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Revenons aux rapports de l’estomac et du côlon transverse. Le côlon transverse mérite à la rigueur cette dénomination chez l’enfant
Fig. 239. — Disposition exceptionnelle de l’angle splénique du côlon transverse.
Fig. a4o. — La partie moyenne du côlon transverse descend en forme de Y au-dessous de l’ombilic pendant l’état de réplétion de l’estomac.
en bas âge et chez l’adolescent, car il est presque horizontal (fig. 287). Sa direction devient petit à petit ascendante de droite à gauche,
a48 TRAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE.
de la vésicule biliaire au pôle inférieur de la rate (fig. 237). Quelquefois, chez l’adulte, l’angle liénique du côlon est en rapport avec le bord antérieur de cet organe (fig. 289).
Nous verrons plus loin que notre méthode récente de fixation et de section des sujets anatomiques en coupes sériées et orientées nous a permis de découvrir deux segments coliques non encore décrits, le côlon latéral postéro-antérieur droit et le côlon latéral antéro-postérieur gauche.
Il est bien rare que le côlon transverse demeure chez l’adulte à peu près horizontal. A mesure que le cul-de-sac pylorique de l’estomac se dilate, la partie moyenne du côlon transverse descend au-dessous de l’ombilic, en formant un Y très accentué (fig. 2/4.0).
L’estomac, lorsqu’il se dilate, subit les lois de la pesanteur, et l’on observe la distension mécanique de l’antre pré-pylorique, réceptacle habituel des aliments, qui ne viennent qu’ exceptionnellement au contact du cul-de-sac supérieur, exclusivement occupé par les gaz.
On admet l’existence de la dilatation chaque fois que l’on peut percevoir le clapotage le matin à jeun, au-dessous du milieu d’une ligne allant de l’ombilic au rebord des fausses côtes gauches. Si l’on ne perçoit pas les limites inférieures de l’estomac à un premier examen, il est nécessaire de faire ingérer au patient un verre d’eau de Seltz,afin de mieux déterminer la situation de l’antre du pylore. Quand il y a dilatation réelle de l’estomac, on observe des fermentations anormales et corollairement une série de manifestations pathologiques, ainsi qu’un ensemble de phénomènes morbides qui ont pour conséquence une auto-intoxication .
La dilatation de l’estomac est souvent occasionnée par une contracture habituelle du pylore.
La distension permanente de l’estomac a pour cause exclusive la stagnation des aliments. Le mécanisme en est des plus simples : nous avons vu que le pylore ne s’entr’ouvre que lorsque les aliments sont suffisamment élaborés. Toute viciation durable du chimisme gastrique, toute lésion de la muqueuse telle que l’ulcère, aura donc pour conséquence forcée la contraction réflexe du pylore, c’est-à-dire la prolongation du séjour des aliments dans l’estomac, et, par suite, la dilatation du viscère.
La dilatation simple de l’estomac, sans lésion pylorique, peut être ainsi la conséquence d’une surcharge alimentaire habituelle et survenir à la longue chez les « gros mangeurs » . On l’observe aussi
OPÉRATIONS SUR L’ESTOMAC ET SUR L’INTESTIN. a4g
chez les sujets affaiblis, dont les muscles lisses manquent de tonicité et ne peuvent plus lutter avec persistance contre la contracture habituelle du sphincter pylorique. En effet, tant que la musculature de l’estomac demeure intacte et puissante, comme on l’observe chez les diabétiques, qui, presque toujours, sont de gros mangeurs, l’estomac est susceptible de se distendre pendant la digestion, pour reprendre, après l’évacuation de son contenu, des dimensions plus restreintes. Ces « grands estomacs », qu’on ne saurait confondre avec des « estomacs dilatés », fonctionnent d’habitude fort bien et sans que l’on observe la production de symptômes dyspeptiques douloureux ou autres.
Malibran a également démontré combien il était utile de séparer, dans la dilatation de l’estomac, l’atonie simple et l’akinésie ( Union médicale, février 1890). Certains estomacs, cliniquement dilatés, continuent à se bien vider, tant que la musculature du viscère demeure active. Ces estomacs digèrent bien, et le pylore s’entr’ouvre dès que le chyme est suffisamment élaboré. Survient-il, sous l’influence d’une viciation du chimisme stomacal ou de la présence d’un ulcère rond, une contracture pylorique habituelle, le cul-de-sac pré-pylorique, habituellement distendu, perd la faculté de se contracter (akinésie), et la dilatation s’établit avec ses complications habituelles : stase alimentaire, fermentations organiques, phénomènes douloureux, etc., etc.
L’ingestion le matin à jeun d’alcool ou de vin blanc, qui déterminent à la longue la destruction des glandes à pepsine, l’abus des boissons soit aux repas, soit dans leur intervalle et l’irrégularité des heures des repas sont autant de causes de dyspepsie et mènent tôt ou tard à la dilatation de l’estomac. La contracture réflexe du pylore, excitée par la stagnation dans l’estomac d’une masse alimentaire mal digérée, détermine en effet une distension passagère, puis permanente du viscère, distension d’autant plus marquée qu’à mesure que l’antre pylorique subit les lois de la pesanteur, la direction de l’orifice gastroduodénal se rapproche de la verticale et s’oppose de plus en plus à l’évacuation aisée des ingesta.
La tunique musculaire, habituellement distendue et forcée, perd la faculté de se contracter (akinésie de Malibran); les glandes à pepsine, épuisées par une sécrétion exagérée, s’atrophient peu à peu, et les symptômes de la gastrite chronique grave ne tardent pas à se manifester. On voit donc que les troubles chimiques dominent la situation et que la dilatation gastrique est secondaire à l’établissement du spasme habituel du pylore.
La douleur qui accompagne la dilatation de l’estomac est due à la