ULCÈRE ET RÉTRÉCISSEMENT DU DUODÉNUM
L apparition soudaine du méiæna au milieu d’une santé parfaite en apparence, le siège de la douleur au-dessous du foie, à droite de la ligne médiane, son apparition trois à quatre heures après le repas, et 1 absence de tout phénomène gastrique au début de l’affection ne sauraient caractériser suffisamment l’ulcère duodénal.
Le diagnostic de 1 ulcère du duodénum est encore plus obscur que celui de l’ulcère de l’estomac : la présence habituelle, dans le chyme extrait par la méthode du repas d’épreuve, de bile et de suc pancréatique, a été citée à tort par Debove comme un signe probable de sténose duodénale. Cette constatation ne saurait avoir une importance appréciable que pour le diagnostic des cas, d’ailleurs exceptionnels, d’ulcères sténosants des 3e et 4e portions du duodénum.
DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL ENTRE LE CANCER DE L’ESTOMAC ET LES GASTROPATHIES NON CANCÉREUSES
Le diagnostic entre le cancer et les affections non cancéreuses de l’estomac est souvent très difficile. L’âge très avancé du malade ne peut pas être invoqué en faveur du cancer; j’ai observé le cancer de l’estomac entre 2 5 et 3o ans, chez la femme, et l’ulcère de l’estomac chez l’homme à 62 ans. Il est certain que ces cas exceptionnels sont d’un diagnostic difficile.
La marche des accidents est aussi très variable. L’ulcère calleux et la sténose cicatricielle du pylore peuvent se produire à l’âge de 18 ou de 20 ans. J’ai observé d’autres cas d’ulcères survenus pendant l’adolescence, et qui ne se sont compliqués de sténose fibreuse du pylore qu’à l’âge de 4o ou de 45 ans.
Comme le cancer peut se greffer sur ces vieux ulcères, l’ancienneté des accidents fonctionnels ne peut pas être invoquée contre l’hypothèse d’un cancer.
Le cancer, d’autre part, se produit fréquemment d’une manière très insidieuse. Le malade maigrit petit à petit, il devient pâle et anémique, il perd ses forces et prend un teint terreux. Lorsque la lésion n’atteint pas le pylore, les symptômes sont très peu accentués et le diagnostic ne devient évident qu’à l’apparition d’une tumeur épigastrique énorme ou des phénomènes de sténose.
Les méthodes d’exploration les plus nouvelles, la gastroscopie, la radioscopie et la radiographie après injection d’un lait de bismuth, sont elles-mêmes impuissantes à montrer autre chose que la forme de l’estomac, la direction du pylore et son degré de sténose.
SÉRO-D1AGNOSTIC DU CANCER
La recherche de l’agglutination des cultures jeunes de micrococcus neoformans, bien qu elle n’ait pas une valeur diagnostique aussi grande
que la réaction de Vidai dans la fievre typhoïde 1 , doit etre faite, dans les cas douteux, en même temps que la réaction de Doyen1 ou recherche de la fixation du complément, qui se fait par la méthode imaginée par Wassermann pour le diagnostic de la syphilis.
Aucune de ces méthodes n’est infaillible, mais chacune d’elles apporte au clinicien des données utiles.
Recherche de l’agglutination du micrococcus neoformans
Le micrococcus neoformans en cultures très jeunes sur bouillon, datant de 12 heures environ, s’agglutine en présence du sérum des cancéreux, à une dilution qui varie entre un dixième et un centième.
J’ai étudié le séro diagnostic du cancer par l’agglutination des cellules jeunes du micrococcus neoformans en 1905. C’est trois ans plus tard, en 1908, que j’ai cherché à appliquer la technique de la réaction de Wassermann au diagnostic du cancer. Les expériences que j’ai entreprises dans ce but d’après les indications de M. Levaditi m’ont donné des résultats très intéressants. Le meilleur antigène est l’extrait de micrococcus neoformans.
La fixation du complément se produit très nettement dans 80 p . 100 des cas de cancer de l’estomac. La complication d’ictère empêche la réaction, le sérum ictérique étant doué de propriétés hémolytiques très accentuées.
Voici le résumé de ces recherches2 :
Réaction de Doyen ou fixation du complément en présence de l’extrait de micrococcus neoformans.
Les résultats obtenus par MM. Wassermann, de Berlin, et Levaditi, de l’Institut Pasteur, pour le diagnostic de la syphilis par la méthode de la fixation du complément, m’ont engagé à étudier la même réaction dans le cancer. La technique délicate de cette expérience m’a été enseignée par M. Levaditi.
Il faut employer de 0,2 à o, 5 décigrammes du sérum à examiner, après chauffage à 56°.
On mélange à ce sérum de 0,1 à o,4 décigrammes d’extrait aqueux de poudre de micrococcus neoformans à 1 p. 1000 ou d’ex-