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LE TAMPOXNEMEXT DES PL.VIES

La réunion immédiate doit être proscrite comme dangereuse chaque fois que les tissus sont contus et infectés.

Le moindre caillot sanguin, retenu dans les anfractuosités de la plaie, est alors la proie rapide des bactéries et devient le point de départ d’une septicémie d’autant plus grave que les tissus voisins, écrasés et dilacérés, sont dépourvus de vitalité.

Les foyers purulents étendus, lès poches bydatiques viscérales ou rétro-péritonéales qu il est impossible d’extirper en totalité doivent être traités par le tamponnement b II en est de même, à part de rares exceptions, des évidements osseux pour tuberculose et pour ostéomvélite, etc., etc.

Nous pratiquons le tamponnement aAec de simples compresses stérilisées, que nous employons soit sèches, soit imbibées d’une solution de phénol à 2 p. loo ou de sublimé à i p. i 000.

^ Le tamponnement agit en isolant les tissus atteints ou menacés d’infection, et en assurant par capillarité l’écoulement des liquides de la plaie.

Cliniquement on tamponne, tantôt des plaies aseptiques, tantôt des plaies infeetées. La conduite à tenir varie suivant les dilférents cas.

I La plaie est aseptique. Le tamponnement, qui se fait, en paieil cas, avec de la gaze stérilisée simple, est le plus souvent destiné a éviter l’infection secondaire d’une séreuse ouverte en un point de la p aie, et que des sutures seraient impuissantes à protéger (ouverture du genou au niveau du plateau tibial au cours d’un évidement osseux, cholécystotomie à suture perdue, etc.).

Les compresses lestent en pareil cas sans odeur. Elles sont retirées

I. Communication au Congres pour l’Avancement des Sciences, i? août 1889.

TRAITEMENT DE LA PLAIE OPÉRATOIRE

au bout de 3 à 4 jours. La plaie se réunit secondairement 2 ou 3 jours après, sans suppuration. ,

A la région parotidienne, et dans les ablations de petits néoplasmes, s’il y a un suintement sanguin profond en nappe, on se trouA-e bien de tamponner temporairement avec une compresse aseptique et de fermer la plaie avec les agrafes; on peut placer un drain de verre en bas de la suture.

Les agrafes sont enlcAnes le 2“ ou le 3“ jour, on extrait la com-

Fie. 3i2. — Tamponnement de la plaie d’extirpation d’un cancer de la base de la langue et des ganglions du cou.

presse et on suture la peau de nouveau avec des agrafes, qui s’appliquent sans douleur; drain de verre, pansement compressif.

2" La plaie est infectée. Quand la plaie est infectée, ou bien s’il s’agit de caA'ités naturelles (vagin, rectum),- le tampon exhale le plus souA cnt, dès le 2® ou le 3® jour, une odeur fétide.

Ces plaies ne pouA'ant guérir que par réunion secondaire et après suppuration, qu’importe cette odeur désagréable, si la présence du tampon empêche la production d’accidents septicémiques locaux ou de l'infection à distance, tout en assurant, par exemple, après l’hystérectomie A'aginale, la fermeture rapide du péritoine.

La température et le pouls sont, en pareil cas, surA cillés aAnc soin, et le tampon, même s'il est odorant, doit être laissé en place, quand l état du patient demeure apyrétique, pendant 4, o ou 6 jours.

La réunion profonde effectuée, on pent enlever la compresse et pratiquer des lavages répétés, ou bien appliquer, stI est préfér^^le, deux fois par jour, de nouvelles compresses imbibées de sublimé ou d un autre liquide antiseptique.

Le tamponnement est également le meilleur mode de traitement des abcès simples de quelque étendue, des vastes abcès du sein, par exemple.

La cavité suppurée est largement ouverte sous le cldoroforme et évacuée, puis, après un lavage antiseptique, explorée avec le doigt, qui parcourt les prolongements anfractueux de la poelie et détruit les cloisons susceptibles de s’opposer à la pénétration de la compresse de gaze. Celle-ci est enlevée au bout de 4 ou 5 jours, et remplacée par une autre, beaueoup moins volumineuse.

On détache les compresses en les imbibant d’une solntion d’eau oxygénée à 20 p. 100. La compresse se gonfle et se détache sans occasionner de douleur. Sinon, on peut administrer un peu de chlorure d’éthyle.

Dès que la plaie bourgeonne, le tamponnement devient inutile. Il convient toutefois de maintenir béant l’orifice cutané jusqu’à ce que la profondeur soit comblée définitivement.

Le tamponnement, outre son action favorable quand il y a menace de septicémie, est èncore la méthode de choix dans quelqnes autres cas, notamment pour arrêter certaines hémorragies en nappe.

C’est ainsi que le tamponnement des cavités séreuses ou de certaines plaies qui donnent un écoulement sanguin abondant, permet, si on le combine à un pansement compressif, d’éviter l’application longue et inutile d’une quantité de ligatures.

Il suffit de maintenir ces plaies tamponnées pendant 24 ou 48 heures par une eompresse de gaze aseptique, pour éviter tout danger d’hémorragie en nappe. La peau est suturée par-dessus les compresses; on les enlève au bout de 2 jours, soit par un orifice ménagé le long de la suture, soit après désunion de la ligne d’affrontement, qui est alors immédiatement rétablie.

3° l’irrigaïiox continue dans les cas de plaies

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