‹ Traité de thérapeutique chirurgicale et de technique opératoire. Tome troisièmeChapitre 228 sur 249 · TOME III. — Supplément · texte numérisé non relu

TOME III. — Supplément

i8 TRAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE.

momentanément guéris, récidivaient dans la profondeur. La généralisation devenait alors très rapide. La fréquence de la généralisation cancéreuse chez les malades soumis à la radio théraphie me paraît devoir être attribuée a 1 action destiuctive des i ayons penetiants de l’ampoule de Grookes sur les organes lymphoïdes, notamment sur les ganglions lymphatiques.

A côté des rayons X on étudia les effets du radium. On s’illusionna

Dispositif pour ies Effluves

aussi sur ses effets, qui sont effectivement très analogues à ceux des rayons X. Les radiations actives des sels du radium sont cepéndant plus pénétrantes, mais elles n’exercent aucune action élective véritable sur les cellules cancéreuses. L’activité du radium peut d’ailleurs s’évaluer en calories. La radio-dermite et la radium-dermite sont très analogues aux effets du coup de soleil et, comme ce dernier, elles se produisent assez lentement. Le petit volume des appareils à radium permet de les placer dans les cavités naturelles et même à l’intérieur des tumeurs.

J’ai expérimenté longuement l’action des rayons X et celle du radium sur les néoplasmes malins. Les cicatrisations apparentes que produisent ces agents physiques doivent être considérées, suivant 1 expression imagée du D‘ Tuffier, comme un «cache-misère». Les

TRAITEMENT LOCAL DU CANCER. ig

ceUules cancéreuses profondes échappent à leur action et deviennent le point de départ d’une infection rapide.

La radiothérapie commençait à tomber en discrédit, lorsqu’en juillet 1907, le professeur Pozzi annonça à l’Académie de médecine la guérison des cancers superficiels et même de certains cancers pro-

voltaFsation bipolaire

Application par Étincelles

fonds par l’action des étincelles de haute fréquence. Le professeur Pozzi créa, pour désigner cette nouvelle méthode, le néologisme de fulguration. Sa conviction entraîna celle de la plupart de ses collègues, qui expérimentèrent l’action des étincelles de haute fréquence. Les résultats thérapeutiques furent loin de répondre à leur attente. Le professeur Pozzi lui-même reconnut bientôt son erreur et s’aperçut qu’il s’était laissé mystifier par un confrère aussi ignorant en électricité qu’en chirurgie. .

La fulguration, qui n’a d’ailleurs dû son succès éphémère qu’à la

communication sensationnelle du P*' Pozzi, devait rester en faveur moins longtemps que la radiothérapie et, le 1 6 juin 1909, le P^ Pozzi est venu brûler devant la Société de Chirurgie ce qu’il avait adoré deux ans auparavant dans l’enceinte de l’Académie de médecine. Sa conclusion fut formelle ; «La fulguration, affirma le P‘ Pozzi le 16 juin 1909, ne possède dans le cancer aucune valeur curative. »

Je reviendrai plus tard sur l’action des étincelles de haute fréquence et sur les observations qui m’ont conduit à découvrir la méthode de r électro-coagulation thermique.

Une particularité doit nous arrêter tout d’abord : les guérisons apparentes de certains cancers superficiels par l’action des rayons X et du radium mettent en évidence ce point que les cellules cancéreuses sont moins résistantes que les cellules saines à l’égard des radiations cytolytiques. C’est ainsi que, si l’on règle avec soin l’action des rayons X ou du radium, on obtient l’affaissement des noyaux cancéreux intradermiques et des cancroïdes superficiels, sans destruction des cellules saines et avec production d’une cicatrice d’apparence satisfaisante.

Page 1