‹ Traité de thérapeutique chirurgicale et de technique opératoire. Tome quatrièmeChapitre 206 sur 221 · Revue crit.Me méd. et de chir., n · texte numérisé non relu

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5oo traité de thérapeutique chirurgicale.

cuisses. Lorsqu’on relève brusquement le pied pour le mettre à angle droit avec la jambe, on détermine un tremblement épileptoïde très

caractéristique .

L’examen de la colonne vertébrale permet de constater une légère déformation au niveau de la région lombaire. L examen radiographique démontre un déplacement de la deuxième vertèbre lombaire, qui est subluxe e en avant.

Je porte le diagnostic de compression de la moelle, consécutive à une subluxation traumatique de la troisième vertèbre lombaire.

Les symptômes de compression , qui s étaient spontanément amendes , ont reparu à la suite d’une ponction lombaire malencontreuse.

J’ai déjà signalé un cas analogue a propos d une compression de la moelle cervicale par une petite tumeur developpee au-dessus d une racine rachidienne (voir t. III, p. 196, fig. 249 bis). Dans ce premier cas, les signes de compression de la moelle cervicale existaient depuis plusieurs mois. La ponction lombaire, faite a la Salpetriere le 21 février igo3, fut suivie d’une aggravation de la parésie préexistante, et la paraplégie fut complète cinq jours plus tard. L’aggravation des symptômes de compression médullaire a coïncidé avec la dépression dans la tension du liquide céphalo-rachidien. Il en a été de même chez le second malade.

L’opération de la laminectomie lombaire a été faite le 20 mars 1903.

OPÉRATION

Résection successive des lames des quatrième, troisième et deuxième vertèbres lombaires, de manière à libérer la moelle lombaire sur une étendue suffisante. L’introduction d’une sonde cannelée, dans le canal rachidien, au début de l’opération, a permis de reconnaître une saillie anormale des lames de la deuxième lombaire, qui était subluxée en avant. Le rétrécissement antéro-postérieur du canal rachidien était suffisant pour expliquer la compression médullaire en ce point. La plaie fut traitée par le tamponnement. Suites opératoires apyrétiques.

Le tremblement épileptoïde persista pendant les premiers jours qui suivirent 1 opération, pour disparaître dès que la plaie commença à se cicatriser. La sensibilité réapparut progressivement, dans les territoires anesthésiés. Le vingtième jour, le malade pouvait se retourner seul dans son lit, en faisant mouvoir ses membres inférieurs. A cette époque, il se trouvait, au point de vue de la mobilité et de la sensibilité, dans le même état qu’avant la ponction lombaire. Au bout

OPÉRATIONS SUR LA RÉGION LOMBAIRE MÉDIANE. 5oi

de six semaines, le malade put se lever et, quelques jours après, il marchait à l’aide de béquilles. A partir de ce moment la mobilité du membre inférieur s’amébora rapidement. Le malade quitta la cbmque le 2i juin 1903.

Cette opération est exceptionnelle. En effet, dans les grands traumatismes qui sont susceptibles de briser la colonne vertébrale lombaire, il est très rare que la force musculaire limite son action à un déplacement vertébral de quelques millimètres seulement, comme il est arrivé dans ce cas. Le plus souvent, la vertèbre supérieure glisse de i5 à 20 millimètres en avant de l’inférieure, les méninges sont rompues et les faisceaux nerveux sont irrémédiablement écrasés.

TABLE DES MATIÈRES

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