‹ Traité de thérapeutique chirurgicale et de technique opératoire. Tome troisièmeChapitre 134 sur 249 · C. Luxations anciennes · texte numérisé non relu

C. Luxations anciennes

On considère comme ancienne une luxation méconnue depuis plus de deux semaines. La réduction des luxations anciennes devient plus difficile à mesure que l’on s’éloigne du jour du traumatisme. Des adhérences se font autour du foyer traumatique et la déchirure de la capsule peut se cicatriser au point de s’opposer à la réintégration de la tête luxée. Dès que le diagnostic est précisé par la radiographie, on doit tenter la réduction. L’anesthésie générale est nécessaire.

OPÉRATION

pr Temps. — Mobilisation de la pseudarthrose. Le patient est placé au bord de la table, et le scapulum est solidement maintenu parles mains d’un aide vigoureux. Le chirurgien pratique- des mouvements d ab-

Fig. 43o. — Idem. 2' temps. Le chirurgien ramène brusquement le bras devenu libre contre le tronc, tandis que de la main droite il repousse en haut l’humérus.

duc lion et de circumduction progressifs et mobilise complètement la tête humérale.

2® Temps. — Réduction. La réduction est tentée par le procédé qui vient d’être décrit. Ce procédé m’a réussi dans des luxations méconnues pendant trois mois et même davantage. Si la réduction par les simples efforts du chirurgien demeure impossible, on procède immédiatement à la réduction avec l’aide des moufles.

5® Temps. Réduction avec V aide de la traction mécanique. Il est nécessaire de disposer de deux points d’appui solides, par exemple de deux anneaux scellés dairs la muraille à la hauteur de la table où sera

OPÉHATIONS SUR L’ÉPAULE. 3^,

étendu le patient. On devra disposer une alèze pour la contre-evtension

L’extension sera pratiquée à l’aide d’un bandage de corps On prépa rera deux moufles du modèle employé pour la suspension dans la scoliose, de la cordelette, plusieurs S' métalliques, un dynamomètre et une pince à échappement de Collin.

Le patient est placé sur la table et anesthésié. L’alèze de contreextension, de 6 ou 8 doubles et de 25 centimètres de large, est placée sous Faisselle de manière que ses deux extrémités se correspondent après avoir passé au-dessous et au-dessus de Fépaule opposée. On les lie étroitement avec la cordelette. Entre les deux chefs est inséré le crochet de la moufle, qui par son autre extrémité, est en rapport avec l’anneau de la muraille. On tire la corde de la moufle jusqu’à ce que le patient se trouve au point le plus convenable pour la réduction.

Pour pratiquer la contre-extension, on applique un bandage de corps plié en deux par sa partie moyenne au-dessus du pli du coude ;

Fig. 43 1. — Idem. La réduction est terminée.

on croise les deux chefs en arrière et on les fait repasser sur le pli du coude maintenu à angle droit de manière que le chef externe passe en dedans et le chef interne en dehors de l’extrémité supérieure de l’avant-bras. Les deux chefs de ce lacs sont liés avec une cordelette. On accroche entre eux un S' métallique ; après lui on place le dynamomètre, la pince à échappement et, dans l’anneau de la branche droite de cette dernière, le crochet de l’autre moufle, dont l’autre extrémité est en rapport avec le second anneau de fer.

La pseudarthrose a été mobilisée auparavant. Un aide tire sur la corde d’une des moufles jusqu’à ce que l’allongement paraisse suffisant. Le chirurgien surveille le déplacement de la tête humérale en dehors. Lorsque la tête paraît avoir franchi le plan de la cavité glénoïde — supposons le bras droit — le chirurgien, placé entre le bras et le tronc, pousse le col chirurgical vers l’acromion avec sa main droite, tandis que l’aide principal maintient l’avant-bras fléchi et se prépare à déclancher la pince d’échappement. Le chirurgien prend alors le bras luxé dans sa main gauche et commande successivement : « Attention, lâchez. )) A ce moment précis, l’aide chargé de la pince à échappement déclanche l’appareil et le chirurgien ramène brusquement le bras, devenu libre, le long du tronc tandis que de la main droite il repousse en haut l’humérus.

ARTHROTOMIE

L’arthrotomie ne se fait guère que plusieurs semaines après l’accident.

La meilleure incision est l’incision inter-pectoro-deltoïdienne, qui ménage le nerf circonflexe. Cette incision peut être prolongée en bas ou bien en baut, du côté de l’acromion, aussi loin qu’il est nécessaire.

OPÉRATION

Temps. - — Incision cutanée verticale du bord antérieur de l’acromion au creux axillaire,

2® Temps. — Découverte du foyer traumatique et mobilisation de la tête bumérale. On se sert de la rugine et des ciseaux mousses pour rompre les brides fibreuses résistantes.

5® Temps. — Réduction. Réunion et drainage.

extirpation de la tête humérale

L’exürpation de la tête humérale n’est indiquée qu’en cas de luxation ancienne compliquée de fracture et mal consolidée. On séparera

la tête humérale de la diapliyse au niveau du foyer de la fracture avec l’ostéotome de Mac Even et le maillet. On la saisit ensuite avec un davier et on la libère de ses adhérences.

OPÉRATION

Temps. — Incision comme plus haut.

2® Temps. Decouverte de la tete humerale au point où elle est le plus accessible.

5® Temps. — Isolement et mobilisation de l’extrémité supérieure de l’humérus à l’aide de la rugine et des ciseaux mousses agissant par divulsion.

4® Temps. — Ostéotomie de cal vicieux avec le ciseau de Mac Even et le maillet et extirpation de la tête humérale avec le davier de Farabeuf.

5® Temps. — Réunion de la peau et drainage. On laissera la plaie ouverte et on la traitera par le tamponnement si on craint des complications infectieuses.

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