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KYSTES DU PANCRÉAS

Ces kystes sont assez fréquents. Ils sont le plus souvent séro-sanguinolents et peuvent contenir des paillettes de cholestérine. Leur diagnostic est assez facile, leur localisation ne variant que par leurs rapports avec le méso-côlon transverse. Il ne faut pas faire de ponction exploratrice, car on s’exposerait à blesser l’estomac, le côlon, ou bien un gros vaisseau.

OPÉRATION

lei Temps. — Incision verticale de 12 centimètres sur le point culminant du kyste.

2e Temps. — Ouverture du péritoine. On doit inciser la séreuse avec précaution, la paroi abdominale antérieure pouvant être étroitement appliquée sur la saillie kystique.

On écarte le péritoine pariétal avec les pinces-érignes.

«3e Temps. — On effondre entre les vaisseaux visibles, suivant les rapports du kyste, soit l’épiploon gastro-colique, soit le grand épiploon. Dès que la paroi kystique est reconnue, on garnit le péritoine de compresses aseptiques et on évacue la poche soit par simple ponction, soit par aspiration.

4e Temps. — Toilette de la poche avec des compresses aseptiques.

5e Temps. — Marsupialisation et tamponnement.

6e Temps. — Suture partielle de la paroi.

TUMEURS MALIGNES

Le cancer du pancréas est une affection relativement fréquente, où le chirurgien est impuissant.

L’intervention se réduit généralement à la cholécystentérostomie, qui se pratique dans le cas d’obstruction cancéreuse du canal cholédoque. Cette opération prolonge à peine la durée de la vie du malade.

Avant d’aborder la technique des opérations sur F estomac et sur l’intestin, nous allons résumer l’historique de ces interventions. Nous étudierons ensuite l’anatomie topographique de l’estomac et la physiologie pathologique des gastropathies.

HISTORIQUE

L’entéro-anastomose fut découverte par Maisonneuve. La chirurgie intestinale était alors presque réduite à la suture des plaies accidentelles. Lembert imagina le point de suture qui porte son nom et qui consiste à réunir la séreuse par des points séro-séreux, dont les fils ne traversent pas la muqueuse. Malgré le progrès considérable réalisé par Lembert, la chirurgie gastro-intestinale ne fit de réels progrès qu’après la découverte de la méthode antiseptique par lord Lister en i865.

Czerny, assistant de Billroth, perfectionna la suture de Lembert; il démontra que, pour assurer une bonne réunion, on devait faire deux plans séro-séreux superposés.

PYLORECTOMIE

Péan (g avril 1879) ten^a Ie premier la résection du pylore cancéreux. Le malade succomba. 11 en fut de même du premier cas de Rydigier (16 novembre 1880).

Billroth guérit au contraire son premier opéré (28 février 1881).

M oelfler (8 avril 1881) et Czerny (21 juin 1881) firent également la pylorectomie avec succès.

Ces deux opérations portèrent à 3, sur un total de i4 pylorectomies, le nombre des succès opératoires. Les premiers résultats n’étaient donc pas très encourageants. Billroth eut un nouveau succès le 23 août 1881.

Le 22 novembre 1881, Rydigier fit sa seconde pylorectomie, non

plus dans un cas de cancer, mais pour une sténose fibreuse consécutive à un ulcère simple; le malade guérit.

Cette opération était la vingt-deuxième, y compris le cas de Péan. 5 malades l’avaient subie avec succès. Les tentatives se multiplièrent, l’on publia de tous côtés des observations de résection du pylore. 80 à 85 p. ioo des premières opérations furent pratiquées pour des cas de cancer et i5 à 20 p. 100 pour des cas de sténose cicatricielle, sans dégénérescence cancéreuse.

GASTRO-ENTÉROSTOMIE

La gastro-entérostomie fut pratiquée pour la première fois par Woelfler, le 28 septembre 1881, dans un cas où, en raison de l’étendue du cancer et de ses adhérences, la pylorectomie se montrait impraticable.

Woelfler, qui avait pratiqué avec succès sa première pylorectomie, fut également heureux dans sa première tentative d’anastomose gastrojéjunale.

Le i3 mars i884, Rydigier guérit un cas de sténose fibreuse par l’opération de Wroelfler. Le diagnostic de sténose fibreuse n’a été fait qu’après l’ouverture du ventre.

Le 11 mai i884, Billroth guérit par le même procédé un autre cas de sténose duodénale, d’origine tuberculeuse. La malade mourut au bout de 2 mois, de tuberculose pulmonaire et intestinale, et l’on put vérifier la nature de la lésion.

Rydigier enfin appliqua avec succès et de propos délibéré, le 20 juin ét le 26 juillet i884, la gastro-entérostomie au traitement de la sténose cicatricielle du pylore.

On constata bientôt que la gastro-entérostomie antérieure de Woelfler donnait de nombreux insuccès, par suite de la compression du côlon transverse par l’anse jéjunale anastomosée.

Von Hacker proposa, pour éviter les inconvénients de l’opération de Woelfler, de pratiquer l’anastomose gastro -jéjunale au travers d’une boutonnière du méso-côlon trans verse.

La première opération de Von Hacker eut lieu le 22 mars i885 ; la malade succomba au bout de 36 heures. Von Hacker perdit deux autres malades en juillet et en octobre i885, et c’est à Czerny que semble appartenir l’honneur d’avoir le premier réussi la gastro-entérostomie postérieure trans-méso-colique (2 décembre i885). Von Hacker n’a obtenu son premier succès que 7 mois plus tard (2 4 juillet 1886).

PYLORECTOMIE COMBINÉE A LA GASTRO-ENTÉROSTOMIE

Billroth a eu le premier l’idée de combiner la pylorectomie et la gastro-entérostomie, dans un cas où l’étendue de la tumeur semblait s’opposer à la réunion du duodénum à l’estomac. Le i5 janvier i885, Billroth, en présence d’un pareil cas, fit la gastro-entérostomie antérieure; puis il isola la tumeur du duodénum, referma ce dernier en l’invaginant, et traita de même l’estomac, après l’avoir sectionné audessus du néoplasme. Le malade -uérit de l’opération.

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