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TOME III. — Supplément

mètre de la lésion. L’électro-coagulation se fait par contact. Le chirurgien, après s’être assuré du contact parfait de la grande plaque métallique avec la peau, sans interposition d’aucun tissus, place l’électrode

ÉLECTRODES NÉCESSAIRES POUR L ’ É L E C T R O -C O A G U L A T I O N DES CANCERS ACCESSIBLES

Fig. 7.

De haut en bas, à gauche : un jeu d’électrodes discoïdes, 4 électrodes cylindriques 4 électrodes olivaires, 4 électrodes olivaires hémi-isolées.

A droite : 3 électrodes en argent, très malléables ; et diverses électrodes de formes variées pour le traitement des petites lésions cutanées.

active sur la lésion et commande à l’aide : c( Allez! » Au bout de 20, 3o ou 60 secondes, dès que la. petite tumeur a pris une teinte blanchâtre, le chirurgien commande ; « Halte! » et s’assure par 1 inspection directe que la limite de la tumeur est dépassée.

Ces petites tumeurs superficielles sont les seules où les étinceUes de haute fréquence émanées de la borne terminale du résonateur de

Fig. 8. ■ — Destruction d’un petit épitlielioma superficiel par les étincelles de haute fréquence. Le champ d’action des étincelles est limité par des tubes de caoutchouc concentriques.

Oudin, soient suffisantes, à la condition de n’employer, comme je l’ai indiqué le premier, que des étincelles très courtes. Ces étincelles d’ail-

Fig. 9. — Destruction d’un épithélioma de la lèvre au début par l’électro-coagulation sans étincelles.

leurs n’agissent que parla chaleur ; elles produisent la carbonisation superficielle de la tumeur et F électro-coagulation de ses couches profondes.

L’aéro-cautérisation est inapplicable clans les cas de petites tumeurs superficielles, car il est impossible d’en limiter l’action avec une précision suffisante. Nous verrons au contraire comment l’aéro-cautérisation convient à la cautérisation superficielle de cavités d’une certaine étendue, comme les coques de ganglions cancéreux du cou, adhérentes au faisceau vasculo-nerveux.

Les chirurgiens qui auront acquis une expérience suffisante de r électro-coagulation thermique donneront la préférence dans tous les cas à cette méthode, puisqu’il est facile, quelle que soit la puissance de l’appareil, d’en réduire l’action, en diminuant le nombre des spires du petit solénoïde qui sont mises dans le circuit.

Si le cancroïde est d’une certaine étendue, il est préférable d’employer, au lieu de l’anesthésie locale, l’anesthésie générale au chlorure d’éthyle.

Dès que la tumeur est devenue envahissante, il fant agir avec plus d’énergie et la détruire jusqu’à ses extrêmes limites. Nous allons décrire la technique opératoire qui convient à ces cas. L’électro-coagulation poursuit aussi bien les cellules cancéreuses dans le tissu osseux que dans les parties molles.

L’opération exige l’anesthésie générale. On peut employer le chlorure d’éthyle seul si l’intervention ne doit durer que quelques minutes ; sinon on complétera la narcose par l’administration du chloroforme.

Deux cas peuvent se présenter : i" la lésion est bien limitée et présente une surface plane; 2® la lésion esttérébrante et aftecte la forme d’une anfractuosité.

1° Épithélioma superficiel et bien limité.

On adaptera au pas de vis du manche isolateur une électrode circulaire de 20 à 25 millimètres de diamètre. Si la lésion n’atteint pas cette dimension, on choisira une électrode plus petite. Le chirurgien doit connaître, d’après des expériences antérieures, le nombre de spires du solénoïde qu’il convient de placer dans le circuit. Le malade est placé, le torse nu, sur un lit métallique relié à un des conducteurs et l’électrode, reliée à l’autre conducteur, est appliquée sur la lésion. On fera passer le courant pendant 10 secondes, 3o secondes, i minute ou même davantage, suivant 1 effet qu’il faut atteindre. L’élimination dépasse souvent de quelques millimètres la zone blanchâtre et coagulée, dont 1 aspect et les consistances sont caractéristiques.

On peut détruire également ces tumeurs superficielles avec les étin-

celles, c’est-à-dire par la voltaïsation bipolaire. Il suffit d’employer une électrode de plus petit diamètre et de la maintenir à quelques miUimètres de la lésion.

L’électro-coagulation a lieu sans étincelles lorsque la surface de l’électrode est suffisamment étendue ; les étincelles jaillissent autour de Félectrode si celle-ci est de dimension trop réduite pour l’intensité du courant. Les étincelles se produisent également, quelle que soit la dimension de l’électrode, lorsque celle-ci cesse d’être en contact avec les tissus ou

bien lorsque leur surface commence à se dessécher. Il faut éviter d’employer une électrode d’une surface trop grande, car l’ électro-coagulation ne se produirait plus. L’action sur les tissus profonds, c’est-à-dire à 3 ou 4 centimètres de profondeur, est à peu près identique, dans les cas ou l’on emploie le contact direct et dans ceux où l’on agit par l’intermédiaire des étincelles ou bien la voltaïsation bipolaire. Le contact direct assure toutefois une répartition plus régulière du calorique, tandis que l’étincelle carbonise la surface des tissus et agit avec plus de violence.

Il est très facile de se rendre compte des ej3ets de l’ électro-coagulation avec ou sans étincelles, c’est-à-dire par contact direct ou bien par action à courte distance, en expérimentant sur des morceaux de viande de boucherie. On constatera ainsi que les électrodes de petites dimensions produisent un effet beaucoup plus Auolent.

Si l’on possède bien la technique, et si l’on évite d’employer une

Fig. 10. —

Destruction d’un néoplasme superficiel par l’electrocoagulation sans étincelles.

électrode de trop grande surface, l’électro-coagulation se fait en 3o secondes jusqu’à 5 ou 6 millimètres de profondeur, en i ou 2 minutes jusqu’à une profondeur de plusieurs centimètres.

C’est donc une méthode très délicate et qui ne peut donner des résultats satisfaisants qu’entre des mains habiles et expérimentées.

Fig. II. — Épithélioma de la peau de la joue traité avec insuccès par les rayons X et par le radium.

L’électro-coagulation, lorsqu’elle est bien maniée, peut être également appliquée au traitement du cancer en cuirasse, à la condition d’employer une électrode d’une surface suffisante pour que la température produite ne dépasse guère, à la surface de la peau cancéreuse, le chiffre de 55°.

On obtient un excellent résultat en se servant comme électrode active d un entonnoir de verre renversé, appliqué sur la peau et rempli d’eau salée.

Fig. 12. — Idem. Destruction du néoplasme par l’électrocoagulation avec étincelles (Voltaïsation bipolaire).

même électrode F électro-coagulation par contact direct dans les anfractuosités de la plaie, et au contraire, dans les points où sa surface est très irrégulière, la voltaïsation bipolaire, c’est-à-dire l’électro-coagulation avec étincelles. Il est facile de détruire définitivement par cette méthode tous les cancers ulcéreux et térébrants, à la seule condition de les traiter avant que leur extension à des organes vitaux ait rendu l’intervention impraticable.

L’électro-coagulation n’est suivie d’aucune réaction inflammatoire, et l’élimination des parties mortifiées se fait sans douleur et sans hémorragie, au bout de 12 à i5 jours. Les artères, à cette époque, sont oblitérées bien au delà du sillon d’élimination.

La même technique convient à toutes les variétés de tumeurs malignes.

2° Épithéliomas térébrants et ulcéreux, à cavité anfractueuse.

Prenons comme exemple un épitbélioma térébrant de la région malaire,^ ayant envahi le sinus maxillaire. L’irrégularité des parois de la cavité peut rendre impraticable F électro-coagulation par contact direct, sans étincelles. Il faut monter en pareil cas sur le manche isolateui une olive dé petite dimension, de manière à pratiquer avec la

4o TRAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE.

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