‹ Traité de thérapeutique chirurgicale et de technique opératoire. Tome quatrièmeChapitre 183 sur 221 · MÉTHODE DE DOYEN · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE DOYEN

Position du malade.

Le malade doit être couché sur le coté droit et non pas sur le côté gauche. En effet, lorsque le malade est couché dans le décubitus latéral droit, la main gauche du chirurgien, garnie d’un gant de caoutchouc, pénètre dans l’anus au moment opportun, et elle facilite la luxation de la tumeur hors de la plaie.

Nous décrirons successivement la rectotomie postérieure pour l’extirpation des petites tumeurs localisées du rectum et pour l’ électrocoagulation directe des petits cancers du rectum, puis l’extirpation du rectum par la voie sacrée.

Temps préliminaire . — Dilatation forcée de l’anus.

1er Temps. — Incision de 12 à i5 centimètres, sur la ligne médiane, commençant au-dessus du sphincter anal, qu’on devra respecter.

2e Temps. — Mise à nu du coccyx et des dernières vertèbres sacrées, section des ligaments fibreux latéraux avec les ciseaux courbes, et résection transversale avec une pince coupante soit du coccyx seul, soit du coccyx et des deux dernières vertèbres sacrées.

Le plus souvent il n’y a pas de sang. Il est facile d’écraser, si elles saignent, la terminaison de l’artère sacrée moyenne ou bien les artérioles périos tiques.

3e Temps. — On dissocie le tissu celluleux qui sépare le sacrum de la face postérieure du rectum, soulevée par l’index et le médius gauches, qui sont introduits dans l’anus. Le sphincter a été préalablement dilaté.

4e Temps. — La paroi postérieure du rectum, soulevée sur l’index ou sur une longue pince courbe, est incisée, et l’orifice est agrandi par divulsion.

On explore alors la cavité de l’ampoule rectale, et on met à découvert la lésion qui a nécessité l’opération.

Supposons un polype pédiculé ou un petit cancer, qui sera traité par l’ électro-coagulation thermique.

Polype sessile.

Les figures 446 à 449 montrent l’extirpation d’un polype sessile de la partie supérieure de l’ampoule rectale. La tumeur est attirée au dehors et on place au-dessous d’elle une pince courbe. On résèque la tumeur avec les ciseaux et on réunit immédiatement l’intestin par une suture muco-muqueuse assez serrée pour faire l’hémostase des vaisseaux de la surface de section. Cette technique n’est applicable qu’à l’extirpation

Fig. 445. — Rectotomie postérieure trans-coccy-sacrée. 2 e temps. Résection dû coccyx et de l’extrémité du sacrum.

des petites tumeurs de la partie extra-péritonéale du rectum. On procède alors à la suture transversale de la petite plaie de la paroi rectale postérieure, que l’on fait à deux plans avec de la soie n° 3.

5e Temps. — Suture partielle de la plaie cutanée, laissant le passage d’une compresse pour le tamponnement.

Électro-coagulation d’un cancer de la partie moyenne ou supérieure de l’ampoule rectale.

La paroi postérieure du rectum est incisée comme pour l’ablation d’un polype, l’orifice est agrandi par divulsion et toute la tumeur est mise en évidence en prenant soin de la luxer au dehors et d’éverser ses

OPÉRATION

Fig. 446. — Id. 4e temps. Le rectum est ouvert. Exploration de la muqueuse antérieure. Application d’une pince courbe au dessous d’un polype sessile qui est implanté sur la face antérieure de la muqueuse rectale.

- Id. Section de la muqueuse rectale entre la pince 3. Le péritoine n’est pas ouvert. La suture de la mufaite en surjet et avec de la soie n° 2 ; on la terminera ayant l’ablation de la pince.

b ig. 44y- — et le polype, queuse sera 1

bords lorsqu’elle est disposée en forme de cratère. On passe tout autour du néoplasme des anses de forte soie, pour assurer son exténorisation. et on procède à l'électro-coagulation, que l’on peut combiner au curetage immédiat, afin de vérifier si l’aetion de la chaleur pénétrante s’est propagée jusqu’aux limites du cancer.

5* Temps. — Les bords de la plaie rectale sont fixés par de gros

Fig. 448. — Id. La suture de la plaie produite par l’ablation du polype est terminée. On va procéder à la suture du rectum.

fils de soie à la plaie cutanée, afin de maintenir béante la profondeur du champ opératoire, et on traite par le tamponnement.

SUITES OPERATOIRES

On surveillera l’élimination des parties mortifiées par l’action de la chaleur, en se tenant prêt à parer à une hémorragie éventuelle, et on surveillera la cicatrisation parfaite de la perte de substance. On sera prêt à intervenir de nouveau par l’ électro-coagulation s’il persistait, au bout de 3 ou 4 semaines, des points suspects.

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