Compression du thorax avec les coudes
natif de la cage thoracique par l’abduction et l’extension des br manoeuvre se pratique de la manière suivante :
1 respiration vient de cesser : vite le patient est détaché la tete declive, afin de ramener le sang au cerveau; un tube d est introduit dans les narines, la langue légèrement attirée h, ouche : s il s agit d’une laparotomie, le champ opératoire est 1 de compresses aseptiques, et l’on referme provisoirement le aide de 3 ou 4 pinces à gritfes, appliquées sur les lèvres de F Lies deux coudes, saisis nar le cbimrmVn , , .1 ,
BOITE \)E SECOURS
3(Jv3
patient, sont serrés eontre le tliorax, puis rabattus avee foree en arrière et en dehors (fig. agS et 296). Si l’air pénètre aisément dans le tliorax, il n’y a qu’à continuer jusqu’au retour des mouvements respiratoires spontanés.
2° Procédé des pressions rythmées sur le thorax.
Dans certains cas les mouvements des bras ne provoquent pas un bruit d’inspiration appréciable : il faut immédiatement s’assurer s’il n’existe pas un obstacle mécanique. Le chirurgien fait deux ou trois
fortes pressions latérales sur le thorax en écoutant si 1 air est aspiré par la trachée. S’il n’y a aucun bruit inspiratoire, il faut immédiatement débarrasser le pharynx des mucosités qu’il contient. Ces pressions latérales rythmées sur le thorax se font avec les deux mains, sans \iolence; elles sont souvent très utiles, lorsque les premiers mouvements d’abduction des bras ne déterminent pas 1 entrée franche de 1 air dans l’arhre aérien. Dès que les pressions et le relâchement alternatifs de la cage thoracique (fig. 297 et 298) provoquent chaque fois un hruit inspiratoire très net, démontrant que la trachée est libre, on continue
3io TRAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE GIIIRURU IG ALE.
la respiration arlificiclle par rabcluction et rextension des deux bras.
Ce procédé est en effet le plus efficace et mérilc d'être décrit eu détail : Le cbirurgicn, placé du coté de la tête du patieid, saisit les deux avant-bras tout près du coude, les rapproche des parties latérales du thorax, qu'il comjn-ime un instant et les développe, en arrière et en dehors, dans Taxe des fdjres les plus longues du grand pectoral, suivaid deux plans verticaux passant par chaque aisselle et se joignant à l'ombilic.
Le silence le plus absolu doit être observé. A chaque mouveineid d’abatage des bras en arrière, on entend un bruit caractéristic[ue d'in-
IiG. .‘29-. — Gompresbion du thorax avec les mains.
spiration. Un instant d’arrêt : un aide applique l’oreille sur le cœur. Le plus souvent, il perçoit quelques contractions, parfois faibles et espacées.
Quelques percussions rapides sur la région cardiaque el l’application sur la région précordiale du marteau de Mayor ou de serviettes imbibees d eau très chaude sont d’excellents adjuvants.
Mais ne nous attardons pas : la respiration artificielle est le suprême remede. Dès que le sang se charge d’oxygène, la circulation affaiblie se ranime, et bientôt le réflexe vital est définitivement rétabli.
BOITE DE SEGOTRS.
La compression bniscpie du lliorax par les coudes délermine un ccrlain degré d’expiralion. La prpjeclion des ]3ras, en arrière et en dehors, dans Taxe des fibres moyennes du grand pectoral, produit rinspiration la plus étendue cpi'il soit possible de réaliser. Un aide, à genoux entre les jambes du patient, pratique en même temps les tractions rythmées de la langue, 20 à 25 fois par minute.
On ne cessera la respiration artificielle que lorsque le rythme respiratoire normal sera nettement rétabli.
Nous proscrLons absolument, et dans quelque cas que ce soit, la
Fig. 298. — Extension spontanée du thorax.
pratique exclusive des tractions rythmées de la langue, pratique très inférieure, chez l’adulte, aux manœuvres que nous venons de décrire. Même chez le nouveau-né, il faut employer Mes memes manœuvres, qui seront rendues plus efficaces encore par 1 insufflation laryngée directe.
L’insufflation laryngée se fait, chez le nouveau-ne, soit a\ec un tuhe spécial, soit à l’aide d’une simple sonde de gomme, qu’il est facile d’introduire, à cet âge, dans la trachée.
Le danger est tellement imminent dans les cas de mort apparente
traité de tjtérapet tique chirurgicale.
par le chloroforme, cpie l'on ne saurait omettre, sans être taxé de la plus coupable négligence, la moindre des manœuvres utiles en pareille occurrence : Position déclive ; respiration artificielle ; tractions rythmées sur la langue; inhalations d'oxygène; marteau de Mayor ; électrisation et percussion rapide de la région préeordiale; injection de sérum artificiel, et, s’il s est produit une grande perte de sang, application de bandes de caoutchouc sur les deux membres inférieurs.
Le chirurgien, dans cette lutte contre la mort, doit faire preuve de toute Ténergie et de toute la persévérance que comporte une situation presque désespérée.
Heureusement, tous les cas ne sont pas très graves et, quand l'in toxication chloroformique est légère, quelques mouvements de respiration artificielle suffisent pour ranimer le malade.
Parmi les signes inquiétants et cpii indiquent l'approche de la mort réelle, nous signalerons l'aspect terne et vitreux de la cornée et la dilatation des pupilles.
Les patients qui sont en état de mort apparente peuvent cependant, presque sans exception, être ranimés. Le cœur ne battrai t-il plus que d’une manière imperceptible, tant que la circulation pulmonaire est libre, la respiration artificielle, aidée des manœuvres que nous avons signalées, et qui en sont dans les cas graves le complément indispensable, peut sauver le malade.
Jamais il ne faut désespérer ; lo, i5, 20 ou 3o minutes d'efforts continuels et même davantage peuvent être nécessaires pour provoquer le retour des manifestations extérieures de la vie.
L embolie pulmonaire et la syncope cardiaque primitive sont seules des accidents irrémédiables.
On ne doit cesser lés tentatives de rappel à la Aue que lorsque tous les signes de la mort existent depuis 10 à i5 minutes : dilatation complète des pupilles, aspect dépoli et vitreux de la cornée, cyanose des extrémités ou décoloration complète, en cas d hémorragie, abaissement de la température rectale au-dessous de 36“ ; on peut s’assurer de 1 arrêt complet de la circulation en mettant à nu et en sectionnant l’artère radiale.
Les accidents graves de la narcose sont, en somme, extrêmement rares quand on emploie du chloroforme absolument pur, mélangé d’une petite quantité d alcool absolu^ et quatid le chloroforrnisateur est à la fois attentif et expérimenté.
Les propriétés anesthésiques de l’alcool, si remarquables chez le lapin et le cobaye, comme nous l’avons démontré en i885 au cours de nos
BOITE DE SECOURS
expériences sur le choléra expérimental h s’allient en effet parfaitement à celles du chloroforme, tout en combattant l’action dépressive de ce dernier sur les centres nerveux.
La narcose, comme toute pratique délicate, exige de celui qui en accepte la responsabilité une expérience prolongée et une attention soutenue.
La chloroformisation, dans ses premières minutes surtout, ne doit être confiée qu’à un praticien rompu à tous les incidents de la période de début, au cours de laquelle la moindre inadvertance peut causer la mort.
Nous donnons très souvent le chloroforme nous-même, pour ne le confier à un aide qu’après avoir obtenu la résolution musculaire.
L’anesthésie préalable au chlorure d’éthyle nous paraît très supérieure à l’anesthésie d’emblée par le chloroforme ou par l’éther.
TRACHÉOTOMIE PRÉVEXTIVB TUBAGE DU LARYXX BT DU PHARYNX
Canule laryngée de Trendelenbourg .
Trendelenbourg a imaginé, pour faciliter l’extirpation du larynx, de pratiquer la trachéotomie préventive et de placer dans la trachée une
Fig. 299. — Appareil de Trendelenbourg pour l’anesthésie directe après trachéotomie.
canule courbe de gros calibre, garnie d un récipient annulaire de caout chouc en communication avec une poire insuftlatrice . La canule introduite dans la trachée, le récipient élastique est rempli d’air; sa circonférence s’applique exactement à la face interne de la muqueuse, et
I . Recherches anatomiques et expérimentales sur le choléra epidémique. Doyen, Archives de Physiologie, i885 et Thèse de Doctorat.
3i4 TRAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE,
empêche, s hl fond ion ne bien, la pénétration du sang dans les voies respiratoires (fig. 299).
La narcose est commencée avant ropération préliminaire de la trachéotomie. On la pratique à distance, après rapplication de la canule, celle-ci se trouvant mise en rapport, par l’intermédiaire d’un tube de caoutchouc, avec un entonnoir garni d’une flanelle et percé latéralement de petits orifices pour l’entrée de l’air.
La canule de Trendelenbourg n’est indispensable que pour l'extirpation complète du larynx.
Le sommeil chloroformique étant difficile à régler au cours des opérations sur la cavité buccale, certains chirurgiens n’ont pas hésité, dans des cas graves, à faire la trachéotomie et à entretenir la narcose à l’aide de la canule de Trendelenbourg. Cette pratique est une complieation sérieuse et nous semble devoir être rejetée comme présentant plus d’inconvénients que d’avantages réels.
On peut y suppléer par le tubage du larynx ou du pharynx.