‹ Traité de thérapeutique chirurgicale et de technique opératoire. Tome troisièmeChapitre 201 sur 249 · DÉSARTICULATION DES DOIGTS · texte numérisé non relu

DÉSARTICULATION DES DOIGTS

Amputation circulaire avec l'aide des pinces érignes de Doyen.

Mon assistant, J. -P. Bouchon, a remarqué qu’en, se servant convenablement de mes pinces-érignes, il était très facile de faire la désarticulation intermétacarpo-phalangienne par la méthode circulaire. Voici la technique que nous avons déterminée.

OPÉRATION

Temps. — Le doigt est tenu verticalement. Le bistouri entre transversalement dans le pli digito-palmaire et pénètre jusqu’à l’os. On aperçoit au-dessus de la lame la gaine tendineuse, en dessous les deux condyles phalangiens. Le couteau termine la section circulaire sur la face dorsale.

2® Temps. — Deux pinces-érignes sont appliquées sur les lèvres de la plaie, du côté palmaire et du côté dorsal. L’interligne articulaire apparaît immédiatement. Le bistouri tenu verticalement, le tranchant tourné vers le bord cubital de la main du chirurgien, pénètre vivement dans 1 interligne grâce à des tractions vigoureuses sur le doigt, continuées avec la rétraction de la circonférence de la plaie du côté palmaire.

3 Temps. La désarticulation est terminée comme plus haut.

4® et 5® Temps. — Hémostase et suture.

■ Amputation métacarpo-phalangienne par la méthode circul temps. Section circulaire au niveau du pli digito-palmaire.

Idem. Fin du i®‘ temps. Le bistouri a sectionné tous les plans ju l’os. On aperçoit les deux condyles phalangiens.

trvité de thérapeutique chirurgicale.

Amputation en raquette.

L’amputation en raquette a été considérée jusqu’iei eomme le procédé classique.

. — Idem. Amputation circulaire du médius (suite). Rétraction spontanée des lèvres de l’incision.

Fig. 678. — Idem. On exerce de fortes tractions sur le côté palmaire. L’interligne articulaire devient ainsi très abordable.

Le tracé de 1 incision cutané, quand des fistules ou des pertes de substance ne viennent pas le modifier obligatoirement, est une incision

OPÉRATIONS SUR LE MEMBRE SUPÉRIEUR. 4-5

en raquette, symétrique pour le médius, Fannulaire et le pouce, asymétrique pour lïndex et l’auriculaire, de manière à ménager, pour les premiers, en dehors et du coté palmaire, pour l’auriculaire en dedans

Fig. 579. — Idem. Grâce aux tractions des pinces érignes, l’interligne articulaire dorsal est mis en évidence.

et du côté palmaire, un petit lambeau destiné à rejeter la cicatrice vers l’axe et vers le dos de la main.

Si l’on est obligé de faire deux lambeaux latéraux, ils devront être suffisants pour recouvrir sans tension la tête du métacarpien.

Si l’on ne peut faire qu’un lambeau unique, ce lambeau devra être

taillé plutôt long que court. S’il est exubérant, on le réséquera avec les ciseaux au moment de la sutUre.

Enfin si la tête du métacarpien ne pouvait être recouverte en raison de la perte de substance cutanée, on la réséquerait avec les cisailles.

Fig. 58o.

^ Idem. Suture de la plaie.

thérapeutique chirurgicale.

OPÉRATION

i” Temps. — Le doigt à amputer est saisi entre le pouce et l'index gauche, lafece dorsale en dessus. On commence le tracé de l’incision

Fig. 58 1. — Amputation métacarpo-phalangienne en raquette. 2® temps. Après rincision cutanée, il faut saisir les deux levres de la plaie dorsale avec deux pinces érignes.

Fig. 582. — Idem. 3® temps. Le lambeau palmaire est saisi avec une 3® pince érigne. En déterminant des tractions on met à découvert l’interligne articulaire, et le bistouri pénètre du côté radial par rapport à l’opérateur.

en raquette d abord du côté droit, par rapport à l’opérateur, jusqu’à la face palmaire, puis du côté gauche, en passant sous la main gauche.

OPÉRATIONS SUR LE MEMBRE SUPÉRIEUR. 4

Le tranchant du bistouri, au moment où il atteint la face palmaire et

Fig. 583. — Idem. Le doigt, presque complètement détaché, est renversé sur le dos de la main. Section terminale de l’enveloppe capsulaire du côté cubital par rapport à l’opérateur.

Fig. 584- — Désarticulation intermétacarpo-phalangienne du pouce à lambeau externe. temps. Le pouce étant placé en forte abduction, le bistouri entre dans l’intèrligne articulaire après avoir incisé la peau un peu au-dessus de lui.

OÙ il est près de rejoindre l’extrémité de l’incision primitive, doit pénétrer à fond jusqu’à l’os et sectionner les tendons et leurs gaines.

Le couteau repasse dans rincision et s’assure que toutes les parties molles sont sectionnées.

2o Temps. La pointe du couteau, introduite entre le lambeau

Fig. 585. — Idem. 2“ temps. Le pouce est amené dans l’abduction forcée, et le bistouri, francbissant l’interligne, sectionne le ligament latéral externe.

gauche et la phalange, la lame tournée vers le poignet du patient, avance jusqu’à l’interligne artieulaire, où il entre après avoir contourné le tubercule phalangien. Le tranchant, tourné à droite, coupe

Fig. 586. — Idem. 3® temps. Le pouce est renversé en dedans, pour permettre au bistouri de tailler un grand lambeau externe.

le premier ligament latéral, en demeurant toujours vertical; la pointe, qui a dû dépasser en bas l'interligne articulaire, achève de ce côté la section de la capsule; la lame, cheminant vers la droite, coupe le

OPÉRATIONS SUR LE MEMBRE SUPÉRIEUR. 4-g

second ligament latenaL qui lui est présenté par une rotation forcée du doigt à amputer en haut et à gauche, et tourne immédiatement en avant, vers 1 operateur, de manière a ne pas hlesser le lamheau interne.

3° Temps. — Il suffit de continuer à tordre de la main gauche le doigt vers la gauche en portant la main en supination et de le ren-

Fig. 587. — - Idem, i®'' temps. Suture de la plaie, qui est refermée par le lambeau externe.

verser en arrière, pour présenter au tranchant tout ce qui peut encore subsister du ligament glénoïdien et de la coulisse tendineuse, jusqu’à ce que le doigt reste dans la main.

4® Temps. — Hémostase. Suture.

Amputation à lambeau externe.

Cette opération se fait principalement pour le pouce.

OPÉRATION

Temps. — Le pouce est attiré en abduction. Le bistouri entame la peau obliquement de bas en haut et plonge vers l’interligne articulaire .

2® Temps. — La lame tranche le ligament latéral interne et pénètr-e dans l’interligne qui s’entr’ouvre.

5® Temps. — Section du ligament latéral externe et taille d’un lamheau cutané externe.

4® et 5® Temps. — Hémostase et suture.

amputation des phalanges dans la continuité

Cette amputation consiste le plus souvent dans la résection de l’extrémité d’une phalange, découverte par un traumatisme, et que la peau est insuffisante à recouvrir.

Fig. 588. — Désarticulation interplialangiennc. 1'^“' temps. Du premier coup de bistouri, on ouvre l’interligne articulaire.

Fig. 589. — 2® temps. Le bistouri franchit l’interligne et sectionne les ligaments latéraux, grâce aux tractions exercées sur la phalangine avec une pince érlgne.

OPÉRATION

Temps. — Incision dorsale de 10 millimètres jusqu’à l’os.

2® Temps. — Dénudation circulaire de l’extrémité de la phalange avec une petite rugine.

OPÉRATIONS SUR LE MEMBRE SUPÉRIEUR. 48r

'5” Temps. — Résection de la phalange avec une pince de Liston. 4® Temps. — Suture. La réunion est faite par deux ou trois points

Fig. 591. — Idem. 3" temps. Suture de la peau à points séparés.

en supination, les ongles marquant 1 extrémité des petits tubercules latéraux qui les terminent de chaque côté.

OPÉRATION

Temps. — Le bistouri, tenu de la main droite comme un archet, attaque la peau dorsale et pénètre dans Fiiiterligne articulaire.

Fig. 590. — Idem. 3® temps. Le bistouri, dès qu’il a franchi l’interligne, est dirigé suivant l’axe du doigt, pour tailler le lambeau palmaire.

séparés, si le champ opératoire est aseptique. Sinon on traitera par le tamponnement.

Page 1