RÉSULTATS ÉLOIGNÉS DES OPÉRATIONS SUR L’ESTOMAC
GASTROSTOMIE
La gastrostomie n’a jamais donné de résultats satisfaisants que dans les cas où il s’agissait d’extirper un corps étranger volumineux de 1 estomac. Dans les cas de sténose de l’œsophage, même cicatricielle et non compliquée de cancer, les malades dépérissent en dépit de tous les soins, et ils succombent au bout de quelques semaines ou de quelques mois; la survie d’un an est exceptionnelle.
GASTRO-DUODÉNOSTOMIE ET G ASTRO- J É J U N OSTO M I E POUR LÉSIONS NON CANCÉREUSES
Le traitement des accidents de la sténose spasmodique ou fibreuse du pylore pari abouchement de l’estomac avec le duodénum ou bien
OPÉRATIONS SUR L’ESTOMAC ET SUR L’INTESTIN. 35g
avec le jéjunum donne au contraire des résultats merveilleux. Je ne saurais trop insister sur ces résultats, car cette chirurgie est appelée à un grand avenir : Toute affection non cancéreuse de V estomac, écrivais-je en iSpS, est du ressort de la chirurgie, lorsque le traitement médical s’est montré impuissant à guérir le malade.
Quelle existence plus misérable que celle de tant de malheureux, atteints de gastropathie chronique, avec hyperchlorhydrie, ulcère gastrique, dilatation compliquée de fermentations anormales, et crises douloureuses ! Ces malades souffrent jour et nuit, et ils dépérissent parce qu’il leur est impossible de bien s’alimenter. Parviennent-ils à ingérer une quantité suffisante d’aliments, ils dépérissent encore; leur nutrition est en effet, entravée par suite des fermentations anormales et de la putréfaction des aliments ingérés, qui deviennent ainsi l’origine de phénomènes toxiques.
La chirurgie des gastropathies non cancéreuses n’est cependantpas entrée dans la pratique de la chirurgie journalière. Pourquoi? En premier lieu parce que les médecins, les spécialistes surtout, détournent leurs malades de la chirurgie, tant qu’ils peuvent les conserver sous leur direction exclusive. Le chirurgien est pour eux l’ennemi. Ils ne peuvent accepter l’idée de voir guérir en deux ou trois semaines des malades qu’ils traitent inutilement depuis plusieurs années, et ils exagèrent auprès d’eux les dangers et les risques de l’opération.
Il faut accuser aussi l’inexpérience et l’inhabileté de beaucoup de chirurgiens. Il est facile, si l’on observe rigoureusement l’asepsie, de faire la gastro-entérostomie sans trop de risques opératoires, mais l’opération, lorsqu’elle est mal faite, donpe des résultats déplorables : les opérés n’éprouvent aucun soulagement et les médecins s’empressent de conclure que l’opération en elle-même est inférieure à la temporisation. En effet, il faut posséder une grande expérience de la chirurgie gastrique pour savoir remédier aux accidents de l’ulcère rond et de l’ hyperchlorhydrie.
L’ablation diT pylore sténosé, qui est plus difficile que la gastroentérostomie, donne presque toujours un résultat fonctionnel satisfaisant et il en est de même de la gastro-entérostomie pour sténose complète du pylore. Bien au contraire, les opérations faites dans les cas de gastropathie rebelle, pour simple contracture du pylore, sont fréquemment suivies d’un mauvais fonctionnement du nouveau pylore, parce que l’estomac est irritable : T orifice gastro-jéjunal fonctionne mal et le malade continue à souffrir.
J’ai observé un certain nombre de ces mauvais résultats de la
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gastro-entérostomie, mal faite par d’autres chirurgiens, et j’ai dû y remédier par une nouvelle opération.
Les jeunes chirurgiens cpn suivront exactement ma technique et qui profiteront ainsi de ma longue expenence seront certains d obtenir d’excellents résultats, et leurs efforts donneront certainement à cette chirurgie encore presque inexplorée tout l’essor qu elle devrait avoir pris depuis vingt ans.
La formule que j’ai établie de 1892 à 1895 est absolue : On ne souffre de l’estomac que lorsqu’il se vide mal ; la gastro-enterostomie est le seul remède; cette opération est toujours suivie d’un résultat satisfaisant lorsque le fonctionnement du nouveau pylore est parfait. J’ai opéré des cas d’ulcère gastrique compliqué d’hémathémèses à répétition, et qui dataient de quinze ou vingt ans. Ces malades, déjà atteints de cachexie avancée, ont commencé à digérer sans douleur, quinze ou vingt jours après l’opération, les aliments les plus variés.
J’ai guéri de nombreux cas d’hyperchlorhydrie, de gastropathie alcoolique et de dilatation dite nerveuse avec contracture spasmodique du pylore. J’ai démontré également de 1892 à 1896 que la contracture spasmodique du pylore peut aboutir à la sténose fibreuse du sphincter gastro-duodénal .
Quelle est la meilleure opération dans les cas de contracture spasmodique du pylore? La gastro-duodénostomie, telle que je l’ai imaginée, avec section du pylore, est l’opération de choix dans tous les cas où l’on peut la pratiquer; sinon on fera la gastro-jéjunostomie tran s-méso-colique, ou à même la gastro-entérostomie anté-colique antérieure ou postérieure, avec jéjuno-jéjunostomie.
PYLORECTOMIE ET GASTRO-ENTÉROSTOMIE POUR CANCER
J ai déjà dit que le cancer gastrique pouvait être efficacement combattu par la vaccination anti-néoplasique avec la Cytolase.
Il est possible de prévenir et d’enrayer, par l’emploi méthodique de la Cytolase, un grand nombre de cancers de l’estomac au début et même un certain nombre de ceux où il existe déjà une tumeur appréciable, sans sténose pylorique.
Dès que les accidents de sténose se manifestent, il faut faire une anastomose dérivatrice, sans cesser les injections de Cytolase. J’ai présenté récemment à de nombreux collègues deux cas de cancer de l’estomac opérés incomplètement en 1908 et en 1904, et traités avec succès par les injections de Cytolase. L’examen microscopique a été
fait chez ces deux malades et l'épiploon gastro-hépatique était déjà envahi. Un troisième malade, également opéré de gastro-entérostomie pour cancer du pylore inopérable et récidivé dans la cicatrice, fut atteint en 1902 de fistule cancéreuse sus-ombilicale . Il fut soumis à la vaccination par la Cytolase; la fistule se referma sous l’influence de ce traitement. Ce malade n’a pas eu de rechute: il est mort en 1909 d une lésion valvulaire du cœur, qui le faisait souffrir depuis vingt ans.
On lira dans mes Archives et dans mes publications sur le traitement du cancer les résultats que j’ai obtenus par mon procédé de vaccination anti-néoplasique. Ces résultats sont consacrés par l’épreuve du temps. Les chirurgiens qui adopteront ma méthode de traitement du cancer de l'estomac par la vaccination et par l’opération combinées peuvent être certains d’obtenir ces guérisons inespérées et durables.