse en 2 ou 3 minutes.
Au niveau des extrémités digitales, pour l’opération de l’ongle incarné par exemple, un excellent adjuvant des injections interstitielles de cocaïne est l’application préalable d’un lien de caoutchouc constitué par un simple drain, dont les chefs sont fixes entre les mors d une pince hémostatique. Cette constriction'élastique permet de réaliser une anesthésie locale parfaite. On épargne même au patient le désagrément minime de l’injection hypodermique en prenant le soin d’insensibiliser préalablement la peau, au point de la première piqûre, avec le chlorure d’éthyle.
Au bras ou à la cuisse, il est également utile, si l’on veut obtenir une anesthésie parfaite à l’aide de la cocaïne, de circonscrire la région a opérer entre les spires d’une bande élastique. On fait alors plusieurs injections de cocaïne, à i/ioo'' ou 1/200®. L arrêt local de la circulation prolonge l’action locale de cet anesthésique sur les extrémités nerveuses.
Nous ne conseillons pas les injections interstitielles de cocaïne dmis l’épaisseur de la muqueuse nasale, où l’application en surface d un tampon cocaïné suffit. Cette muqueuse est douée, en effet, dune circulation sanguine et lymphatique tellement active, que l’injection interstitielle d’une certaine quantité de solution de cocaïne, au niveau de la cloison ou des cornets, expose à des accidents d’intoxication subits et parfois très alarmants.
Anesthésie générale.
Pour les opérations graves, l’anesthésie générale est préférable a l’anesthésie locale.
L’anesthésie est commencée sans exception, quand nous avons ce
liquide à noire disposition, avec le kclène ou chlorure d'ctliylc pnr.
Nous décrirons : i” ranestlicsie générale au chlorure d’étliYle. suivie ou non de T administration du chloroforme ou de Féthcr: 2° l’anesthésie au chloroforme; 3" ranesthésie à l’éther.
L’anesthésie au chlorure d’éthyle, si ropéralion doit se prolonger, doit être continuée avec le chloroforme ou bien avec l’éther, mais de préférence avec le chloroforme .
Le chloroforme hout, en effet, à 60”, et l’éther à 33". Il résulte de ces particularités cjue le chloroforme ne refroidit pas autant la muqueuse
Fig. 290. - Cornet à chloroforme. Masque à éthérisation. Tube de kélène. Ilacon de chloroforme avec bouchon compte-gouttes.
respiratoire,, et que, de l’aveu même des partisans plus ardents de l’éther, il expose beaucoup moins que ce dernier anesthésique les patients sujets aux bronchites à des complications pulmonaires post-opératoires.
Les vapeurs de chloroforme présentent, en outre, l’avantage de n’être pas inflammables.
Nous employons du chloroforme rectifié en flacons de 100 grammes, avec bouchon compte-gouttes.
Anesthésie au chlorure d’éthyle pur ou kélène.
Nous vidons dans un petit masque à éther ou, ce qui est plus simple, " f ‘“b'’ d® centimètres cubes de kélène,
tmeme*™(u6es, soit 20 centimètres cubes, si le sujet est très ner-
liOITE DE SECOURS.
veux ou bien suspect cV alcoolisme ; le masque est immédiatement plaeé sur le visage. L'anesthésie se produit en général en 20 à 3o seeondes, sans aucune résistance du patient. Dès que le sujet ne répond plus aux questions qu’on lui fait, on continue le plus souvent par le chloroforme, qui est versé dans la compresse pliée en forme de cornet, ou bien, exceptionnellement, à l’aide de l'éther.
Anesthésie au eJiloroforme .
Si nous manquons de chlorure d’éthyle, nous obtenons très rapidement l’anesthésie complète avec le chloroforme par le procédé suivant ;
Nous versons tout d’ahord dans le fond d'une compresse, épinglée en forme de cornet, 2 ou 3 grammes de chloroforme, et nous approchons le cornet à quelques centimètres de la bouche. Dès que le premier mouvement de répulsion est passé, nous l’appliquons sur le visage ; certains malades cessent aussitôt de respirer. Cet arrêt de la respiration n’est autre chose qu’une défense instinctive de 1 organisme contre le chloroforme.
11 faut aussitôt soulever le cornet et ne l’appliquer de nouveau qu’après avoir obtenu 4 ou 5 inspirations profondes et régulières.
S’il survient de la cyanose au moment de la période d excitation, ou si le patient présente une contracture tonique intense, comme on l’observe chez les alcooliques, nous soulevons également le cornet et noius attendons le retour des mouvements inspiratoires.
Dès que la période de résolution a commencé, nous faisons continuer la narcose par un aide.
Le chloroforme ne nous semble pas dangereux entre des mains expérimentées.
Jamais, chez l’adulte, il ne faut tenter l’anesthésie à doses massives et par suffocation, comme on le pratique souvent chez les jeunes enfants .
Il est inutile de pincer les narines.
Si l’on prend soin de n’approcher que doucement le chloroforme de la bouche du malade, en l’encourageant et sans le violenter, la respiration se régularise et, au bout d’un instant, on peut verser d un seul coup dans le cornet 4 ou 5 grammes de chloroforme. On obtient ainsi la résolution en quelques minutes.
Au cours de l’opération, nous faisons donner très peu de chloroforme. Chez les sujets faibles, on introduit dans le nez, pendant l’opération, d’après la pratique excellente du D^ J. Championnière , le tube d’un ballon d’oxygène.
3oG traité de thérapeutique GlIIRURGICALE.
Nous conseillons dans toutes les opérations graves et dune eerlaine durée remploi de la pince à langue (fig. ag 'i).
Lorsque, pendant l’opération, le patient semble se réveiller et commenee à remuer, nous faisons administrer immédiatement le ehloro-
Fig. 291. — • Ouvre-bouche de Ileister, d’après Secrig.
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me à close massive (3 à 10 grammes d’un seul coup dans le cornet). ^
P résolution est obtenue en quelques instants et l’opération continue.
Les accidents du chloroforme proviennent en général de ce c,ue le c doroformisateur c onne l’a„esthésic[ue niacliinalement et se préoLupc t.op des details de 1 opération. Celui aucpiel incombe la grave mission
BOITE DE SECOURS
de la narcose ne doit jamais avoir d'autre souci. Plus l'intervention est longue, plus le malade est faible, et plus la moindre inadvertance de la part du cldoroformisaleur est dangereuse. Outre le ballon d’oxygène, le cbloroformisateur doit avoir à sa disposition, en cas d’urgence, du sérum artificiel tiède.
Il est d’ailleurs prudent d’injecter aux malades affaiblis, pendant l'opération, de 3oo à i 000 grammes de sérum artificiel chaud (à 38 ’).
Toute narcose peut présenter quelque péripétie.
Si le patient se cyanose, il faut tirer la langue au dehors et relcA^er la mâchoire inférieure, après avoir pris soin de débarrasser, avec une compresse, le pharynx des mucosités qui l’obstruent. Nous avons toujom’s à notre disposition, dans le cas de contracture des mâchoires, l’ouvrebouche de Heister, qui est d’une puissance extrême (fig. 291 et 292).
Habituellement le cbloroformisateur écarte les dents dès le début de la narcose avec mon ouvre-bouche à anneaux (fig. 293) et il applique la pince à langue (fig. 294).
Lorsque la respiration est faible, le cbloroformisateur doit tenir l’oreille très près de la bouche du patient, afin d’en percevoir le souffle.
Il est absolument inutile de faire tenir le pouls, le cbloroformisateur ou toute autre personne se trouvant toujours à même d’en vérifier l’état, si le besoin s’en fait sentir. Lorsque le pouls se montre petit et dépressible, il est prudent d’injecter du sérum artificiel.
La surveillance du rythme respiratoire est d’une importance beaucoup plus grande que la surveillance du pouls, car, à part les cas exceptionnellement graves et le plus souvent irrémédiables de syncope cardiaque, le pouls ne cesse de battre, dans 1 intoxication chloroformique simple, que quelque temps après l’arrêt définitif de la respiration.
Celui qui ne surveillerait que le pouls perdrait donc un temps précieux au moment critique, où, sans retard, il faut procéder à la respiration artificielle.
Anesthésie par V éther.
L’anesthésie par l’éther se fait en versant dans un grand masque, d’un seul coup, 4o à 5o grammes d’éther pur rectifié. Quand l’anesthésie est prolongée très longtemps, le patient est souvent cyanosé et présente un aspect général moins satisfaisant que dans 1 anesthésie chloroformique .
TRAITÉ DE TIIÉRAPELTJQLE Cil I U U RG,I G \ L E.
Respiration artificielle.
Si la respiration s’arrête, il faut en rétablir immédiatement le l■ytllme.
1“ Procédé d’ahdactioii et d’extension des bras.
Le procédé vraiment efficace, le seul que notre expérience nous joermette de recommander, est la compression et le soulèvement alter-