‹ Traité de thérapeutique des maladies articulairesChapitre 26 sur 101 · CHAPITRE ftnUll»B · texte numérisé non relu

CHAPITRE ftnUll»B

DlFFOUMfTÉS SIMPLES DES ARTtCULATIOXS.

Il est des difformités qui sont la conséquence de maladies articulaires proprement dites, comme les arthrites et les tumeurs blanches; ce sont celles que M. Jules Giiérin a désignées sous le nom de difformités arihralgi^ues, l\ en sera question spécialement dans d'autres chapitres.

Je m'occuperai aussi plus loin des directions vicieuses qui sont dues au rachitisme.

Les difformités simples dont je veux parler ici , comme l«s pieds bots, les torticolis chroniques, les luxations congénitales du fémur, sont indépendantes de toute maladie articulaire proprement dite et de toute affection constitutionnelle ; on y trouve le type de la dâfformité redite à ses éléments Us plus simples.

MffMinTÉi iiiinjt. 417

Les uneSf comme les luxations congénitales du fémur, consistent esseitltflllMiient dans an «hangement de rapports entre les surfaces articulaires; je me bornerai à les indiquer ici. Je traiterai d'une manière spéciale, à 1 article Hanche^ de la seule de ces luxations qui ait été pratiquement étudiée.

Les autres diffionnités simples se réduisent à des changements de direction» en général produits et enti*etenu$ par une rétraction convulstve des muscles. On peut leur opposer isolément chacune des méthodes de redressement qui ont été successit'ement imaginées ; mais, à moins de trouver des cas faciles, par suite du peu d'étendue de la difformité et du jeune âge du sujet, on ne réussit avec certitude quen associant toutes les méthodes de traitement et les combinant entre elles dnne manière convenable. Voici l'ensemble des opérations qn on doit feire dans la plupart des cas :

i* Couper, par la méthode sous-cutanée, tous les tendons et tous les muscles qui maintiennent chacun des éléments de la difformité, et, immédiatement après cette section, impri* mer aux os des mouvements énergiques pour en opérer le redressement immédiat : cette partie de Topérotion sert k rompre les adhérences qui pourraient s'être formées entre les surfiaces articulaires, et à détruire les fibres qui auraient pu échapper à Faction dn ténotome.

2* Les parties ayant été ramenées à la direction qu'elles avaient avant Topération , on les maintient en repos pendant cinq ou six jours.

f On passe ensuite an redressement graduel, à l'aide d appareils appropriés.

4* Le redressement obtenu , en d'antres termes la direction et la fbrroe ayant été rétablies, il font s'occuper de la fonction. Le tmilément physiologique soccède ainsi au traitement anatomique.

Je renvoie au ebapitre général sur ces deux ordres de traiteasenl tout ee qui est relatif aux sections sous^cutanées et anx appnreila propres ft assurer le repos, le redressement et le GMieiMNinement des jomcures. Aux articles PtWs bats, Tar^ tmHê tktnmifHêê^ je compléterai cette exposition trop gé* Aéraie.

108 DIPromiTÉS RiieBITlQUES.

€HAPIT«B SEPTlionB.

DIFFORMITÉS RAGHITIQUES*

Dans Tétude du traitement comme dans celle de 1 évolution du rachitisme, on peut distinguer, avec M. Guérin, trois pé* riodes : 1* celle où lafFeclion générale débute et n'est accompagnée d'aucune difformité; 2^ celle où les difformités se produisent, s'accroissent et coexistent avec l'afTection générale toujours persistante; 3^ enfin la période où la santé étant rétablie, les difformités subsistent seules.

Dans la première période, un traitement général coDstitutionnel est seul indiqué. Dans la troisième, il n'y aurait à mettre en usage que des méthodes locales de redressement, si la dureté que les os ont acquise alors ne les rendait pas en général insuffisantes. Dans la seconde période^ celle où Ion observe tout à la fois une affection constitutionnelle et des lésions locales, un traitement général doit être associé au traitement local. Comme ces deux méthodes peuvent trouve^ leur application dans les autres phases de la maladie, je me contenterai de les exposer une seule fois.

1"* Traitement local. — Dans le traitement local des difformités rachitiques, difformités dont les genoux en dedans offrent le type très souvent observé, les sections tendineuses ne sont que rarement indiquées, et n'ont, dans tous les cas, qu'une importance accessoire. Il n'y a pas lieu, dans les opérations rares qu'elles peuvent nécessiter, de rompre des adhérences; celles-ci ne se forment pas entre les surfaces articulaires, et les traitements propres à en rétablir le jeu ne sont pas de grande importance, les cartilages gardant leur poli, et les articulations leur souplesse.

Le traitement local doit se borner en général à des manipulatioDS et à l'emploi d'appareils convenables. Ceux-ci doivent, autant que possible, être de deux ordres : les uns solides et pesants, applicables aux malades couchés; les autres por* tatifs et propres à maintenir pendant lu station debout les résultats obtenus pendant la station horizontale. T.eur usage

DIFFORMITÉS RACHITIQtJBS. 109

doit être continué même nprès quele redressement est obtenu. (Voyez 1 article Genbux en dedans,)

2* Traitement général. — Les expériences de M. J. Guérinont &it connaître l'influence puissante qu exerce sur la production du rachitisme une alimentation disproportionnée avec les forces du jeune âge. Il a démontré que la cessation prématurée de rallaitemeut , son mélange avec une proportion trop abondante d^aliments autres que le lait, et plus tard labus de la viande et, en général, celui des aliments trop substantiels^ peuvent être cause du rachitisme. Comme preuves des inductions qu'il avait déduites de Tobservation des malades, il a cité des expériences faites sur des chiens à la mamelle, qu'il a pu rendre à volonté rachitiques, en remplaçant de bonne heure I allaitement par la nourriture qui ne convient qu'à des animaux plus ngés.

Ces remarques importantes, conBrmées par plusieurs ob* servaieurs, et en particulier par M. le professeur Trousseau^ conduisent à prescrire aux enfants rachitiques une nourriture douce, en rapport avec leur âge, et sans addition de viande; à leur donner uniquement du lait dans les premiers mois, et plus tard des soupes de pain d orge, d avoine, de pommes de terre, de gruau au beurre on au lait, des o^fs à la coque ou en lait de poule, du poisson, etc.; enfin à diminuer Tabon^ dance des aliments que la plupart de ces petits malades prennent avec une voracité qui contraste avec leur faiblesse.

L utilité du régime maigre et peu abondant est encore dé* montrée parla fièvre à laquelle sont en proie tous les enfants rachitiques; cette fièvre est souvent méconnue, parce qu'elle 0 existe pas durant le jour : mais que l'on observe les malades pendant la nuit, on verra qu'ils sont agités, que leur pouls csi fréquent , leur peau sèche et brûlante.

Évidemment, en présence de cet état fébrile , on ne peut prescrire le régime substantiel et tonique que recommandent encore quelques auteurs.

Cependant , l'alimentation prématurée né suffit pas à elle ^ule pour produire le rachitisme; il faut que les enfants qut y sont soumis demeurent dans des habitations étroites, mal aérées , qu iU ne fassent pas d'exercice , &t <{ue les soins de

tlO mrrouiiTÉf ■achitioum.

propreté toimt négligés. Chacan tmî qut c'est deos TtitsMi* ble de ces conditions défavorables que se produiseol les dé* formations rachitiques^ fréquentes surtout dans les classes pauvres des grandes villes.

La première conclusion à déduire de ces fiiits est la néces* site d'une hygiène convenable , dans laquelle les soins de propreté , lexercice au grand air « le séjour a la campagne, tiennent le premier rang.

Quant aux traitements spéciaux que Ton peut ajouter aux précautions hygiéniques, il est facile de les déduire des cau§ei et des symptômes de laflection rachitique. Gomme nous venoQB de le voir, Tinortie des fonctions musculaires, la respiration d'un air insuffisant, laccomplissement imparfoit des fonctions de la peau , président au développement de la mais* die. L'observation démontre aussi chez ceux qui en sont al* teints un alanguissemcnt de toutes les fonctions respiratoires, cuunées et nutritives : de là l'indication de toutes les méthodes physiologiques propres à donner une grande énergie à ces fonctions.

Sous ce rapport, on prévoit sans peine que le rachitisme peut être traité avec avontage par les bains que rendent excitants soit le mouvement et la température de 1 eau , soit lei substances salines, sulFurenses, alcalines ou aroma tiques qui y sont dissoutes, et par les fi*ictions générales qui ont pour effet de réveiller, de ranimer, dans la peau, la circulation et la calorification languissantes. On comprend Hinportance de la gymnastique, qui développe la nutrition en général, et le système musculaire en particulier ; on apprécie, enfin, rutiiiU du bain d air comprimé , qui active si remarquablement les fonctions respiratoires.

L'expérience confirme toutes ces inductione et détoontre que ce sont ces méthodes physiologiques longtemps continuées et soigneusement combinées entre elles qui assurent le plus de succès dans le traitement du rachitisme.

En se plaçant i un point de vue onalogue, quoique un peu différent, M. Pravax(l) s est appliqué ù démontrer que les

(i) Ettmi méJicml m»f ttmpim ée tmit fmftfimé, ffsrii, i8So.

UlFFOaUlTis ftACaiTIQUKS. 111

Wàtti du ruchîtisine avaient surtout pour effet dé ralentir le reoonvelleineat des luatériaux de 1 organisme» et que la foiv nuie du traitement devait être Tactivité plus grande imprimée à la rénovation organique. Ces considérations l'ont conduit à ioaster sur les avantages du baia d*air comprimé. Lu consommation abondante d'hydrogèue et de carbone qui se produit dam ce cas hâte merveilleusement cette rénovation organique qui fait la base de la cure du rachitisme comme celle de toute ijygiène capable de produire des guérisons.

Eit-il quelques remèdes spéciaux en dehors des méthodes physiologiques qui puissent être utiles dans le rachitisme? M. Jules Gnérin, qui fait jouer un grand rôle à des humeurs acides dans la production de cette maladie, recommande les alcalis à Textérieur et en boissons; et Tou sait aujouixlliui à (|uel point Thuile de foie de morue, primitivement employée chez les peuples duNoi*d, s est répandue dans la pratique ordinaire : on la donne à la dose de une, deux et trois cuillerées abouche par jour, suivie d'une infusion aromatique, et Ion en continue Tusage pendant plusieurs mois. Cette huile est d'une incontestable utililé, et, sans doute, si elle a une supériorité snr les autres remèdes, c est qu'indépendamment de 1 action médtcsmenteuse qu elle peut avoir, elle modifie les fonctions or(;aniques. Sous son influence, lappéiit devient moins vo« nce, et sans doute, comme tous les corps huileux, elle fournit i la respiration des mauh*taux qui rendent celle-ci moins ini* parfaite.

Dans cette étude des remèdes applicables au rachitisme, il M faut pas ouUier les amers, et, en particulier, les prépara** tioos de quina ; celles«*ci sont surtout indiquées pour la fièvre ftvec redoublement le soir, dont il importe de prévenir les retours.

Parmi les moyens qui viennent d*étre énumérés, il en est qui ^^ peuvent être que d*un usage exceptionnel : tels sont les ttux minérales, satines et sulftireuses; les bains d air comprimé, (pie l'élévation de leur prix rend inapplicables aux classes pan« vres, dans lesquelles le rachitisme est fréquent. Il en est d au« très qui trouvent Aieilement leur place dans la pratique ordi« Aaire; ceux que je conseille surtout sont le sirop de quina et

112 RHUMATISME AnTJC(iLAIftE AIGU.

rbiiile de foie de morue à rîntérieitr, les frictions faîtes sur -ioiu le corps, matin et soir, assez loogteaips pour iaire rougir la peau, avec Teau-de-vie ou l'eau de Cologne. Je fiiis aussi un grand usage des frictions générales précédées de l'enveloppement dans la couverture de laine et faites avec un drap trempé dans de 1 eau froide. Ces frictions, pratiquées suivant les pro*cédés décrits p. 66, peuvent être continuées chaque matin pendant plusieurs mois, et si TenÊint se réchauffe bien, on peut les remplacer par un bain froid d'une à deux minutes. Ce traitement active la transpiration, la calorification et la circulation de la peau; il rend, suivant les vues de M. Pravaz, la rénovation organique plus prompte et plus complète, et la théorie lui est, ainsi, favorable autant que l'expérience.

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