‹ Traité de thérapeutique des maladies articulairesChapitre 17 sur 101 · MÉDICATION IODÉE · texte numérisé non relu

MÉDICATION IODÉE

1 orioe cesse d en manifester les traces aussitôtqu'on en interrompt Tuâage. En général , bien que la quantité d'iodure de potassium que le malade a prise soit considérable, quelques jours dinterraption dans l'emploi de ce remède suffisent pour (|u il n'eu reste qu'une trace légère. La sécrétion rénale n'est ps non plus le seul émonctoire qui donne issue à Tiode dans récoDomie. En administrant cette substance à une nourrice, OD la retrouve dans son lait et même dans Turine de Tenfant qaelle allaite ; on la découvre toujours dans la salive, et Ton a constaté sa présence dans les larmes de plusieurs malades affectés d'iritis avec larmoiement. Ces observations sont dues à Woeliler ; elles ont été confirmées par les recherches de M. PéligoL

Quelques expériences récentes ont démontré que les mêmes phénomènes d'absorption et d'élimination peuvent être obtenus par la respiration des vapeurs d'iode ou par celle de Téther iodhydrique.

Cependant la faculté d'absorber l'iode, reconnue aux muqueuses digestive et pulmonaire, est généralement refusée aux autres parties du corps. Tous ceux qui ont écrit sur l'emploi chirtu*gical de cette substance ne lui reconnaissent qu une action locale. Stûvant eux, lorsqu'on l'applique à la surface d*un ulcère ou qu'on l'introduit dans la cavité d'une séreuse, elle »e borne à modifier les tissus avec lesquels elle est ea coutaci ; elle ne pénètre point dans le sang et ne modi6e point l'ensemble de la constitution.

On peut voir le résumé de ces opinions dans l'ouvrage le plus récent et le plus complet sur la matière, la Monographie du iodiques, publiée en 1850 par M. Dorvault. Cet auteur, résumant ses propres opinions et celles de ceux qui l'ont précédé, alfirme (p. 216) que l'iode n'est absorbé ni à la suite d'un pansement, ni après les injections dont ce métalloïde est la base; il insiste avec Lugol (p. 215) pour établir que le traitemeui externe par les iodiques est sans influence sur les maladies scroiuleuses constitutionnelles, et ne peut en rien dispenser duu traitement interne et général.

M. fioinet, auteur de recherches utiles et justement

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remarquées, sur les injections iodées dans les abcès par con* gestion, ne se borne pas à nier labsorption de la teinture d'iode laissée en contact avec les parois du foyer purulent ; il dit que cette teinture les cautérise et les modifie de telle manière qu'elles ne peuvent plus absorber les éléments putrides que pourrait fournir le pus, s'il se décomposait au contact de lair. En niant ainsi l'absorption de Tiode à la surface des ul- *cères ou des cavités closes, ces auteurs émettaient une assertion contraire à toutes les lois universellement admises sur les propriétés absorbantes des tissus vivants. Leur opinion devait donc éti^ soumise à un examen expérimenial. Ccst ce que j ai fait en recherchant Tiode dans les produits excrétés, lors* qu'il avait servi à des pansements ou à des injections. Il m'a été facile alors de constater que les réactifs en décelaient la présence dans les urines, dans la salive et la sueur, et qu'il y pénétrait aussi facilement et en aussi grande abondance que lorsqu'on l'introduit dans les voies digestives.

De ce fait, que l'iode localement appliqué pénétrait dans le sang en quantité, souvent considérable, à l'idée que Técono* mie tout entière devait être modifiée par de simples pansements, il n'y avait qu'un pas. L'observation n'a pas tardé à confirmer cette présomption ; elle a montré qu'à l'aide de précautions spéciales, les pansements indiques excitaient momentanément toute l'économie, et développaient, à la longue, l'appétit et les forces aussi sûrement, et peut-être avec plus de promptitude et d'évidence, que les boissons qui contiennent de l'iode et de l'iodure de potassium.

. Cependant, la possibilité d'agir sur toute l'économie lorsque l'on peut faire absorber l'iode par des solutions de continuité naturelles, l'avantage d'éviter dans ces cas toute fatigue des voies digestives, conduisaient à rechercher si l'on ne pourrait pas obtenir les mêmes résultats lorsque la peau est intacte. La question ainsi posée, la méthode endermique en offrait la solution naturelle : il suffisait, pour imprégner l'économie d'iode, de déposer celui-ci, chaque jour et pendant un certain temps, sur la peau dépouillée d'épiderme, ou à la surface d'une plaie produite artificiellement.

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Ces idées ro'oiu conduit à une série d'expériences sur rabsorption et les effets généraux de l'iode administré par la méthode endermique. Ce corps a pu être constamment trouvé, quelques heures après son application sur des vésicatoires , dans les urines et la salive (1), où sa présence en grande quantité a pu être constatée à chaque instant du jour, pendant toute la durée des pansements quotidiens.

Cependant, les résultats obtenus devaient varier et ont varié, en effet, suivant le genre de préparations mises en usage.

CTest la pommade d'iode iodurédu Codex qui semble le mieux assurer Tabsorption. Tous les faits que j ai recueillis ont été observés pendant son emploi. L'iode en vapeur, sui» vaut le procédé de M. Goin, réussit très bien également. Il n'en est pas de même de la teinture d*iode. Si l'absorption en est évidente, lorsqu'on la laisse à demeure dans les cavités closes, die est incertaine à la surface des vésicatoires ; elle est presque inappréciable sur les ulcères.

Toutes ces recherches, en éclairant la question générale de la médication iodée, ont influé très puissamment sur la thérapeutique des graves maladies articulaires (2) : ainsi, Fabsorp* tioD de Fiode, incorporé à laxonge, a été rendue plus active et plus efficace dans les tumeurs blanches sans suppuration,

(t) Poor constater cette absorption il suffit de verser dans le liquide à ezaaaioer, d'abord nne solation d'amidon faite à chand, puis quelques gouttes de Bqueurde Labarraque ou d*bypochlorite de soude; le chlore que renferme ce dernier réactif dégage Tiode des combinaisons qu il contracte toujours dans les liqvidesde Téconomie, et le met dans l'état de liberté où il peut a(«ir sur Tamidon ci le colorer en bleu. Ces expériences s'exécutent avec tant de rapidité, qu'on peut les répéter plusieurs fois et sans perdre de temps, dans le cours d*VDe viaiie d'hôpital.

Non seulement on peut, à leur aide, constater Teiistence d'un iodure, mais elles permettent de juger approximativement quelle en est sa proportion. Quand oelle-ci est très faible, la teinte bleue est légère et dispnratt immédiatement. Une proportion un peu plus forte se manifeste par un bleu plus intense et par use peraiatance qui vaiie de quelques secondes à quelques minutes. Enfin, dans de9 cas exceptionnels, le bleu se rapproche du noir, et l'iodure d'amidon eonservtf, malgré l'action de l'urine qui tend à le décolorer, la couleur qui lui est propre, pendant un temps qui peut aller jusqu'à un quart d'heure.

(3) Voir, poar pins de détails sur ce sujet, le mémoire que j'ai publié dans ta GuztiU médicêUe dt PariSf en mai i85a.

dès qu'on a eu soin de le déposer sur des solutions de continuité produites par des vésicatoires ou des cautérisations; ainsi, Tcxistence ou Tabsence de ce métalloïde dans les urines a donné une des règles à suivre dans les injections que réclament les abcès froids des jointures. On a dû attendre, pour revenir à ces injections, qu^il ne fùt plus reconnaissable dans les produits de sécrétion, et par conséquent, qu'il fût entière* ment éliminé. Enfin, dans le traitement des abcès et des vastes ulcères qui succèdent à leur ouverture , on a vu que l'amélioration de la santé n'était possible au moyen de Tiode locale* ment appliqué, qu'à la condition d'en entretenir, pendant un temps variable mais toujours très long, une absorption telle que les urines pussent passer constamment à un bleu intense, sous l'influence des réactifs appropriés.

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