A LONDRES, CHEZ H. BAILLIÈRE. ^19. REGENT 8TREET
A NEW-TOBK, CBRZ H. BAILLIÈBB, 290, BBOADWAT;
A aAMIlD, CBRE C. BAILLT-BAlLLlftlB, GALLE DEL PElHCirS, 11.
\ INXllODUCTION."-
lie traité que j*ai publié en 184.') sur les maladies des articulations a été boooré par l'Académie des Sciences de lun des prix Montyon; M. le docteur Krupp en a publié à l^eipsick une traduction allemande, et la plupart des auteurs qui ont écrit sur la cbirui^ie en ont tenu compte dans les articles consacrés aux sujets spéciaux dont je m*étais occupé.
Cet accueil bienveillant ne ma pas empécbé de reconnaître les lacunes et les imperfections de mon œuvre ; et, conduit cbaque jour à sentir Tinsuffisance des mé* tbodes de traitement que j avais exposées, j'en ai constamment recherché de plus puissantes et de plus sûres. Secondés par les découvertes importantes qui ont enrichi, dans ces derniers temps, la thérapeutique articulaire, mes efforts n ont pas été sans résultat, comme ont pu le constater ceux qui depuis quelques années ont suivi le mouve* ment de la chirurgie contemporaine.
Cependant ces travaux récents, épars dans des recueils périodiques, sont difficiles à consulter; et il importa d'en réunir lexposition et lexamen aux acquisitions de la science qui remontent à une époque plus éloignée. J 4 ouvrage que je publie aujourd'hui a pour but de satisfaire a ce besoin : on ne doit pas le considérer comme une seconde édition de mon Traité des maladies des articu* lations^ auquel je renvoie pour Tétiologie, le diagnostic et lanatomie pathologique; cest une œuvre nouvelle, exclusivement consacrée aux questions thérapeutiques.
Quelque étroite que cette limite paraisse au premier
Il INTRODUCTION.
abord , mon travail reçoit de Tordre d^idcee dans lequel il a été cooçn un véritable caractère de généraiité. I^es méthodes cmtUives n'y sont présentées que comme une déduction des sciences qui ont pour objet la structure et les fonctions des organes , de celles qui traitent des causes et des lésions, et, enfin ^ des doctrines médicales ellesmêmes. Je suppose le lecteur familiarisé avec toutes les notions. élémentaires ; et sans le fatiguer par des descriptions, j'arrive de suite aux enseignements recherchés des praticiens, c'est-à-dire à ceux qui ont la gu('rison pour bnt.
La plupart des maladies qui attaquent les jointures sont rebelles au secours de l'art, et entraînent dans bien des cas les plus funestes conséquences. Les méthodes curatives qui sont indiquées contre elles par les auteurs classiques sont loin d être en rapport avec leur gravité ou avec leur pereistance; et un traité de thérapeutique articulaire qui se bornerait à reproduire Thistoire de ces méthodes^ ne serait qu'une compilation stérile incapable de répondre aux plus légitimes exigences. Celui que je fais paraître aujourd'hui atteindra-t-il mienx le but? ajoutera-t-il à la puissance de l'art? J'ose l'espérer, et; pour faire apprécier l'esprit dans lequel il a été conçu et les services qu'il peut rendre, je omis devoir commencer par l'analyse des recherches nouvelles qui y sont contenues.
L'une des pensées dominantes de ce travail est PalUance {le la physiologie et de la thérapeutique; supprimer complètement les fonctions des jointures, ou en faire agir les éléments les uns après les autres; tirer de ce repos et de cet exercice élémentaire des puissances curatives, en général négligées, telles sont les vues qui m'ont le plus souvent servi de guides et que l'on retrouvera à chaque page de ce traité.
Depuis longtemps le repos à^% articulations est d'une im-
iNTfioooGTioin m
partance justement appréciée; tons les jours on Timpose aux arlhrites aiguës, aux entorses, et les appareils qui en assareot la permanence sont remarquablement perfectionnés. Les bandages amidonnés idéalisent mêtne tontes les oonditions désirables, en ce qui regarde les articnilatioDS éloignées du centre^ comme celles du genou, du coode, et du pied; mais quoique moins imparitiils, sous ce rapport, que les attelles et les gouttières qui les ont précédés, ils sont loin dagir*avec efficacité sur la co« loone vertébrale , sm^ la bancbe et sur Tépaule ; ils n'ass»l'eut point le i*epos de ces parties loi'sqne le malade est couché, et 9 à- plus forte raison, lorsque des soins de di*» verse nature nécessitent le déplacement de la totalité du corps. Je crois avoir comblé ces lacunes, et j*espèt*e que^ lorsque le lecteur exanûnera mes gouttières vertébrales , cdles qui font ua seul tout* des membres et du troac, il jugera que le problème de Timmobilité est aussi bien résoln pour les arlienlations centrales qu'il la été, par les travaux de mes prédécesseurs, pour les articulations péri-» pbériqnes (i).
Cependant la suppression de tout acte fonctionnel doit être transitoire. Après un temps variable, lorsqu elle a été appliquée à des états aigus, elle doit élre remplacée par t exercice des /imctions , .Mah quelles sont parmi ces dernières celles qu on doit mettre en jeu ? On n*a guère conseillé jusqu'à présent que le fonctionnement complet; tel qu'il s'exécute, dans la.marcbe, pour les membres inférieurs* Je dis : \^ fonctionnement coinplet; car on observe alors le frottement des surfaces cartilagineuses les unes sur les autres, la distension et le relâchement alternatifs des parties molles^ la station, verticale, la pression réciproque des os, et la contraction active et volontaire des muscles. Or l'expérience prouvci tons les jours, que
(i) Voyez, pour les gouttières de la hanche, p. 4iS ; pour celles de Vépaule» p. 567; pour celles de la colonne vertébrale, p. 633 et 646.
iV IHTBODOCnOBf.
Teierctcc de ces actes complexes, tantôt est iinpossibte, tantôt aggrave les accidents.
On ne peut cependant sen tenir au repos prolongé dont M. Teissier ( I ) a si bien démontré les dangers, et Ton est obligé de choisir an intermédiaire entre Timmobilité et rexercice complet. Cet intermédiaire se trouve dans le fonctionnement partiel ou é/émentaii^e ; il faut ue permettre* par exemple, que le jeu passif des surfaces arti* cttlaires les unes sur les autres pendant que le malade est assis; il n'y a alors ni contraction des muscles, ni statMHi verticale, ni pression du corps sur les parties malades ; tout se réduit à des frottements entre les surfaces articn* laires, à la disteiision et au relâchement des tissas fibreux et musculaires.
A ces exercices on peut faire succéder la marche, peu* daiit que la jointure malade est immobilisée ; concilier la locomotion verticale avec la suppression de l'effort qu'exerce le poids du tronc; permettre le mouvement dans certain sens, tout en le rendiant impossible dans d autres ; réaliser en un mot, les conditions les plus variées dans lassociation des éléments fonctionnels.
Tons ces actes intermédiaires entre l'immobilité absolue et la marche normale ne sont pas propres seulement à faire rentrer peu à peu les malades dans leurs habitudes de locomotion ; ils aident puissamment à la guérison elle* même; sous leur influence, on voit dans les maladies chro* niques les engot^ements se dissiper, la souplesse se rétablir, et la douleur que produisent le contact et la pression disparaître peu à peu.
Si cette exposition générale des principes et des effets du fonctionnement élémentaire dispose le lecteur à en apprécier les avantages, il ne sera pas étonné que pour le réaliser, j'aie fait exécuter un grand nombre d'instruments mécaniques en rapport avec les actes que je voulais faci-
IHTBODUCnO». V
liier et cens qu'il follait rendre impoMibles. De le, MHit ïïk \e$ appareils de monvement et la géoéralisation de lidëe dea tntenrs.
Les appareiU de mou»e9nenî sont des machines à Taide desqnelles les malales donnent une impulsion artificielle à leors membres et en font mouvoir les jointures dans toutes les directions normales, avec l'uniformité et la con* stanoe nécessaires ; ils agissent le corps étant en repos, tandis que les tuteurs^ dont j emprunte le nom aux appuis qaon donne aux jeunes arbres, facilitent la locomotion, tout en prévenant les difformités et les pressions fàchenses que la marche entraînerait sons eux. Qu'on réfléchisse à la variété qn exigent ces appareils, et Ton comprendra sans peinepourquoij enai imaginé un si grand nombre dont cet oovrage offre la description et le dessin. Je n'en indiquerai point ici les formes et la construction ; il me suffit d'avoir exposé les principes physiologiques dont ils sont la eoxk^ séqnence, et d'assurer par avance, que dans cet arsenal où des esprits prévenus ne voient que de la serrurerie chirurgieale, la thérapeutique trouve des ressources puissantes, fournies par Tait de convertir en méthode curative le jeu des articulations (i).
Tout en ayant des usages spéciaux, les jointures sont le siège des phénomènes oi^raniques qui leur sont communs avec toutes les autres parties du corps; telles sont : la nutrition, la circulation, et la production de calorique, laquelle n'est pas, comme on le sait aujourd'hui, concentrée dans le poumon, mais s'accomplit, quoiqu'à àe% degrés inégaux , dans tous les tissus vivants. Reconnaître l'exia-
(i) VoyoK, pour les appareils de mouvement en gënéral, p. 1 8 et 1 83; pour ceux do genou, p. 35o ; de la hanche, p. 434 1 du pied, p. 487 ( du coude, p. 53) ; de Tépaule, p. SSg; du poignet, p. 59 1 ; de la colonne vertëhrale, p. 667. Pour las observations, p. 187, eto., etc.
Pour les tuteurs en g^n^ral, p* si $ pour ceux du genou, p. 345; de la binche, p. 433 ; du pied, p. 486 ; de l'ëpaule, p« 563 ; du poignet, p, 594 i ^Q cun, p. 638 ; de la région dorso«lorobaire de la colonne vertébrale, p. 654*
VI INTfiOUUCTlOM.
tence de ces fonctions, ce^t être oonduif; à sa demander comment 9 au point de vue tbérapeudque , on peut la» ralentir si elles sont trop actives, ou leur rendre de relier* gle, lorsqu'elles sont languissantes. Je crois avoir trouvé à ces questions une réponse, non pas empiriquci comme celles qui ont coui^ dans la science, mais générale et pouvant ^tre systématisée sous forme de loi«
Lu douceur et V uniformité sont les caractèi'es que doivent réunir tous les agents extérieurs qui assurent lé calme des fonctions nutritives ^ circulaioires et calorificatrices . Dès loi's, ni chaud , ni froid, ni alternative d une température à une autre; ni corps d'une odeur et d'une sapidité pré-^ dominantes; ni contact énergique, ni friction, ni massage; enfin nulle variété clans les applications. .
Remarquez ici que C uniformité des agents. ex tériemm* est la loi du calme pour des organes quels qu ils soient. Au devant de Tœil que Ton veut faire reposer, on place ua verre dune teinte douce, qui communique aux objets une couleur toujoui*$ la même; lair que respire le poumon en« flammé doit être constamment tiède; les aliments permis dans une irritation des voies digestives ne sont pas variés; et le séjour même qu exige 1 état d'un aliéné en délire est celui où il voit toujours les mêmes murs, les mêmes champs et les mêmes gardiens.
Si le calme des fonctions exige la douceur et Tunifor** mité,. les agents qui excitent la chalem* et la circulation doivent réunir des qualités opposées; l'énergie et la variété en sont les caractères. De là, dans les applica* tiens extérieures que réclament les états chraniques, ilutilité du chaud , du froid , de lalternative de Tun à 1 autre; de là, les avantages des substances dont Todeur forte et la sapidité indiquent la propriété excitante; delà enfin, Tiraportance de quitter les unes pour employer les autres, et d en combiner l'emploi avec les frictions à la main ou la percussion de la douche.
Celte loi de la variété des agents extérieurs, lorsqu'il
IMTBODUCTION. TU
s'agit d*acttver les phënoiDénes organiques n'est ni moins Oéaërale ni moins féconde que celle de Vaniformiié considérée comme élément de repos. I^e lecteur en trouvera des applications nombreuses dans cet ouvrage, et il pourra juger à quel point elle aide à choisir entre divers médicameotSi et à apprécier le mode suivant lequel ceux-ci doi* veut être employés et combinés entre eux (i).
Comme on le pense bien , nous avons dû transporter letude si féconde du repos ou de Texercice des fonctions normales an traitement des affections constitutionnelles dont rimmense majorité des maladies articulaires n'est qoe la conséquence. Le rhumatisme, la goutte, les scrofules Ift diatfaèse tuberculeuse qui produisent ou entretiennent la plupai*t des arthropatbies, présentent comme phénomène principal un trouble dans les fonctions cutanées, dans la calorification et dans la circulation capillaire. Si nne modification de ces actes essentiels à la vie n'en est pas la cause première, elle les accompagne et les entretient toujours. En changer, le plus possible, le mode vicieux est donc une indication toujours importante, lors même qu'elle n est pas, ce qui peut arriver, la plus essentielle à remplir.
Les lois du repos et de l'activité que j'ai indiquées plus haut trouvent encore ici leur place. Dès lors à la période mflammatoire d*une affection aiguë , douceur cl unijormité des contacts, de Tair et des boissons; suspension de tous les actes qui ne sont pas essentiels, tels que l'application de l'esprit, le parler à haute voix ; précautions pour n'exciter, ni la chaleur, ni la circulation, ni la production des saenrs. Par contre, dans les maladies chroniques, ou doit recourir aux médications qui, par leur activité et leur variété^ provoquent la transpiration, font rougir la peau
(t) Voyez, pour TapplicAtion au iiaiieuicnt local des lois du repos ei de l'«cimit, p. 34 « i4^i t77-
Vlll IMTilODUCllON.
et déterminent uu seatiineot fjwévul de cbakur. Les tempéraiiu'es hautes et les tempénitures basses, Temploi successif des unes et des autres , le mélaiige à Teau de substances excitantes et variées, les contacts rodes et énergiques par les frictions, le massage et la doncbe, peuvent concourir alors à la modification générale que réclame Tétat constitutionnel.
Cependant , dans les affections aiguës, la rénovation organique est active, comme le démontre lexcrétion d'une grande quantité d*urce et d acide urique ; elle est languis* saule, au contraire, cbez les malades affectés de rbumalisnio chronique ou de scrofules. Dans ces derniers états , il faut la rendre plus rapide, et faire sur Téconomie animale ce que Ton produit, en agriculture, lorsque, par le drainage ou par des canaux , on substitue dans les terrains des fillraiions souvent renouvelées à Timbibition des eaux stagnantes. Toiitos les méthodesqui meltent enjeu les fonc* tions éliminatrices, toutes celles qui augmentent la calori* fication ou lliématose peuvent aider au renouvellement des matériaux de lorganisme. Ce renouvellement est sans doute aussi rendu plus rapide par les médicaments qui, après avoir pénétré dans Técouomie, sont rejetésau dehors; Tacte qui détermine lexpulsion des remèdes semble en entraîner d'analogues, par une sorte d'influence catalytique, dans tous les organes excréteurs. C^est de la sorte qu'agissent en partie le soufre , les sels alcalins , la térébenthine et l'iode; c'est parce que leur action sur l'économie est en harmonie parfaite avec les agents qui font transpirer ou rougir la peau , qu'il importe à uu si haut degré de les combiner avec ces derniers; c'est, enfin, à cette réunion d'agents qui excitent tout à la fois la rénovation oi^aniquc et les ionclions diverses de l'économie que les eaux minérales doivent leur efficacité.
J'ai exposé les médications si complexes qu'exigent les affections constitutionnelles au point de vue des lois qui président au repos, à Tactivité et à la rénovation des oi>
leiTBQfXICTiOll. IX
gaocs; el j*«i afipoHé des iierfeclioDiiemeots à plusieurs d*entre elles» Je sigualeraî surtout, à ce sujet « un système de pompe et d enveloppes protectrices avec lequel on peut donner i domicile des douches d'eau avec un degré d*im* pulsion que l'on trouve à peine dans les établissements les plus complets d'eaux minérales ;• des procédés corn» modes pour administrer, an Ut , des fomigations d^étber, et des méthodes pour agir sur toute Féconomie par Tab* sorplion de Tiode mis en contact avec des cavités closes ou avec la peau dépouillée d*épiderme (i).
Si je me sois préoccupé de toutes les médications qui a^9seni phjrsialogtçuemeni ^ en d'antres termes, qni modifient les fonctions des jointures ou celles de toute réconomie, je nai pas attaché une moindre importance aux procédés qui agissent analomiçuemeni sur les articulations, qui en modifient la forme, la direction et les rapports.
l«es appareils qui servent à immobiliser le tronc, Tépaide, ou la hanche, ont rendu des services signalés d«ins les solutions de continuité des os, et j ai pu citer des faits nombreux qui en démontrent la supériorité, soit dans les f raclures du coi du fémur et du col de Vluunéius , soit dans celles de la colonne vertébrale^ où M. Valette en a œtirc de si heureux résultats*
l^es expériences en grand nombreque nous avions faites, M. Pomiès et moi, sur les effets des mouvements forcés, ont éclairé la question, toujoui*s si obscure au point de vue clinique, des causes qui produisent les lésions trauma* tiques, et m ont conduit à des procédés utiles ; je signa* lerai, entre autres, X^ijlexion ile la fnain comme moyen de réduire les déplacements dans les fractures de l'extrémité inférieure du radius, et de maintenir les fragments réduits.
(i) Vsjes, pour le d饫lopp«AcBi àt ces îdeu a«r le Ireilemeat ceosttta* tioDoel, if, 37, 45, 68, 1 15» 1 18, 1 57, »48, 6fo.
X IMTAODOCnOCf.
Gependani, de toates les questions quilouchetit'au traitemeot anatomique des jointures , celle dont cet ou* vraf^e me parait le plus avancer la solution est relative à la ruptiwe de fanky/ose. Si tant de luxations anciennes ne peuvent être réduites, si tant de redressements sont im* possibles, cest qu'il existe entre les suifaces articulaires des adhérences intimes produites par des tissns fibreux ; € est que les machines et les sections de tendons restent sans influence sur ces adhérences. Les rompre avec éner* gie est une préparation indispensable aux méthodes qui rendent aux os leurs rapports et leur direction. Grâce à la combinaison de cette rupture avec des sections sonscutanées, méthode dont M. Palasciano a eu l'initiative, et dont j ai généralisé Temploi, on peut résoudre aujourd'hui un grand nombre de problèmes d orthopédie jusqu'à présent insolubles. L'expérience en a même été faite assez souvent pour que Ion puisse indiquer les cas dans lesquels CCS ruptures produisent des succès brillants, ceux où Ton ne peut en attendre que des améliorations^ et, enfin, les conditions défavorables qui doivent en faire rejeter l'emploi (i).
L'importance de combiner les médications suivant les exigences de chaque cas particulier ressort de toutes les considérations que je viens d'exposer. L'insuffisance de l'art dans les maladies graves des joiûturcs lient surtout k l'oubli de ces combinaisons. Ou espère le succès de remploi isolé d'un remède ou d'une opération : erreur déplorable que Ton retrouve jusque dans les plus hautes régions de la science, comme il me serait facile de le prouver par des exemples rapprochés de nous. J'ai cherché à éviter ces fausses routes, en puisant dans l'analyse sévère des indications et dans Tétude attentive des élé-
(i) Voyw, pûurle traitement deg fractures cl des ankyloses, p. 44a, 53;, 643, 3o3, 391, 477, 5o4, 546, 554, 576.
IdiTaOOUCTIOK. XI
meots morbides, la notion exacte de ropportunité de chaque méthode. Oa verra à toutes les pages de ce livre lapplication de ces principes; et c'est en tenant compte des exigences si nombreuses qui résultent de la nécessité d^agir anatomiquement sur la direction et la forme des oiganesy pbysiologiquement sur les fonctions, médicalement sur la vitalité, qn'on admettra sans peine la complexité des moyens que je propose et la possibilité d utiliser soccessivement chacun d'eux (i),
A Texposition que je viens de faire des méthodes qui me sont propres et qui n avaient pas trouvé leur place dans mon Traité des maladies des articulations , je dois ajouter celle de travaux récents dus à divers auteurs et qui ajoutent à la puissance de lart dans les maladies auxquelles cet ouvrage est consacré.
Au premier rang se place la découverte de Téthérisation. Également admirables dans toutes leurs applications, les agents anesthésiques facilitent le diagnostic et le traitement des maladies des jointures, plus fréquemment et plus utilemeut peut-être que pour les lésions de toute autre partie du corps. Sans eux, on serait obligé de s'abstenir des mouvements énergiques qui aident si bien à reconnaître Tulcération des cartilages ainsi que la nature et le degré des ankyloses; sans eux, le redressement dans les arthrites aiguës, la réduction des déplacements anciens ou compliqués d'inflammation, la rupture des adhérences fibreuses seraient rendus impraticables par la résistance des muscles ou par les souffrances des malades.
De toutes les grandes découvertes qui ont influé sur la thérapeutique articulaire, l'éthérisation seule est entièrement nouvelle. Les autres, quoique d'origine moderne, datent d'une époque plus ancienne ; telles sont les opérations sous- cutanées, les bandages solidifiés par lamidon ,
JH! IMTflOOVCnOM.
les bains d^air comprimé et les ÎDJectioûs de teinture d'iode dans les cavités closes. Toutes ces méthodes avaient été exposées dans mon premier ouvrage; mais depuis 184Ô, époque de sa publication ^ elles ont reçu un remarquable développement et ont été i objet de recherches impor^ -tantes.
Là commission des hôpitaux a fait, en 1 848, un Rapport âur les traitemenls orthopédiques de M. Jules Guéri n. Les travaux de cet auteur sur les gibbosités vertébrales et sur les artbralgies y ont pris place à côté de ses opérations sur les difformités simples (1)9 et Ion a pu juger, par de nombreuses observations recueillies avec une précision et un contrôle peut-être sans exemple, de la valeur des idées générales que M. Guérin s'était borné jusque-là à exposer sous une forme dogmatique propre à en faire saisir Tenchainement et Tensemble.
En i850y a paru louvrage de M. Seutin sur le bandage amidonné ; et grâce à ce travail, grâce surtout aux démonstrations que 1 auteur a bien voulu nous faire , nous avons pu donner une description plus exacte de son utile méthode, et en faire une appréciation plus juste que dans nos précédents écrits (a).
M. Pravaz a publié sur le bain d^air comprimé une monographie remarquable, dans laquelle, à côté des études générales sur ce modificateur puissant de lorganisme. il a placé les considérations et les faits qui en démontrent la puissance dans les affections rachitiques et tuberculeuses, dans les abcès de la hanche et de la colonne vertébrale (3]. Cette publication avait été précédée, en 18479 du Traité, du même auteur, sur les luxations congénitales du fémur, écrit également rempli d'initiative et que nous avons été heureux de pouvoir mettre à profit (4)«
(f) P. 985, 389, 367, 659, 65S, etc.
. (9) P. i3, 341, 431, S19, S3i, 5fB, CM.
(3) P. 110,465 et 648.
(4) P. 451 et 471.
INTRODUCTIOBI. XI»
Enfin» les injections iodées» déjà bien connues dans leur application aux hydarthroses (i) et aux abcès (s) du ge^ non» ont été lobjet de fructueuses recherches. L'Académie de médecine en a fait Tobjet d'une discussion mémorable; notre collègue» M. Barrier (3), les a étudiées avec suecèi dans les collections séreuses des jointures; et MM. Abeille et Boinet (4), en les étendant aux abcès par congestion qui proviennent de la colonne vertébrale» ont ouvert une voie féconde pour la thérapeutique.
A ces travaux, que j ai cités en premier lieu parce qu'ils se rattachent au développement de médications ayant un haut caractère de généralité» je dois ajouter les rechenches de M. Velpeau sur l'opération des corps étrangers du genou par le broiement sous^utané(ô) et sur le traitement des scapulalgies chroniques (6), celles de M. Palasciano (de Naples) sur la rupture de Tankylose (7), en6n les observai tions de M. Baudens sur lentorse (8), et de MM. Chevandier et Smith sur les bains térébenthines (9).
Indépendamment de ces travaux, connus par des publi-« calions diverses, j'ai pu faire entrer dans mon cadre plu sieurs recherches inédites dont je dois la communication verbale à d'honorables confrères. Tels sont : les procédés de M. Gensoulpour la réduction des déplacements anciens du coude et lasection du sterno*cléido-mastoïdien(io); les simplifications que M. Desgranges a introduites dans mes appareils de mouvement ( 1 1 ); la combinaison que M . RéroUe a faite à Bourbon-Lancy de l'impulsion artificielle commu-
il) P. 310.
(3) P. 9i4elii6.
(;) P. 3o4 ft 397.
(10) P. 546 et 690.
(11) P. 353, 436, 56 1 et 59t.