ÉVIDEMENT OSSEUX DE L’HUMÉRUS
L’évidement osseux de l’humérus se fait d’après la technique générale déjà décrite dans le tome 1. On emploiera de préférence l’instrumentation électrique.
Fig. 477- — Évidement de l’humérus; figure schématique; perforation de l’os avec la fraise cylindro-conique en haut et en has du renflement pathologique.
1° Instrumentation électrique.
L’opération se fait tantôt à la partie moyenne de l’os, tantôt au voisinage d’une des épiphyses, quelquefois sur toute sa longueur. Lorsque
38o TRAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE.
l'affection qui nécessite l’évidement osseux est ancienne il existe lialdfuellement un gonflement fusiforme qui indique sur quelle étendue doit porter l’opération. Il ne faut pas oublier que l’instrumentation
Fig. 478. — ■ Idem. Double section longitudinale avec la scie circulaire, pei’mettant d’aboi’der la cavité du canal. médullaire.
électrique pour l’évidement osseux exige du chirurgien une force musculaire considérable et une grande adresse.
Temps. — Incision longitudinale antéro-externe après application de la bande élastique, entre le creux axillaire et l’acromion. Découv^erte de l’os avec la rugine sur toute l’étendue nécessaire.
2® Temps. — Perforation de l’bumérus aux limites supérieure et inférieure du segment qui doit être éAÛdé avec l’aide de la mèche cylindroconique mue par un moteur électrique. La fraise pénètre en quelques
OPÉRATIONS SUR LE MEMBRE SUPÉRIEUR
secondes dans le canal médullaire. On peut, en creusant les deux orifices, agrandir leur diamètre en faisant agir la fraise comme une mortaiseuse,
5® Temps. — On pratique alors tangentiellement aux deux orifices avec la scie circulaire deux sections parallèles qui doivent pénétrer jusqu’au centre de l’os.
F’ig. 479- — Idem. Rabotage de la cavité patbologique avec la fraise cylindro-sphérique agissant à la manière d’une mortaiseuse.
4“ Temps. — Le pont osseux ainsi délimité est mobilisé à l’aide de la gouge et du maillet. L’instrument doit agir successh'ement de haut en bas et de bas en haut dans les orifices creusés à la fraise. L’ou- A^erture du canal médullaire se fait ainsi sans ébranlement de l’os et sans risque de le briser. On explore immédiatement la cavité médullaire avec la curette; on recueille, s’il en existe, du pus pour l’examen bactériologique et si l’on soupçonne la tuberculose, pour rinoculation au cobaye. S’il existe des séquestres, on les met en évidence en épongeant, et l’on extrait ceux qui peuvent être immobilisés. Dans les cas
de kyste hydatique on extrait autant que possible les vésicules fdles et
la membrane.
5e Temps. — On procède alors à l’évidement et au rabotage de toute la cavité malade avec la fraise cylindro-sphérique de 12 millimètres. L’instrument élargit d’abord la gouttière tracée à l’aide de la
Fig. 480. — Idem. Inclinaison de la mortaiseuse vers la droite, puis vers la gauche de manière à ne pas affaiblir la résistance de la diaphyse osseuse.
scie, puis on atteint progressivement, en inclinant la tête d’un côté puis de l’autre, toute l’étendue des parois de la cavité médullaire altérée. Que l’os soit raréfié ou éburné, rien ne résiste à la mortaiseuse, à la condition naturellement d’employer l’instrument tel que je l’ai imaginé et de savoir le manier.
Les parois de la cavité osseuse pathologique deviennent lisses et nettes a ce point, qu apres avmir chassé le sable osseux par une irrigation et après avoir épongé, il est très facile déjuger si l’on a été assez
OPÉRATIONS SUR LE MEMRRE SUPÉRIEUR
loin et si Ton a atteint Fos. La figure 48o montre respectivement comment on doit incliner la mortaiseuse si l’on veut éviter d'amoindrir la solidité de Fos et comment au contraire, en la maintenant verticale (fig. /i8i), on peut évider largement un os très résistant, de telle manière que l’orifice de la cavité en soit le point le plus large.
Fig. 48i. - Idem. Action verticale de la fraise lorsqu’on veut
au contraire creuser une cavité infundlbuliforme.
Ce procédé permet de faire les évidements osseux les plus étendus sans aucun risque de briser Fos.
6® Temps. — Vérification du champ opératoire, extirpation et curettage des trajets fistuleux, tamponnement aseptique. Il est exceptionnellement nécessaire de lier quelques petits vaisseaux.
2° Instrumentation à main.
L’opération ne diffère que pour le 2® et le 3® temps.
2® Temps. — La perforation de l’humérus se fait avec le trépan a
Idem. Agrandissement de l’orifice inférieur avec le trépan à i lylindro-spliérique de i6 millimètres. Le segment médulaire se trouve ainsi détruit.
Fig. 485. — Évidement de l’humérus avec l’instrumentation électrique. 3® temps. Deuxième section longitudinale avec la scie circulaire. Ouverture de la diaphysepar extirpation d’un pont osseux longitudinaire.
OPÉRATIONS SUR LE MEMBRE SUPÉRIEUR. 38
cliquet et la même fraise eylmdro-conique de 12 millimètres qui fait partie de rmstrumentation électrique. Si l’os est volumineux, on agrandit immédiatement les deux orifices à l’aide du trépan à cliquet sur lequel on monte une fraise cylindro-sphérique de 16 ou de 20 millimètres de diamètre.
Temps. — Les deux sections verticales tangentes au bord de ces^
Fig. 488. — 5® temps. Rabotage de la cavité pathologique avec la mortaiseuse cylindro-sphérique.
deux orifices sont faites à l’aide de la scie à curseur à lame com^exe. Les autres temps de l’opération s’exécutent comme plus haut.