DÉSARTICULATION DE L’ÉPAULE
On fera ramputation en raquette en variant le tracé de Tincision suivant l’état des téguments atteints par le traumatisme ou bien envahis par le néoplasme.
OPÉBATION
Le patient, est anesthésié étendu sur le dos, l’épaule à opérer du côté de la lumière. On évitera de pincer immédiatement les vaisseaux si l’on a un bon assistant pour comprimer la sous-clavière.
Côté gauche.
i'”’ Temps. — Le bras est tenu près du tronc. Le couteau plonge entre l’acromion et l’apophyse coracoïde jusqu’à l’articulation ; on trace une incision longitudinale de dix centimètres, pour contourner ensuite le deltoïde en dehors et en arrière, et atteindre la face postérieure du bras à 4 ou 5 centimètres au-dessus du creux axillaire. L’aide soulève le bras pendant que le couteau chemine en dehors, puis en arrière.
2® Temps. — Le bras est écarté du tronc. Le chirurgien, qui se tenait près du flanc du patient, se déplace alors du côté de la tête, et, plongeant le couteau vers le creux axillaire, va reprendre sa première incision, pour la terminer en raquette au point où finit l’incision longitudinale antérieure.
5® Temps. — Le couteau repasse, en dehors et en arrière et coupe tout jusqu’à l’os.
En dedans le grand pectoral est sectionné avec soin, et les vaisseaux axillaires, mis à nu, sont saisis avec une longue pince courbe. Le couteau passe immédiatement au-dessous et achève la section circulaire.
4® Temps. — La lèvre postérieure du moignon est détachée de l’articulation et le couteau est plongé vers l’apophyse coracoïde, la lame entamant la capsule, et le bras dans la rotation forcée en dedans. Le couteau exécute de petits mouvements de va-et-vient, comme pour entamer la tête humérale ; l’aide exécute alors la rotation du bras en dehors, afin de présenter successivement au tranchant toute l’étendue de la moitié antérieure de la capsule articulaire.
La tête apparaît, l’aide porte le coude en arrière et le fait saillir dans la plaie.
5® Temps. — Le couteau passe à plein tranchant entre l’humérus et la cavité glénoïde, et achève de sectionner ce qui reste en arrière de tissus fibro-musculaires.
Sgo TRAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE.
(5e Temps. Ligature isolée de l’artère et de la veine. Réunion et
drainage.
S’il y a menace d’infection, on fera le tamponnement et on ne réunira que partiellement la peau, à la partie supérieure de la raquette.
Côté droit.
Temps. — L’incision longitudinale est continuée vers le creux axillaire sur une longueur de 5 à 6 centimètres.
2® Temps. — Le bras est relevé et écarté légèrement du tronc. Le chirurgien se baisse et passe le couteau, la pointe en haut, dans le creux axillaire, pour reprendre la première incision et la continuer en arrière, et, tandis que l’aide abaisse le bras en dehors, rejoindre en avant, avec ou sans reprise, l’incision longitudinale primitive.
3^ Temps. — Section, en dedans, du grand pectoral, pincement des vaisseaux et, immédiatement au-dessus de la pince, section en dedans, en arrière, puis en dehors, de tous les tissus jusqu’à l'os.
4® Temps. — La lèvre postérieure du moignon est relevée pour mettre à nu la capsule articulaire, et la désarticulation est efiectuée, comme plus haut, par rotation de dedans en dehors ; l’opération continue suivant la même technique.