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FRACTURÉS ET LUXATIONS

DMtpas besoin d\ine nouvelle description, quelques remar^ qoes sappléraentaires sont cependant indispensables»

Pour que la réduction de la fracture ou de la luxation soit assurée, il faut maintenir les os dans une direction inverse k celle où l'accident s'est produit. Ainsi , pour suivre les exemples cités plus haut , après la réduction des luxations de Tépaole, le coude doit être maintenu au-devant de la poitrine, et dans la rotation en dedans; ainsi la flexion doit être con« servée, après qu'on a réduit les fractures de l'extrémité inférieure du radius qui ont été la suite d'une extension forcée.

Les appareils qui maintiennent la réduction peuvent être les gouttières ou les bandages amidonnés qui assurent le repos des articulations (voyez page 12 et suivantes). Cependant, si un chevauchement est à craindre, comme dans les fractures du col du fémur, ou s'il y a tendance à Técartement, comme dans les fractures de la rotule et de Tolécràne, quelques dispositions accessoires sont nécessaires pour écarter ou pour rapprocher les fragments.

Il va sans dire qua I9 suite des fractures et des luxations, l'immobilité doit être maintenue pendant le temps nécessaire pour que les parties divisées aient pu se réunir; ce temps doit être aussi court que possible, afin de prévenir Tankylose.

Lors même que les fractures et les luxations sont anciennes, qa^dies datent de deux ou trois mois, et, à plus forte raison, d'un temps plus court, on peut en tenter la réduction. Les pro« cédés à suivre sous le rapport des tractions, des pressions et des mouvements, sont les mêmes (jue ceux que réclament des lésions plus récentes; mais, comme les difficultés sont beau* coup plus grandes, des précautions spéciales sont nécessaires. Deux méthodes sont ici en présence : 1® celle des tractions douces» graduées et longtemps prolongées; 2^ celle de la rupture violente du cal ou des adhérences qui maintiennent les os dans des rapports vicieux.

Après bien des essais, je n'hésite point à me prononcer pour cette dernière méthode : c'est la seule qui réussisse et la seule qui soit eu rapport avec la nature des obstacles que l'on doit vaincre. £lleest d'une parfaite innocuité, pourvu que les os soient assujettis dans le repos, sans compression douloureuse,

lOS LÉStOMS ftUITl OB LllMOBILITÉ.

auMÎlôt après qu'elle • été mise en nsage* Eo parlant des an* ciennes luxatioos dn coude et de Tépaule, et des frectnret de 1 extrémité infiérioare do radias, je citerai des exemples à i appiiî de ces principes.

La rédaction opérée et le repos maintenu pendant un tempa convenable, il faut s'occuper de rendre à larticulaiion set mouvements perdus. Le rétablissement des fonctions est rendu difficile par Tulcération des ^ urbces articulaires dana totu les points oii oeUes*ci se sont longtemps comprimées. Dans ces cas, les mouvements artificiels sont indispensablea pour prévenir lankylose et rendre aux surfaces articulaires leur forme et leur poli. Les appareils ima(pnés pour lea rendre plus feciles rendent alors les plus grands services : c'est surtout après avoir réduit d'anciennes luxatiou du coode, que j en ai constaté les remarquables avantages.

CMAPIVIIB CIKVVlBHK

LÉSIONS SUITB DE l'iMMOSIUTÉ.

On sait que lorsque des membres ont été longtemps fédoîia è l'inaction la plus complète, pour le traitement d'une fracture par exemple, les articubtions immobilisées s'engotgeM, s^enniidissent et deviennent impropres h remplir leurs feiietions : il n'est aucun chirurgien qui n'ait vu, A la suite des frne* tares de cuisse, le genoo gonflé, douloureux, et qui n^nit observé les hydarthroses de sa synoviale pendant le traitement de ces solnticms de continuité. Chaque jour on répète les mêmes observations sur les articulations do pied à la soita des fractures de jambe. Cbes les vieillards, toutes lea anteulatioDS dtt membre immobilisé peuvent s'altérer sîmnltanémeot ; ainsi, à la suite des fractures du col du femor qui exigent un long séjour au lit, on voit le genou , la grande et les petites articulations du pied s'enroiilir el s'engorger. J.«L. Pstit û% HuBter ont fiiit les remarques que noos reproduisons ici*

Les cluingements que l'observation clini4(iie fait reconnaître daM U volume et la flexibilité des articolatioas longtemps

LÉSIONS HUITE DE LIMMOBIUTÉ. iO&

immobilisées ooïocident avec des lésions matérielles. M. Teis* sier, d« Lyon(i)9 a démontré que pendant le coars du second, do troisième et surtout du quatrième mois d'immobilité, il é formait des épanchements de sérosité claire ou sanguinolente, des sécrétions de fausses membranes d'un aspect scorbutique dans les cavités synoviales et les tissus environnants; que ceux-ci étaient le siège d'injections dapparence passive, et que les cartilages gonQés, ramollis, et d'une couleur jauDÉtref présentaient des ulcérations plus ou moitis étendues.

Quant aux efFets éloignés de Fimmobilité, on savait depuis longtemps qu ils pouvaieutaller jusqu àrankyIose,et M. Jules Cloquet (2) avait signalé comme précédant Tankylose com*' plète suite de Timmobilité, Tulcération et même Tabsorptiôn complète des cartilages, ainsi que la transformation fibreuse des membranes synoviales, dont les feuillets contigus deviennent adhérents par un tissu de nouvelle formation.

Quel est le traitement des roideurs et des lésions suite de l'immobilité (3)?

L'expérience de tous les jours démontre, ainsi que le rai^

(i) GéoelU médicale éê Pmfûh iS{ f .

(>) Dietîannttire de médetinê en 3o Tolamef, art. AmiTLosi.

(3) En atcribajint à l'immobilitë les lëtiont signalées par M.Teissier 4«iis les ftbjenratioos que j'ai pitbli^ea (*), je maintient une opinion qni est foin d'être généralement admise. Cependant, comme elle serf de base è one grande partie de la thérapenliqae conseillée dans cet ouTrage, je crois devoir esami* aer lea okjecttom qui lai ont été adressées par divers antenrt.

Snivant M. Malgaigne (**), les lettons observées par M. Tciitster éiaiem deet à ee qoe Ira membres frartorés av.iient été maintemis dans rexteirsion ; et HM. Deaorarillim el Gntseltn(***) les ont aUribuées à ene inSanMnafion qni •a aérait propadpée de la fractore a«x msrfaeet arcicelairet.

Sana deata, comme Fa fait observer M. Malgai(|;ne, l*ei tension do geiton a •lé naînteniie dans les sii cas deliraelnre décrits par M. Tcissier; sans donre aami, rextensioo de geeoe en favorite Tanltylote, puisqu'elle maintient entre la tibia et le fénrar àen rapports plot intimes qee ne le fait la lexion. Mais il y a lots d*mie oondiiton ftivorisant certaines lésions à la came même de cet lIsioDs. f * En effet, ti IVxtenston était la caoee àtê lésions rapfN^lées plus h^n%^ aalea-ri ne t'nbservéraient an genea que là où le tiliia presse sur le femar ; or, jl n*en t%i pas ainiii, puisque le cul- de- sac su«i-roialien de la syneviale est ten gravement aliacfé^ ai que la rotele, qui se toolévc pemtaiit restensien,

(•) Trmitéâes maladies âêâ tkrtUmiatiûm*, 1. 1, p. 7t. (*•) Trtdtê éêi ftàtUtrié êi dté triicattûni, furis tS47. (***) Comptméimm de chirurgie pratùf ne.

104 LÉSIONS SUITE DE L HtfMOBILITé.

sonnement, que c'est le mouvement gradueltement atiginenté qui en forme la partie essentielle. C'est pendant le séjour au lit et pendant que les surfaces articulaires ont conservé les tnémes rapports entre elles, que le mal s'est accompli. C'est donc par la station debout, par la marche et par les mouve* ments, qu'on doit s'appliquer à la combattre.

est plas altérée, aimi que la face correspondante du fémur, que ne le sont lc& surfaces continues du fémur et du tibia.

a* Les ulcérations des cartilages^ les injections de la synoviale s*observent dans les petites comme dans les grandes articulations du pied, et cependant ces jointures, (out en restant immobiles, Q*ont pas été maintenues dans l'extension.

L'idée de la propagation aux jointures voisines de l'inflammation développée dans la fracture elle-même, et qui a été adoptée par MM. Denonvilliers tt Gosselin, avait été réfutée par avance par M. Teissier. Cet auteur écrivait en effet : i" Nous avons montré que ces altérations se rencontrent dans les articulations les plus éloignées de la fracture, par exemple, dans celle du con-de* pied, du tarse, du métatarse, et même des phalanges, quand la solution de continuité existe à la cuisse, sans que pour cela les cylindres osseux qui les séparent présentent des traces d'inflammation, a^ Quand la fracture sirge au col du fémur, si l'objection était fondée, on devrait trouver les lésions principales dans la hanche. Eh bien, ce n'est pas ce qu'on observe; car, dans ces cas même, on ne trouve ordinairement rien de pathologique dans la hanche, et c'est dans le genou, voire même dans le pied, que se rencontrent les lésions les plus graves. Cette différence dans les résultats ne s*explique-t-elle pas tout natordlemeot par cette circonstance, que dans les fractures du col du fémur, il est très difficile d'assujettir à Fimmobilité les articulations coxo-fémora les, tandis qu'il est facile d'empêcher le genou et le pied d'exercer le moindre mouvement^

MM. Denonvilliers et Gosselin ajoutent que si les altérations dépendaient de l'i m mobilité, on devrait les observer à la suite des longues paralysies. Or, c'est là précisément ce qui a été observé : a Sur des individus qui étaient restés fort longtemps au lit dans la même position, dit M. Cloquet, pour des paralysies, j'ai plusieurs fois observé les changements qui surviennent dans les articulations et en déterminent l'ankylose. » De son c6té, M. Teissier a fait, à l'hospice de la Charité de Lyon, des observations qui démontrent que c'est bien à Timmobilité prolongée des jointures, et non à la propagation d'une inflammation qui aurait son point de départ dans les fractures, que sont dues les lésions articulaires qu'il a rencontrées; car il a vu des vieillards traités, sans appareils, de fractures du fémur, qui ne présentaient, après plusieurs mois de séjour au lit^ dans lequel ils avaient pu se mouvoir en divers sens, aucune altération dans le% jointures du membre fracturé.

La relation la plus évidente existe donc entre l'immobilisation et les lésions que M« Teissier lui a attribuées; mais si quelque doute pouvait encore rester sur cette étiologie, il devrait être levé par les effets du traitement qui est exppfc pins loin.

LÉSIONS SUITE DK l/lMMOItlLlTË. iOS

Celte praiK|ne est suivie tous les jours. Lorsque les fractares sont consolidées, Jes malarlos se lèvent; ils marchent, aidés de béquilles et de cannes, pendant un temps augmenté chaque jour ; ils font des eflbrts pour mouvoir les jointures eoroidies ; et, dans les cas ordinaires, cet exercice graduel des fonctions suffit, en un mois ou deux, pour faire disparaître les conséquences de l'immobilité. Dans ce retour graduel à Yexercice des fonctions normales, on observe des phénomènes qui méritent detre examinés. Chaque fois que le malade se lève, Tengorgement des membres inférieurs et de leurs articulations augmente, et chaque nouveau mouvement produit de la douleur. Cet accroissement momentané des symptômes ne fait abandonner ni la station ni le mouvement; il conduit seulement à en limiter la durée, en la proportionnant aux forces du malade. Car Texpérience prouve que les mouve* ments et la marche sont les seuls moyens de dissiper les symptômes , bien f|u ils augmentent momentanément l'engorgement et qu'ils produisent des douleurs passagères.

Ces obser^'ations ne doivent pas être perdues de vue, si Ton a besoin de recourir à des médications plus actives, et, en particulier, aux mouvements artificiels, dont le premier effet est ooe douleur plus ou n^oins vive.

Si le retour graduel aux fonctions qui ont été interrompues pendant que le malade était soumis à Timmobilité ne suffit pas pour en dissiper les effets, on doit recourir à tous les moyens à laide desquels on fait mouvoir les os les uns sur les autres; la peau sur les aponévroses, et les aponévroses sur les muscles, c^est-à-dire aux frictions, au massage et aux mouvements artificiels produits, soit avec les mains, soit à Taidc d appareils spéciaux. Ces exercices doivent être répétés une, deux et trois fois par jour, pendant un quart d'heure à une heure chaque fois, et en prenant les précautions qui ont déjà été indiquées, page 17, et qui seront mieux précisées dans les articles spéciaux à chaque jointure. Les douleurs momentanées qu'ils produisent ne doivent pas empêcher de revenir à leur emploi ; seulement on doit attendre que la chaleur, le gonflement et les souffrances c|ui en ont été la suite immédiate, soient dissipés»

f tS »trronMiT<8 simples.

On devine sans peine que cest dans les lésions suita de rimmobilitét que les appareils de mouvement montrent toute leur supériorité. Les faits f|ui démontrent les remarquables avantages que ton en peut retirer sont aujourd'hui extrêmement nombreux; et à ceux que je pourrais citer personnellement je puis en ajouter un grand nombre qui sont empruntas à la pratique de MM. Barrière Desgrange eC Valette.

Indépendamment de Texerciee des fonctions qui constitue le traitement spécifique des effets de Timmobilité, on peut i*ecourir à toutes les méthodes qui ont pour but d'assouplir les tissus. Ainsi, les frictions avec des huiles de diverses natures, les douches d eau ou de vapeur, peuvent être utilement employées. Il nest pas d*eau minérale dans laquelle on n*ait obtenu des résultats heureux dans des cas de ce [;enre; et les établissements où Ion réussit le mieux, sont incontestablement ceux où Ion réunit le massage et les mouvements artificiels aux bains et aux douches d'eau et de vapeur. Sous ce rapport, les eaux d'Aix, en Savoie, et de Bonrbon-Iinncy (S:ione^t- Loire), me paraissent surtout dignes d'être signalées.

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