‹ Traité de thérapeutique des maladies articulairesChapitre 13 sur 101 · BAINS ET UOUCHES U £AU · texte numérisé non relu

BAINS ET UOUCHES U £AU

La pompe dont je me sers, et C]ui est représentée ici, est >]ei coDlînu; terminée par un embout d'un centimètre de ■liamètre, elle lance Tenu hnrlzonlnleinent à quinze mèti-es de <lisiaDce, et débite trente litres d'eau par minute. La percussiDn qu'elle exerce est dès lors très puissante.

Le tabouret fenêtre que l'on aperçoit entre les rideaux, supporte les pieds du malade et les éloigne du réservoir dans lequel l'eau est puisée et où elle vieni retomber.

Cette eau pouvant être chaude ou froide, ou successivement chaude et froide, on peut donner des douches a toutes les températures que l'on ju«e convenables.

Bien plus, on peut administrer un bain de vapeur, en faisant frapper Teau, que Ton emploie très chaude^ contre les parois de la guérite. La vapeur est obtenue alors, comme elle Test dans rétablissement thermal d^Âix en Savoie.

Quel que soit le mode de coûslruction de la douche, elle ne peut être utile qu'à la condition d agir sur tout le corps. Si une partie malade doit y être soumise, ce n'est que pendant la durée d'une douche générale, et comme la percussion est essentiellement excitante, il ne faut lapphquer localement qu'autant qu'il n'y a pas d'inflammations aiguës, et la prolonger assez peu pour qu'elle ne réveille point ce genre d'în* flammation^

Au moyen de tuyaux flexibles, un aide peut diriger la douche sous des angles variés et sur chaque partie du corps ; mais les mouvements du malade placé sous une douche verticale en colonne, lui donnent la facilité d'y soumettre^ les unes après les autres, toutes les parties du corps, et de les faire percuter suivant les angles les plus variés. La douche exige que l'on ne soit point disposé à la fièvre, et» comme tous les agents énergiques, elle ne doit être que momentanément employée. Sa durée ne doit jamais dépasser sept ou huit minutes, et il ne faut arriver à ce temps que d'une manière graduée.

[j AbT. II. — Bllirfl ET DOOCfllS 01 VAtlOB*

Les bains de vapeur peuvent être administres à l'aide d'appareils spéciaux qu'on ne trouve que dans certains établissements, ou avec des matériaux qu'on a partout sous la main.

A, Dans les établissements, la vapeur est, en général, produite par l'ébullition de l'eau dans des vases fermés et munis de soupapes, d'où elle se rend ensuite par des tuyaux jusque dans la chamhre occupée par le malade. Mais ce mode «le production de la vapeur n'est pas le seul que l'on emploie, ainsi qu'on le croit généralement. On peut réussir en faisant tomber l'eau chaude contre un corps dur : la pierre, par exemple. C'est de cette manière qu'on obtient des bains de vapeur dans plusieurs établissements d'eaux miaérules, parmi

fiAIMS ET DOUCHES DE VAPEUil. 99

tesqnels je citerai surtout Aix-leS'Bains et Bourbon-Lancy. Leau n^a pas besoin d'être à une haute température; lors même qu'elle ne dépasse pas cinquante degrés, la vapeur qui en résulte a toute la chaleur désirable, qui doit être de trente* huit à cinquante degrés. G est ce qu on peut constater en visitant les étahlisseinents dont je viens de parler^ ou en faisant l'application du système de douche d eau chaude que j ai ima* giaé avec lappareil dont on a lu plus haut la description.

Ia position des malades plongés dans un baiu de vapeur peut être horizontale, assise ou debout. La première de ces positions est usitée dans les bains russes « les autres ont été préférées par MM. Gales, Darcet, et Rapou, dont on connaît les travaux remarquables sur les bains de vapeur. Cette préférence est loin d'être justifiée. Quand le tronc est verticale • ment placé, la tête est dans un milieu plus chaud que les extrémités inférieures; elle est disposée dès lors à se congés^ tionner, et la température plus élevée à laquelle elle est soumise ajoute à Tinconvénient qu'ont tous les bains de vapeur de causer des maux de tète.

Il est à désirer que Ion profite de ces remarques dans les établissements d'eaux minérales, et que les malades qui pren« nent des bains de vapeur soient couchés et non assis, ainsi qu^on le pratique suivant une habitude qui n'est pas jus-* tifiée.

Faut-il que les malades soient plongés en totalité dans la vapeur, comme on (ait dans les bains russes et aux eaux minérales ? ou vantail mieux que la tête soit libre, ainsi qu'on le voit, lorsque le tronc est renfermé dans une caisse depuis les pieds jusqu'au cou ? Ce dernier système me paraît de beaucoup inlerieur au premier, quels que soient les perfectionnements que M. Rapou lui ait apportés, en facilitant la diffusion uni forme de la ^'apeur et son facile renouvellement. Cette inlîériorité dépend de la position assise, qui est ici la seule praticable, de Tinégalité de température à laquelle sont sou* mises les diverses parties du corps, et surtout de l'impossibilité dé soumettre pendant leur durée les malades aux frictions, aux percussions, aux mouvements et aux moyens que l'on

AO THAITKMENT GÉNÉRAL.

pratique dans la vapeur lorsque la chambre oi) se trouve le malade permet à un aide d'y trouver aisément place.

La température des bains de vapeur ne peut être moindre de trente-huit degrés , et ne doit pas s'élever au-dessus de cinquante-cinq. Le malade y entre lorsque l'on a obtenu la première de ces températures , et celle-ci ne doit être que graduellement élevée, en tenant compte de la susceptibilité et de rhabitude du sujet à supporter le bain de vapeur. On obtient l'élévation graduelle de la chaleur, soit par Tabord d'une plus grande quantité de vapeur dans la chambre où se trouve le malade, soit en faisant passer celui*ci dans des chambres de plus en plus chaudes, ainsi que les Arabes ont coutume de le pratiquer en Algérie.

La durée des bains de vapeur doit être au moins de dix minutes à un.quart d'heure, et ne pas dépasser quarante à quarante-cinq minutes : leur usage prolongé pendant plusieurs semaines est indispensable pour obtenir des changements utiles.

La congestion sanguine et les maux de tête que produisent souvent les bains de vapeur les rendent difficiles à supporter par un grand nombre de malades; plusieurs en sont affaiblis et en deviennent sujets à des sueurs abondantes et passives. Ces inconvénients ont conduit à en diminuer l'emploi et à répandre l'usage des bains russes, qu'on leur a presque gênéralement substitués.

B. Les moyens commodes, et praticables partout, d'administrer des bains de vapeur sont ceux qui consistent à envelopper de linges humides des briques chaudes ou de la chaux.

Le procédé parla chaux a été indiqué, je crois, par M. Serre (d'Alais). Pour le pratiquer on prend une mauvaise serviette, on la mouille et on la plie en quatre doubles, en plaçant au centre des morceaux de chaux qu'on arrose d'un peu d'eau. La chaux en passant à l'état d'hydrate dégage immédiatement une chaleur suffisante pour produire de la vapeur d'eau. Deux pièces semblables à celles que je viens de décrire sont placées dans le lit à droite et à gauche du malade et disposées de ipanièreà ne pas briller celui-ci. Aussitôt qu'il est biea couvert,

»MMi £T DOt'GUËS UË VAPEUft. Ai

il se Iroave dans une vapeur chaudeet abondante qui provoque ku^nspiration.

Quand la sueur a paru suffisante, on essuie le malade, on le chanfje de linge et on le place dans un autre lit, celui dans lequel il a transpiré étant imprégné de vapeurs et devant être desséché.

Ijors<]ue Ton ftiit usage des briques , on en prend quatre au moins; on les fait rougir daus un foyer ardent, puis on les entoure de mauvais linges plies en huit et trempés dans de Teau. Ces briques entourées de linges humides sont placées autour du malade, à une distance convenable de son corps, et Ton doit les renouveler au besoin, lorsque la vapeur cesse de se produire. Après le bain, on doit prendre les mêmes précautions que lorsqu'on s'est servi de la chaux.

Cette méthode m'a été montrée par M. RéroUe, médecin des eaux de Bourbon-Lancy.

J'ai employé ces divers procédés ; ils atteignent le but qiion se propose, mais d'une manière bien moins parfaite que les appareils que nous avons décrits. La difficulté d'en régler la température, l'absence de mouvement dans la vapeur, de frictions pendant qu'elle agit sur la peau, et Tisolenient où restent la tête et les voies respiratoires, sont les causes princi* pales de cette infériorité.

C. Bains russes. — Les bains russes sont une combinaison des bains de vapeur et des douches froides en pluie. Le ma« lade qui les prend est placé dans une chambre où l'on fait arriver de la vapeur d'eau, dont on élève graduellement la tempe* rature jusqu'à &0 ou 45 degrés centigr. Il est couché sur un lit de camp en planches, la tête un peu plus haute que les pieds; une éponge trempée d*eau froide souvent renouvelée est tenue sur son front , afin de prévenir toute congestion cérébrale. Pendant que le corps est plongé dans la vapeur, un garçon de bain le frappe à petits coups sur toute sa surface , avec un petit balai de bouleau, et fait ensuite avec la main des frictions énergiques , spécialement sur les parties doulou^ reuses. Lorsque la peau est très excitée par l'action combinée de la vapeur, des frictions et du battage, on fait tomber sur la tète et ruisseler sur le reste du corps une douche froide en ar-

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rosoir» Le maladei après avoir reçu cette dooohe pendant une ou deux minutes, s'essuie et se couche dans un lit où on Tem* maillotte dans une couverture de laine ; là il transpire abondamment pendant une heure ou deux.

Les bains russes sont beaucoup plus répandus aujourd'hui que les bains de vapeur; ils déterminent assurément une transpiration aussi abondante que ces derniers^ ils ont de plus lavantage d augmenter la puissance de résister au froid et de donner un sentiment général de forces. Ces derniers avantagea les ont fait adopter par quelques personnes comme moyens hygiéniques.

Les bains russes se rapprochent des bains hydrothérapie ques, en ce qu après les moyens qui échauffent la peau et la font transpirer, les malades sont soumis à Faction de Teau froide; ils en diffèrent cependant sous plusieurs rapports. Dans le bain russe, la chaleur est communiquée, et une vapeur chaude pénètre dans les poumons; dans lenveloppement qui précède les bains hydrothérapiques, la chaleur est simplement conservée par les couvertures, et un air froid pénètre dans les voies respiratoires même quand la sueur est abon* dante. Ces différences font que les premiers exposent plus que les seconds aux congestions cérébrales.

D. Douches de vapeur. — Les douches formées par un jet de vapeur sortant d'un vase d*eau en ëbuUition peuvent être simples et composées. Pour obtenir ces dernières on fait passer la vapeur à travers des vases contenant des substances vola** tiles; celles que Ion emploie d'ordinaire sont les plantes aro* matiques, telles que le thym, la sauge, le romarin, etc., etc.

Au moyen des douches de vapeur, ou peut produire deux eiïets bien distincts : une action émolliente , lorsque leur température est de 80 à 35 degrés, qu'elles sont dirigées lentement sur la partie malade, et qu'elles forment autour d*eUe une espèce de bain chaud. Elles sont excitantes, au contraire, lorsque leur température est plus élevée que celle du corps, qu'elles sont chargées de principes aromatiques, et quelles fï*appent avec plus ou moins de force sur un point donné de la peau. Datis le premier cas, elles relâchent l'enveloppe cutanée et produisent une douce transpiration ; dans le second, elles

TAAlTBMBtlT PAR l'eAU FflOlDË. ftS

d^erminent une rougeur plus ou uioins vive à la peau, et une ooogestion sanguine qui s étend jusqu'aux parties profondes; ] eicitatîon locale qu elles produisent peut même se commuoiquerà toute Tëconomie. Par suite de ces derniers efFets, leâ douches de vapeur stimulantes peuvent activer la résolution des engofigements froids , et nuire en donnant une marche trop aiguë à des tumeurs encore irrilées ou disposées h la suppuration.

Ait. 111. -^ Traitkmert pab l'bau proidi.

L'eau, à une basse température, peut modifier profondé-* ment les fonctions de la peau, la chaleur animale, et, en gé« néral, tous les actes de leconomie. A toutes les époques ^ on en a fait usage dans les maladies articulaires.

Chacun connaît les efFets des bains deau froide^ courts, ac compagnes et suivis d'exercice. On sait qu-après cette impression momentanée du froid et la sensation pénible qu'elle produit, la peu devient rouge , la chaleur se développe, et Ton éprouve un sentiment général de force et de bien-être.

Pour que ces résultats soient obtenus, le malade doit se plonger hardiment dans leau, y faire pénétrer la tête aussi bien que toutes les autres parties du dorps, s'y agiter, en sortir avant que le tremblement des muscles se manifeste , et faire na exercice énergique immédiatement après lebnin; la durée de celui-ci doit être proportionnée aux forces des malades et à la rapidité plus ou moins grande avec laquelle se fait la déper» dition de leur calorique. Il en est qui, au bout d'une ou deux oiioutes, ont de la peine à se réchauffer, tandis que d autres peuvent rester impunément dans leau un temps beaucoup plus long. En général, il faut essayer la puissance de réaction, et n'augmenter la durée du bain qu'après s'être assuré que dans les estais antérieurs la chaleur s'est rapidement et complètement rétablie.

Pour produire une modification profonde et durable, les iMÛns froids doivent être répétés un grand nombre de fois. Les changements qu'ils déterminent sont d'autant plus puissants que l'eauestpl us froide; et sans doute, c'est pourcette raison que

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les bains deTArve, torrent rapide qui descend des glaciers du Mont-B!anc, ont une action si puissante (1).

L expérience de tous les temps a consacré Tutilité des bains de rivitTC. Indcpendammentdes effets qui résultent de l'im* pression soudaine et momentanée de Teau froide^ ces bains oFTrent l'avantage inappréciable de la natation , dans laquelle tout le système musculaire, mis en jeu, est développé d^une manière énergique et uniforme, sans perte de sueur , sans i*e* froidissement, et avec la certitude d'une réaction efficace. De plus, les mouvements à exécuter ne nécessitent pas en général d'efforts violents, et peuvent être réalisés par les personnes peu vigoureuses ; et si des efforts puissants deviennent utiles , ils sont toujours contenus par la résistance de Teau dans des limites qui les rendent inoffensifs pour le nageur. Sous ce rapport, la natation lemporte sur la gymnastique orduiaii*e qui excite de fortes transpirations , expose à des refroidissements ou à des accidents traumatiques non moins graves.

Cependant, de toutes les méthodes d administrer Fenu froide, celle qui produit les résultats les plus puissants, est incontestablement la méthode hydfvt Itéra pu/ ue. Elle a pour cai*actères la multiplicité et la variété des modes suivant lesquels Peau froide est employée; et lart de combiner les moyens de reproduire prompteraent la chaleur avec ceux qui Tenlèvent momentanément appartient en propre à cette méthode.

1° C'est dans un établissement spécial d hydrothérapie qu'il faut se placer, si l'on veut retirer de cette méthode puissante tous les effets qu'elle peut produire.

Ces établissements sont situés à la campagne, et de préfé« rence dans des montagnes où les eaux de source sont très fraîches et très pures. Les malades peuvent y associer un exercice actif et la respiration d'un air salubre avec toutes les médications dont l'ensemble constitue la méthode.

Parmi ces médications, il en est quelques-unes que Ton peut reproduire à domicile, telles que les sudations dans la couvertui*e de laine, les frictions avec le drap mouillé, etc. ; mais il en est que Ton ne peut trouver que dans les établisse*

(i) Gazette médicale, *^^^^ P* i^i*

TRAITEMENT PAR LEAU FROIDE. ftS

meots : tels sont les buins de piscine, où la natation peut être associa à Timpressiondereau Froide ; les douches avec toutes leurs variétés de force, de direction et de volume ; les bains de siège disposés de manière à permettre un renouvellement coQtinoel d'eau. La description détaillée de tous ces procédés mériterait des développements étendus pour lesquels je renvoie aux traités spéciaux d'hydi-othérnpie, et je me bornerai à quelques remarques générales sur la méthode et sur les précamions à prendre dans son emploi.

Si Fhydrothérapie a quelque chose de spécifique, c'est parla poissaoceavec laquelle elle augmente la production de la chaleur, et uctive les fonctions cutanées. Ceux qui ont été soumis à son influence cessent de craindre le froid et d'en être défavorablement affectés. L'immunité qu^elle leur donne sous ce rapport est due à la puissance avec laquelle la calorification est augmentée. Ce résultat ne doit point étonner , car tous les éléments qui peuvent concourir à la calorification sont associés dans l'hydrothérapie avec un art que Ton ne retrouve point ailleurs. On y remarque : 1° la conservation de la chaleur naturelle dans les longs enveloppements delà couverture de laine; 2" l'excitation directe par l'impression du froid dans le bain consécutif à l'enveloppement; 3° les moyens propres à favoriser ensuite la réaction, savoir : la friction énergique sur la peau, une marche active et rapide pendant un temps assez long, et dans la marche l'accroissement simultané du mouvement musculaire, de la respiration et de la circulation. Ajoutez une alimentation substantielle, favorisée par l'accroîssement de l'appétit et des forces digestives,réloignement des affaires et des préoccupations habituelles, la répétition fréquente des mêmes exercices , et vous verrez que tous les éléments nécessaires h la calorification y sont savamment combinés.

L'impression du froid est toujours passagère et disposée de oianière à être suivie de réaction. Dès lors, sa durée et son intensité sont proportionnées aux forces du malade; très faible au début, elle est augmentée à mesure que la calorification hit des progrès.

L'harmonie entre la soustraction du calorique et la puis*

A6 TRAITEMENT GÉNÉAAL.

sance du malade à le reproduire es| loujour» observée. Si ce rupport harmonique n'exista point, si loo enlève plus de calo* rique que le malade n'en peut refiiire, celui-ci se refroidit, et le moyen que Ton emploie, loin d eire avantageux, peut être une cause d aggravation de la maladie.

2^ U est impossible de faire ua traitement hydvotlérapique complet à domicile^ non seulement parce que Ton loanque de piscine et de douches, mais parce qu'il est ditâcile, même a la campagne et en abandonnant ses affaires, d'imprimer au traitement une énergie sufifisante, si Ton n'a pas l'exemple de personnes qui suivent sans danger une méthode qui inspire, en général, autant de répugnance que d'appréhension.

Cependant, même à domicile, il est possible d'imiter assez bien ces traitements pour qu'ils rendent encoie de grands services, pourvu toutefois qu'ils soient bien dirigés et que les malades aient le courage et la persévérance nécessaires. Les pratiques que l'on peut ainsi employer chez soi, sont les suivantes :

1" Sudation dans la couverlw^ de laine^ suivie de Cimpression de l'eau Jioide, — Le malade, complètement nu, ou seulement recouvert de sa chemise, est enveloppé dans une couverture de laine épaisse et moelleuse, les jambes étendues et les bras appliqués le long du corps. C'est un véritable maillot qui l'embrasse et l'enferme hermétiquement. Les jambes et les cuisses sont entourées séparément, et l'on relève sur les pieds l'extrémité inférieure de la couverture. Cet enveloppement doit aller jusqu'au cou, qu'il entoure exactement, sons le serrer; la tête reste nue, complètement Ubre et légèrement soulevée. Une seconde couverture est placée comme la première, avec cette différence qu'elle n'enveloppe plus isolément les jambes.

Le malade, ainsi couvert, reste immobile; l'expérience ayant cependant constaté que des mouvements légers favorisent l'apparition de la soeur, il peut se mouvoir légèrement dans son enveloppe et exercer des frictions avec ses mains le long du tronc et des jambes.

Il est rare que la sueur mette moins d'une heure à se moO'- Irer ; souvent il feut beaucoup plus de temps, surtout en hiver;

TRAITBMBNT PAR LEAfJ PfiOIDE. A7

daos cette saîsoo» il est Fréquemment nécessaire d^aiig* mutBT le nombre des couvertures et même d'y ajouter un éfiredoD. Dès que la sueur commence à paraltrei il fout ouvrir la fenêtre afin que le malade respire un air frais et pur, et lui donnera boire » de quart d'iieure en quart d'heure, un demiverre d'eau froide. La sueur augmente alors rapidement, et il o'est pas rare de la voir percer le lit. Le malade peut suer pendant une ou deux heures et plus. ^

Dès que le temps prescrit pour la durée de la sueur est écoalé, le malade se débarrasse rapidement de la couverture, et il est immédiatement soumis au contact de Teau froide.

Pendant les premiers temps, on se contente des frictions générales avec le drap mouillé; plus tard on passe aux bains duns une baignoire»

V Les/ridions avec k drap niQuHU se pratiquent de la ma* oière suivante :

On imbibe d'eau froide un drap de grosse toile et on le tord ensuite légèrement, de manière à égoutter Texcès d'eau dont il Miioiprégné. La personne qui assiste le malade jette par der* rière sur la tête et le dos de celui-ci le drap déployé de manière à couvrir instantanément tout le corps. Elle le frictionne alors par derrière en frottant par-dessus le drap avec ses deux mains, le malade frictionne de la même manière les parties antérieures. On continue ainsi jusqu à ce que la réaction s'établisse, cest-â-dire qu'un sentiment de chaleur agréable remplace la sensation de froid que produit d'abord l'application du drap mouillé. £n général , la réaction s'établit au bout de deux ou trois minutes. Le malade est alors essuyé et frictionné avecun drap secou deux gantelets de flanelle ; puis, il s'habille et se livre à l'exercice de la marche pendant quelques instants pour produire et entretenir la réaction.

On peut remplacer les frictions avec le drap mouillé par des lotions générales avep une éponge trepipée dans de l'eau froide. Pour les pratiquer, le malade se place debout dans un baquet de bois peu profond et suffisamment large pour recueillir l'eau <|ui tombe au moment de la lotion, U saisit alors une grosse éponge imprégnée d'eau froide et la promène vivement sur la figure, sur la poitrine et sur toutes les parties du corps qu'il

us THAITEMENT GÉNÉRAL.

' peut alteindre. Pour que la lotion soît bien complète, il est nécessaire qu'un aide passe Téponge sur la partie postérieur du tronc. IinmédiatementaprèSy le malade est essuyé et Frictionné aVec des linges secs, il s'habille à la hâte, et il fait de lexercice pendant un quart d'heure ou une demi-heure, de manière a provoquer la réaction.

La lotion générale avec l'éponge est employée ordinairement comme moyen hygiénique et sans être précédée de la sudation.

Lorsqu'on s'est assuré que les malades reprennent bien leur chaleur après l'emploi du drap mouillé ou des lotions froides, on peut leur faire prendre le bain froid dans une baignoire.

L'immersion doit être très rapide, de manière que toute la surface du corps soit soumise dans le même instant à l'impression de Teau froide. Ce bain ne doit guère durer plus d'une ou deux minutes; le malade s'y remue vivement, s'y frictionne et y plonge la léte à plusieurs reprises. Au sortir de l'eau, on l'essuie exactement et on le frictionne avec un drap sec. Puis, une fois habillé, il fait de l'exercice comme après la friction avec le drap mouillé ou la lotion générale avec Téponge. Si son état ne lui permet pas de marcher, on le remet au lit et on le couvre bien pour favoriser la réaction.

Ces exercices sont répétés tous les jours, et ils doivent être continués pendant plusieurs mpis pour produire une modification puissante.

Sous leur influence les malades résistent mieux aux températures basses; ils n'ont plus besoin de se couvrir chaudement, parce que chez eux la production de la chaleur s'est singulièrement accrue, comme le démontre la peau qui est habituellement plus chaude , plus colorée, plus injectée de sang, en même temps qu'elle est devenue douce et halirueuse, par suite d'une perspiration cutanée plus active.

Des faits nombreux ont démontré que les bains froids précédés de sueur n'entraînent aucun des accidents désignés sous le nom de chaud et froid.

La sueur qui se développe dans la couverture de laine ne doit pas être assimilée à la sueur produite par l'exercice ; le froid par l'eau est différent du froid par l'air , et lorsque l'eau

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