CANCER DE L’ESTOMAC
Le cancer de l’estomac est d’un diagnostic très obscur, à son début tout au moins, car, au point de vue de lintervention chirurgicale, nous nous soucions peu que le médecin reconnaisse un cancer de l’estomac déjà ancien, chez un malade qui présente une tumeur du volume du poing.
Les cas sont malheureusement trop fréquents où le diagnostic médical n’est fait pour ainsi dire que d’une manière rétrospective, alors que toute thérapeutique est impuissante.
Il serait plus utile pour le malade que le médecin puisse reconnaître assez à temps le début d’une si grave affection.
Il est en effet démontré, pour l’estomac comme pour la plupart des autres organes, que le cancer débute habituellement en un point préalablement irrité, en un locus minoris resistentiæ où l’inoculation se fait sur des cellules malades. Une verrue de la lèvre devient le point de départ d’un cancroïde; un polype de l’utérus, imparfaitement opéré, fait place au carcinome.
La gastrite chronique et l’ulcère de l’estomac sont des accidents prémonitoires du cancer.
C’est donc contre les affections non cancéreuses de l’estomac, affections si souvent prémonitoires du carcinome, que doivent se diriger nos efforts.
Dès que le cancer est confirmé, toute intervention chirurgicale est illusoire, et la survie ne peut être obtenue que par la vaccination anti-néoplasique .
Seul, le cançer annulaire du pylore, qui présente souvent une évolution lente et ne donne lieu qu’à une infection générale tardive, est susceptible d’être largement extirpé.
Le squirrhe annulaire du pylore est souvent mobile et procident ; on le rencontre au palper, soit au voisinage de l’ombilic, soit même à gauche de la bgne médiane. On l’a observé dans la fosse iliaque.
Nous avons vu plus haut que le diagnostic du siège de la tumeur n offrait aucune difficulté, le néoplasme coïncidant avec les signes rationnels de la sténose pylorique : vomissements journaliers, dilatation de l’estomac, rareté des selles et affaissement du tube intestinal.
11 est toutefois des cas où, en dépit de la constatation d’une tumeur pylorique, le diagnostic du carcinome ne saurait être exact. J’ai observé certains cas d’épaississement annulaire du pylore, qui, macroscopiquement, en avaient imposé pour du c( myome )) pur, tandis que le microscope a décelé dans la muqueuse des lésions cancéreuses évidentes. Dans un autre cas, j’ai extirpé une tumeur calleuse du pylore, avec sténose totale, et où il a été impossible de déceler sur les parois de l’ulcère la moindre altération cancéreuse.
Nous avons reproduit cette pièce fig. 245 et 25o. On y voit la limite d’un vaste ulcère et de la muqueuse gastrique, qui était saine et à peine congestionnée, tandis que la musculeuse, sous l’influence d’une irritation locale prolongée, s’était épaissie et sclérosée au point de déterminer une sténose pylorique totale.
Chez plusieurs autres malades très jeunes, nous avons observé d énormes masses calleuses (22 ans, 3o ans, etc.), sans qu’il y ait jamais eu d’autres symptômes qu’une dyspepsie rebelle avec crises gastralgiques.
Dans les cas douteux, l’amaigrissement progressif et la cachexie jaune paille ne peuvent être considérés comme des signes d’une valeur reelle qu autant que les vomissements noirâtres, l’apparition de ganglions sus-claviculaires ou inguinaux, la phlébite du mollet ou d’un des membres supérieurs viendront corroborer les premiers symptômes.
L âge n est pas une contre-indication, et de même qu’il nous est arrivé plusieurs fois de rencontrer, au cours de la laparotomie, d’énormes ulcères gastriques chez des malades qui n’avaient jamais vomi de sang, de même nous avons observé une simple sténose cicatricielle du pylore chez un homme de 64 ans, que nous croyions atteint de cancer.