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TRAITEMENT PAR LEAU FROIDE

froide agit momentanément sur la peau, loin de produire une répercussion du sang, elle détermine une réaction active à l'extérieur.

Les effets que nous venons de décrire ne sont pas les mêmes chez tous les individus. Il sont prononcés surtout chez les personnes robustes qui jouissent d'une grande force de réaction; ils sont beaucoup moins évidents chez ceux qui ont une constitution faible et délicate. Enfin, ce qu il importe principalement de savoir, c'est qu'il ne faut jamais administrer la méthode bydrosudopathique aux malades qui ont les organes thoraciques impressionnables, qui toussent habituellement, et à plus forte raison à ceux qui ont des tubercules dans les poumons; car, dans ces circonstances, les bains froids, non seulement ne produisent aucune réaction de chaleur à la peau, mais augmentent Timpressionnabilité aux abaissements de température , et peuvent aggraver la maladie de poitrine.

3« applications réchauffantes. — Ces applications se pratiquent de la manière suivante :

On imbibe d*eau froide une compresse que Ton tord ensuite de manière qu'elle ne conserve qu'un léger degré d'humidité; on la plie en deux ou trois doubles au plus, et on l'applique sur les parties que l'on veut réchauffer; on enveloppe cette compresse humide d'un linge sec ou d'un tissu de caout* choQc, et Ton assujettit le tout avec une bande. L'expérience a montré que l'effet de ces applications était de produire une excitation assez vive de la peau. Dans les établissements hy« drothérapiques , la plupart des malades portent autour du corps une ceinture humide, disposée comme il vient d'être dit, et qu'on mouille trois ou quatre fois par jour.

Au bout de quelque temps, les parties de la peau sur lesquelles cette ceinture est appliquée, deviennent le siège de plaques érythémateuses et même d'éruptions pustuleuses.

Les compresses réchauffantes sont d'un usage fréquent pour rappeler la chaleur aux extrémités inférieures ; elles peuvent être employées aussi dans un but de dérivation, et dans quel* cjues cas comme moyen résolutif.

Il y a une différence complète entre les effets de ces applications et ceux que prod^uis^jit l^s comi^ne^ses rf;f:alchi^antes

d'un usage si fréquent en médecine. Celles-ci sont imbibées d'eau froide, et on les renouvelle avant quelles ne soient échauffées, afin de prévenir Fafflux du sang et d'opérer une soustraction constante de calorique.

b? Enveloppement dans le drap mouillé. — Les applications de Teau froide, faites suivant les procédés que nous venons de décrire, excitent la peau et conviennent surtout dans les maladies chroniques où Ton veut donner plus d'activité aux fonctions de cet organe.

Dans les maladies aiguës et fébriles, il peut y avoir, au contraire, indication de soustraire simplement la chaleur et de calmer la circulation générale. Dans ces cas, ou pratique Tenveloppement dans le drap mouillé. Voici, suivant M. Scoutetten (1), comment ou doit procéder :

« On place sur un lit ordinaire deux ou trois couvertures de laine, qui ne montentquejusqu ala hauteur de Toreiller; elles sont recouvertes d'un drap de lit préalablement mouillé, et tordu énergiquement par les mains de deux hommes. Ce drap redescend que jusqu'aux pieds, l'excédant est reporté vers la tête. Cette précaution est prise pour ne pas accumuler trop d'humidité vers les pieds, qui habituellement se réchauffent plus difficilement que les autres parties.

» Pour isoler la tête du drap mouillé, on place sous elle un oreiller ou simplement un- autre drap sec plié en plusieurs doubles.

« Le malade,complétementnu,est posé sur ledrap mouillé; on lui enveloppe séparément les jambes et les cuisses, et le drap est croisé sur la poitrine, en portant les angles vers le dos. Les couvertures de laine sont repliées ensuite et de la même manière que dans l'enveloppement sec. L'impression du froid passe rapidement; elle dure rarement au delà de huit à dix minutes. Là chaleur transforme bientôt le drap en une large fomentation, qui assouplit la peau et la prépare favorablement à laisser échapper la sueur. Il n'est pas rare de voir celle-ci percer le lit et couler sur le plancher. Lorsque le malade commence à suer, la face se colore, les yeux s'injecteut

(i) Ite /Vôt/çtk^ h r<V7î^?* hy^iéni^^it itmWeal. Parif, 1S43, p. «4^«

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iégèrement, la circulalion s'accélère, et souvent le pouls bat «ent pulsations à la minute. C'est une espèce de fièvre artificielle déterminée par Tëlévation de température.

» L'enveloppement humide est souvent employé dans le traitement des maladies aiguës. C'est un excellent moyen pour enlever la chaleur fébrile et rendre rapidement le calme à tout lorganisme; mais alors il faut bien se garder de provoquer la sueur; loin de là, il est indispensable de renouveler le drap dès qu'il sèche; on le change quelquefois de demi-heure en deroi-faeurey même plus souvent, si la fièvre est violente et i agitation excessive. »

5* Hydrothérapie par l'emploi alternatif €le C eau froide et de [eau chaude^ suivant la méthode de M. Gillebert {de Lyon). — Il est des malades tellement faibles qu on n ose les soumettre exclusivement à l'emploi de 1 eau froide; on craint que la réaction ne se fasse |)oint chez eux, et sans cette réaction le froid devient nuisible.

M. Gillebert (deLyon), praticien d un mérite éminent, a imaginé pour ces cas Temploi alternatif de leau chaude et de Teau Ëroide, suivant les procédés que je vais décrire.

l^'Chaque matin, le malade étant au lit et les matelas soigneusement garnis, le membre inférieur droit est mis à découvert ; ce membre est lavé avec une éponge trempée dans de Veau aussi chaude que possible, et pendant trois minutes. Après ce temps, un lavage d'une minute est fait avec de leau froide, et Ion termine en frottant tout le membre énergiquement avec un drap rude et sec.

La même opération est faite immédiatement aprés^ sur lé membre du côté opposé.

L ensemble de ces exercices est répété matin et soir.

Au boot de quelques jours ^ on réunit la friction sur les deux membres supérieurs aux frictions sur les deux membres inférieurs \ et quelque temps plus tard, on frictionne toute la colonne vertébrale du cou au sacrum.

2'^ La réaction se faisant d'une manière suffisante sous l'influence de ces frictions locales et successives ^ on passe à des frictions ^^nera/e5 et simultanées. Le malade étant placé debout, les pieds dans un large baquet, deux personnes lui lavent tout

le corps avec des éponges trempées à diverses reprises dans de Teau très chaude; elles font cette lotion pendant trois minutes, par exemple ; une lotion froide d'une minute succède à la lotion chaude, et Ton revient encore une fois à l'alternative du chaud et du froid; un drap sec jeté sur tout le corps du malade sert à exécuter d^énergiques frictions.

Peu à peu on diminue le temps consacré aux lotions chaudes, pour s'en tenir aux lotions froides. La marche, si elle est possible, doit avoir lieu après ces exercices.

V Lorsque la réaction se fait bien, on passe à une troisième série d'opérations. Le malade est plongé dans un bain de 27 à 28 degrés Réaumur; il y reste pendant cinq à six minutes; et lorsqu'il est bien réchauffé, on l'enlève rapidement de son bain chaud, pour le plonger dans un bain froid. Au début, celui-ci est de 16 à 17 degrés, et Ton diminue progressivement cette température jusqu'à 1 1 ou 12 degrés : on peut, au besoin, replonger le malade dans le bain chaud; mais il est préférable de le laisser sous l'impression du bain froid, et de le frotter immédiatement après.

b® Lorsque, par toutes ces gradations successives, la réac* tion est devenue facile, on peut passer aux procédés ordinaires de l'hydrothérapie.

An. IV. •— Barcs d'aik chaud.

Les bains d'air chaud sont d une origine très ancienne. Les Bomains en faisaient usage concurremment avec les bains de vapeur. Leur emploi était singulièrement favorisé chez eux par les émanations qui se dégagent des terrains volcaniques sur lesquels avaient été fondées plusieurs villes importantes. Ainsi, sur les bords du golfe de Naples, et particulièrement dans les environs de Pouzsoles (1), des grottes naturelles ou creusées dans le tuf volcanique se remplissent d'un air chaud sans trace apparente de vapeur; il suffit d'y rester quelques instants pour que la peau se couvre d'une sueur abondante.

(i) Carrière, Le climat de Vitatie sous ie rapport hygiénique et médical^ Paris, 1S499 p. 325.

BAINS DAia CHALD. 53

Les étuves sèches sont aussi employées, dit-on, depuis une époque très éloignée par les peuples du Nord.

Cependant» si l'on parcourt les établissements que renferment les grandes villes et dans lesquels la méthode furoiga-» toire est mise en pratique, on n'y trouvera que très rarement des étnves à air chaud.

Celte proscription presque générale ne peut dépendre des difficultés de Texécution ; car on peut obtenir Tair chaud par les procédés les pins divers. Parmi ces procédés, il en est plusieurs qui sont commodes et faciles à réaliser; tels sont : réchauffement autour d'un foyer, comme dans le calorifère (procédé de M. Rapou); Icmploi de fers rougis à blanc, que loD place au-dessous du malade enveloppé de couvertures ; celui du courant d'air qui se dégage d'une lampe à huile ou dane lampe à alcool (procédés de MM. J. Guyot et Duval); enfin, la carapace à double paroi que Ton remplit d'eau bouillante (procédé de M. Andrieux,de Brioude).

Le motif de Tabandon presque général des bains d'air cbaud et sec est, sans aucun doute, l'accablement et les maux de tète qui en sont la suite. Je les ai employés suivant le procédé de M. Ândrieux, qui me parait préférable à tous les autres, puisque l'air en contact avec une paroi simplement chauffée par Teau ne peut s'altérer comme il le fait par la combustion de Thuileou de l'alcool ; et cependant, j'ai toujours ohservéles symptômes que je viens d'indiquer; plusieurs malades perdaient, en outre, l'appétit et le sommeil; après le bain d'air chand, ils restaient brûlants, agités et dans un véritable état fébrile.

M. Gillebert, directeur de rétablissement hydrothérapique de Serin à Lyon, a observé des effets semblables chez les malades pour lesquels il avait substitué la sudation ]iar la lampe à 1 alcool à la sudation dans la couverture de laine. Il a vu que les malades gardaient la pesanteur et le mal Je tête, lors même que Vcxcès du calorique avait été soustrait après la sudation l^'trlebain froid dans la piscine, et par les autres pratiques du iraiiement hydrothérapique.

Des faits analogues ont été observés dans un autre établis-

5& TRAITEMENT OÉKÉBilL.

sèment, et je m'étonne qu ils n'aient pas suffi pourfaire aban* donner la sudation par lalcool.

Les faits que je cite, pour combattre Temploi des bains d'air chaud et sec, sont conformes à ceux qui sont connus de tout le monde sur l'influence des calorifères et des poêles. Chacun sait que la chaleur obtenue par ces procédés est moins favorable que celle qui se dégage du foyer d*une cheminée , et que, si Ton couche dans les chambres chauffées à leur aide, on éprouve de la céphalalgie et de la pesanteur de tète. Les ménagères savent si bien que la sécheresse de lair est la cause de ces malaises, quelles placent sur les poêles un vase rempli d'eau, afin que la vapeur qui s'en dégage remplace l'humidité que la combustion enlève à l'air.

Parmi les causes qui peuvent rendre nuisible l'emploi des bains d'air chaud et sec, il en est qui tiennent à l'imperfection des procédés mis en usage, et en particulier à l'altération de l'air ainsi qu'à Télévation trop considérable de la température.

Dans le procédé du calorifère, l'air est privé de son humidité ; dans celui des fers rougis à blanc, une partie de Toxygèue est absorbée; et, lorsqu'on se sert de lampes à huile ou à alcool, il se dégage de l'acide carbonique, du carbure d'hydrogène, et ])lusieurs autres produits de la décomposition des matières enflammées. Évidemment, ces altérations de l'air peuvent concourir à la production des effets nuisibles; ils ne sont évités que dans le chauffage à l'eau ou à la vapeur suivant le procédé de M. Andrieux.

L'élévation de la température que l'on ne règle point avec précision et qui dépasse beaucoup cefle du corps, est une cause non moins puissante de fatigue ; car, ainsi que l'ont démontré les expériences de M. Magendie, les animaux supportent très difficilement une température élevée, et ils ne tardent pas à succomber si celle-ci est prolongée et dépasse certaines limites : or, cet échauffement trop considérable, et qu'on n'a pas soin de régler, s'observe dans tous les procédés que nous avons énumérés plus haut. La négligence est d'autant plus facile, que Tétuve sèche ne reçoit pas avec le malade, comme celle des bains de vapeur, une personne qui puisse observer facilement le thermomètre,

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