‹ Traité de thérapeutique des maladies articulairesChapitre 16 sur 101 · MÉDICATION SULFUREUSE · texte numérisé non relu

MÉDICATION SULFUREUSE

âkaliiis du tube digestif. Il convient enfin d'insister sur le mode dadministration par doses réfractées, afin d'obtenir de Hatestiny sans fatigue et sans perte, les sucs nécessaires à Tabsorption.

Deux préparations de soufre semblent devoir remplir les conditions voulues, Tune, anciennement connue : le magister de soufre; lautre, plus récemment signalée : le soufre brun et viu/ueux. Ce dernier peut être le produit de la précipitation du sulfbre de cuivre par Teau régale , ou de la fusion du soufre maintenu à 160 degrés (1).

V Bains sulfureux, — Pour imiter les bains sulfureux, Tu* sage est de faire dissoudre dans leau une certaine quantité de solfbre de potasse.

Il suffit d'avoir comparé Taspect bourbeux et repoussant de ces bains avec la transparence et la limpidité des eaux sulfu« reases naturelles, pour comprendre à quel point l'imitation est grossière et éloignée du type que 1 on doit tâcher d'atteindre.

M. Anglada, dont le nom est attaché à des travaux impor^ tants sur les eaux des Pyrénées, a proposé une composition artificielle des bains sulfureux, dans laquelle il a cherché à imiter, autant que possible, les eaux des Pyrénées sous le rapport de la composition et de la proportion des principes minéraiisateurs. Voici la formule qu il propose :

Solfare de •odiam cristallisé. . • . o,ai6

Carbonate de soude cristallisé. . • o,ai6

Chlorore de sodium 0,216

Eau privée d air. 1 litre.

En multipliant tous ces chiffres par 300, on voit que la somme des sels qui seraient versés dans un bain de 300 litres, serait de i9&,ft0, sur lesquels le sulfure de sodium serait de6&,80.

Comme Tobserve M. Fontan , cette formule néglige l'acide sulfhydrique dissous dans Feau et non combiné avec la soude.

(1) Voyez le travail de M. Hatinon , Presse médicale et Bulletin thérapeu* f, i85f.

Suivant lui , il faudrait ajouter 3 centilitres d'eau hydro-sulfurëe par litre, soit 9 litres par bain.

Pour éviter les complications et les dépenses qui résulteraient de cette addition, M. Ferrand, pharmacien à Lyon, propose d'augmenter la dose du sulfhydrate prescrit par M. Anglada, et d'ajouter au bain de l'acide chlorbydrique, qui formerait un chlorure de sodium et produirait de Thydit)^ gène sulfuré.

Quoi qu'il en soit, le bain de M. Anglada paratt doué d'une activité bien inférieure à celle des bains naturels, et les additions que l'on propose d'y faire, le rendent d'un emploi difficile et d'une odeur repoussante.

Il suit de là que, dans la préparation des bains sulfureux, il faut probablement se borner aux formules généralement usitées, c'est-à-dire employer la dissolution du persulfure de potassium.

La dose que l'on adopte généralement est, pour les adultes, celle de 64 grammes, et on l'augmente successivement jusqu'à 100 et 120 grammes, quantité qui ne doit pas être dépassée.

Rien ne prouve que l'addition de l'acide sulfurique, proposée par Dupuytren , ajoute à l'efficacité du sulfure de potasse.

La baignoire doit être de bois ou de marbre , et la durée du bain de trois quarts d'heure à une heure.

3® Douches et vapeurs sulfureuses, — On voit combien il est difficile, sous le rapport des boissons et des bains, d'imiter à domicile le traitement par les eaux sulfureuses naturelles. La difficulté est bien plus grande encore, si l'on veut reproduire les douches. On peut cependant le faire en suivant les procédés que nous avons décrits page 5/i et suivantes, il suffit dajouter une certaine quantité de sulfure à Teau dont 1 ebullition produit la douche de vapeur, ou à celle qui forme la douche d'eau. Dans l'un et l'autre cas, on doit être prévenu que le soufre noircit et altère tous les métaux avec lesquels on le met en rapport.

SilÉDICATION SALINE. 65

Ait. YI. — Mi^dication ialihc.

Le type de cette médication se trouve dans l'emploi des eaux minérales salines. Ces eaux sont froides ou chaudes.

L'eau de mer est la plus importante parmi les premières ; cest celle dont Fusage est le plus répandu. On l'administre presi^ue uniquement en bains généraux; son action se rapproche beaucoup de celle des bains froids de source et de rivière. Comme ces dernières, les bains de mer déterminent, lors- ({U on les prend par immersion, une vive réaction à ia peau ; ils diminuent Timpressionnabilité au froid; ils activent les forces digestives, et donnent un sentiment général de force. La présence du sel ajoute à ces effets et les modifie profondément. Ainsi, leur effet tonique et excitant est plus grand que celui des eaux pures, quand on n'y reste que quelques instants, et si le bain est prolongé, l'absorption du sel laisse à la suite une excitation générale et une tendance à la résolution qui peuvent, dans des cas donnés, produire d'excellents résultats.

Dans l'Océan, l'impulsion de la vague produit une percussion sur toute la peau , remplace les douches de nos établissements les mieux ordonnés, et ajoute puissamment à l'actiou des bains de mer.

Les mêmes avantages ne se retrouvent point dans la Méditerranée, et les douches factices, par lesquelles on a cherché à les remplacer, à Cette, par exemple, sont tellement imparfaites, que là comme ailleurs le traitement est réduit simplement à des bains.

Il serait, sans doute, à désirer que l'on transportât dans l'administration des bains de mer les procédés que Priessnitz a introduits dans l'emploi de l'eau froide. Déjà sur les plages où Ton trouve du sable en abondance, et à Cette, en particulier, on fait prendi*e des bains dans le sable sec et chaud après le bain de mer. Il y a là une alternative du chaud et du froid, analogue à celle que l'on observe dans le passage de la couverture de laine au bain froid. Mais ce n'est qu'un essai insuffisant; et la comparaison la plus superficielle entre les procédés hydrothérapiques et ceux dont je parle, montre

combien il resterait encore à faire, pour que les unes fiisseiu aussi perfectionnées que les autres.

Les eaux salines thermales sont nombreuses et actives. Les p}us importantes en France sont, dans Tordre de leur minéralisation, Balaruc(Hérault],Bourbonne-les-Bains(Haute- Marne), Lamotte (Isère), Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées], Bourbon -Lancy(Sa6ne-et.Loire), Néris (Allier), Luxeuil (Vosges), Chaudes-Aiguës (Cantal), Plombières (Vosges), Aix (Bouches-du-Rhône). Toutes contiennent, comme éléments communs, des chlorures, des carbonates et des sulfates de soude et de chaux. Quelques unes renferment de la silice, de la magnésie et de la barégine. Leur température est variable : mais à part celles d'Aix en Provence, cette température est au moins de 36 degrés centigrades.

Les eaux salines sont administrées sur les lieux, en bains, en boisson et en douches générales ou partielles. En boisson, on les donne ordinairement à doses assez faibles pour qu'elles ne purgent pas, afin qu'étant absorbées, leur effet excitant et diurétique soit plus marqué. Comme les bains sulfureux, les bains salés excitent vivement la peau, mais ils tendent moins activement à produire une fièvre artificielle, et c'est ce qui fait que, moins utiles peut-être aux tempéramentis mous et lymphatiques, ils réussissent mieux chez les personnes irritables et disposées à la fièvre. Lorsque l'état nerveux est très marqué, ce sont surtout les eaux de Néris et de Plombières qui doivent être préférées. Il est à remarquer que les eaux thermales, qui sont le rendez-vous de la haute société de TEurope, sont en général des eaux salines, comme celles de Lucques en Italie, de Wiesbaden, d'Etns en Allemagne, etc., etc.

Traitement à domicile. — Les sels , dont l'usage à l'intérieur semble le mieux indiqué, sont ceux que l'on trouve naturel lement dans les eaux thermales, celles de Néris, de Luxeuil et de Plombières, par exemple, qui sont particulièrement usitées en boissons. Or, ces eaux contiennent toutes des chlorures, des carbonates et des sulfates de soude qui paraissent en former la partie la plus active, et la somme de toutes ces matières minérales ne s'élève à 1/500 pour aucune d'entre elles.

MÉDICATION SAUNE. 65

AÎDsi^en adoptant les analyses qui indiquent la plus grande proportion de principes minéralisateurs, on trouve sur mille grammes deau, à Néris, 1,64 de sels cristallisés; à Luxeuil 1,17; à Plombières, 0,50.

Les bains sa)és que Ton peut employer à domicile, doivent, comme les boissons, être formulés en imitant ceux des eaux minérales. L'eau de mer est le type duquel on a surtout-pensé à se rapprocher. Pour obtenir cette imitation , M. Soubeiraa conseille d'ajouter à un bain de 300 litres :

Sel marin 8,000 gr.

Sulfate de soude cristallisé, . • . 3,5oo gr.

Chlorure de calcium cristallisé. 700 gr.

Chlorure de magnésium 2^gSo gr. (1).

En additionnant ces divers chiffres, on trouve quil faut plus de 1 5 kilogrammes de sels divers pour obtenir une solution saline aussi concentrée que Teau de mer. Cependant, cette dose, assez rapprochée de celle qui résulte de toutes les analyses, lesquelles indiquent de 37 à &2 grammes de sel par litre deau, est très différente de la dose habituellement prescrite pour les bains salés, et qui est en général d\in ou de deux kilogrammes. Quel choix doit-on faire entre ces formules si oppsoées? où faut-il en choisir qui soient intermédiaires entre elles?

C est à cette dernière conclusion que conduit lanalyse des

(i) Le baio de mer artificiel préparé suivant la formule d-joîtiie ne coûte«> rait paa moins de 4o à 5o francs pour 3oo litres d*eau.

Mai» on tronve dans les résidus appelés soudes de Varech un produit infiniment pins écoQp™i<luef et qui, privé des matières insolubles qu'il renferme à Tétat bmt, aurait le double avantage d*éire moins coûteux et de représenter plus ezactem.eoC la composition saline de Teau de mer.

Cette proposition, réalisée dans ces derniers temps par quelques médecins, à Tiastigation de M. Dorvault (de Paris), parait mériter une attention toute particulière.

M. Pelletier, pharmacien à Lyon , vient de satisfaire à ce desiderata de la pratique en tirant des salines du Midi et en répandant dans le commerce, sous nue forme commode, des bains de mer artificiels^ dont les principes minéralisateurs renferment non seulement le chlorure de sodium, mais les iodures et les bromures que contiennent les résidus marins qui servent à composer cet bains.

66 THAlTEMbNT GÉMtRAL.

eaux thermales que Ton prend en bains dans des baignoires pendant un temps plus ou moins prolongé.

Ainsi, en admettant les analyses qui indiquent les plus fortes proportions et en choisissant les eaux les plus salées, oa trouve sur 1,000 grammes d'eau, à Balaruc, 11,64; à Bourbonne>les-Bains, 8,00; à Lamotte, 5,56; à Bagnères-de* Bigorre, 2,87.

D'où il suit quun bain factice de Balaruc exige 3,492 grammes de sel ; ceux de Bourbonne-les^^Bains, 2,400; ceuic de Lamotte, 1,608 ; et ceux de Bagnères-de-Bigorre, 861.

On voit par là qu'en cherchant à imiter les eaux minérales, on arrive à des proportions si diverses, que Ton est conduit à s'en tenir aux usages qui sont d'ajouter à IVau du bain, de 500 grammes à 3 kilogrammes de sel, suivant la susceptible lité et 1 âge des malades.

Ait. YIL — IfioiCAnoii iodéb.

En traitant de Tiode ^t de ses préparations, nous ne pourrons suivre Tordre que nous avons adopté dans les articles consacrés aux préparations sulfureuses et alcalines ; car nous ne pouvons prendre Tétat de Tiode dans les eaux minérales comme le type le plus parfait de ses préparations, et le mode suivant lequel on l'administre à ces eaux, comme devant nous servir de modèle dans la pratique civile à domicile. Il n'existe aucune eau dont les propriétés soient essentiellement dues à l'iode, et l'on n'a que des connaissances imparfaites sur les effets de celles qui en contiennent le plus ; de ce nombre sont les eaux de Chaltes, près de Chambéry, qui ont été découvertes par M. le docteur Domenget (1), et les eauxHuères qui ont servi à la production du sel marin.

L absorption de l'iode est incroyablement rapide. Très peu de temps après l'ingestion de Tiodure de potassium^ on peut reconnaître sa présence dans l'urine, ainsi que l'ont constaté Vallace et MM. O' Sliaugnessy, Ticdemann et Gmelin ; et ce qui n'est pas moins remarquable, c'est la vitesse avec laquelle

(i) Bulletin de V Académie de médecine, Paris, i843i t. VIII, p. 94 et

Page 1