‹ Traité de thérapeutique des maladies articulairesChapitre 4 sur 101 · HT INTRODUCTION · texte numérisé non relu

HT INTRODUCTION

niquée aux jointures avec la médication parles eaux minérales, et les succès que M. Boucbacourt a obtenus de la méthode sous-cutanée dans lextraction des corps étrangers du genou (i). Je signalerai en terminant les modifications ingénieuses qui sont dues à M. Blanc, mécanicien dont je me suis plu à signaler, dans plusieurs passages » rintelligente coopération (q).

Si Ton embrasse par la pensée tant de travaux qui n^ont vu le jour que depuis quelques années, on comprendra combien était nécessaire un ouvrage qui les exposât dans leur ensemble et qui contint les faits et les raisonnements qui permettent de les apprécier. Il fallait aussi des dessins nombreux qui donnassent à Tbistoire des procédés toute la clarté et la précision désirables. Ceux que je publie sont Fœuvre de M. Dubouchet» élève distingué de M. Vibert, à qui Lyon doit une école de gravure justement remarquée. Ce jeune artiste a reproduit les appareils et les procédés opératoires avec une précision et une élégance à laquelle, nous Tespérons, chacun rendra justice. M. J.-B. Baillière m'a aidé aussi à combler les lacunes que j'avais laissées sous le rapport des dessins. Il a bien voulu mettre à ma disposition les planches du Traité de pathologie externe^ de M. Vidal, qui se rapportaient à mon sujet ; et par cette obligeante communication, comme par le soin qu'il a mis à surveiller Tédition de ce travail, il a puissamment contribué à le compléter.

Si cet ouvrage peut , en ce qui regarde les maladies articulaires, jeter quelque lumière sur les méthodes de traitement, sur leur mode d'application et lart dé les combiner entre elles, son utilité ne s'arrêtera peut-être point aux limites dune étroite spécialité; il aura, je Tespère

(2) Cest chez M, Blanc^ place de l'HiSpital, à LyoD, que Ton troare toui Ici appareiU décrits dans cet oavrage.

INTRODUCTIO'ei. XV

du moins , quelque influence sur la thérapeutique gêné* raie.

Et dabord, on remarquera qu'il est peu de grandes questions dont Texamen ne nous ait été imposé par la nature de notre sujet. Comme les lésions des jointures sont le plus souvent le produit d affections constitutionnelles» nous avons dû nous occuper de ces affections et, à leur sujet, traiter des modificateurs de toute l'économie; la question des hydartbroses, des abcès, des tumeui*s blanches, des ankyloses, n a pu aussi être étudiée sans remonter aux priu« cipes du traitement des collections séreuses et purulentest des fongosités et des adhérences. Mais ce n'est pas sur ce point que je veux insister pour faire ressortir les rapports de ce travail avec des sujets plus vastes que ceux qull em-brasse directement ; les considérations suivantes montreront beaucoup mieux le caractère qui lui est propre à cet égard.

On Ta vu, une des questions dont je me suis le plus vivement préoccupé est celle de régler les fonctions des jointures. Assurer un repos véritable dans les arthrites aiguës, exercer avec méthode les mouvements élémeutairesdans les arthrites chroniques et faciliter leur accomplissement par des appareils spéciaux, telles sont les idées qui ont inspiré les parties les plus neuves et les plus utiles de ce traité. Or, si la régularisation des actes physiologiques est d'une hante importance dans le traitement spécial des maladies articulaires, l'induction conduit à rechercher quelle influence cette régularisation peut avoir dans les affections d'un organe quelconque.

Cette pensée n'a pas cessé d être présente à mon esprit, et jai été entraîné, par la manière dont j'avais compris mon sujet , à esquisser quelques uns des traits de cette branche de la médecine générale, que l'on pourrait appe- 1er thérapeutique fonctionnelle. Le caractère de cette thérapeutique est d'agir par le repos ou lexercice, et en général parla régularisation des fonctions normales; elle

XVI IVTAOOWTiOir,

est destinée à preadre place à côté d^ U médeeiae <^é« ratoire et de la matière médicale, sciences avec lesquelles elie se combine et qu elle n a pas la prétention de remplacer. Les matériaux qui doivent servir à l'édifier sont rassemblés depuis des siècles , et on les trouve dans tout ce qui a été écrit sur le régime, lair, rexercieet les passions dans le traitement dos maladies. Si elle était bieq com** prise, Part sortirait en partie de lempirisme, et il serait possible dassigner leur véritable place aux produits ai nombreux et si variés que le travail des siècles a accumulés par la recherche des moyens de guérir. En même tempa que Tappréciation de ce qui a été fait serait plus facile « en aurait des jalons pour marcher à la découverte des ressources médicales encore peu explorées que peuvent fournir le repos, Tactivité et le calme des fonctions normales.

Cette œuvre, grande et féconde, est digne d exciter le zèle de tout homme laborieux. Le^ études que j ai faites pour la réaliser n'ont pas été bornées aux modificateurs qui ont trouvé ici leur place, et qui agissent sur les fonctions des jointures, de la peau , et des organes de la calo-' rification ; j ai cherché à embrasser lensemble des maladif qui sont du domaine de la médecine aussi bien que de la chirurgie.

La lecture des auteurs ma donné des renseignements précieux sur le régime dans l^s affections aiguës qu chro» niques, sur Tinfluence des diverses variétés d'air dans les lésions des organes pulmonaires, et» eçfin, sur le parti que Ion peut tirer, dans les désordres de riatelligenee» des impressions morales, des sentiments, et des passions.

Depuis plusieurs années je poursuis des recbeixhes suc le traitement des amblyopies et des amauroses par lexer-* cice des yeux, aidés du secours des lunettes et soumis aux impressions et aux phénomènes variés d'accommoda'* tion que produisent la lecture, ou la vision lointaine, k travers des verres dont la couleur et la puissance de ré*

fraction sont fréquetntnral cbanf^éc^s» L'expérience tead de plas en plus à démontrer que c est dans cet ordre de fboctionnetnebty réuni à la destruction des causes morbides , qae réside la thérapeutique efficace des affections ^ sonTent si graves et Si désespérantes , qui paralysent la sensibilité des yeus.

Le temps n est pas éloigné où, agissant sur les mouvements du thorax y j*attrai combattu les oppressions qu entretiennent les simples roideurs des articulations costales» avec autant de succès que je Vai fait pour les dyspnées suites de lespèce d'aûliylose que présentent les poitrines gravement déformées (i). Quelques faits me permettent aussi d'espérer que Ton n'agira pas avec moins de puissance sur les douleurs et les paralysies dont le point de départ est dans la moelle, entourée d*one colonne vertébrale saine, que dans les ramollissements^ suites de gib^ bosités (a).

Quoi qu'il en soit de ces espérances, la médecine offre assurément un champ plus vaste encore que la chirurgie aux explorations de la thérapeutique fonctionnelle. Les affections internes ont une fréquence et une gravité bien antremeUt grandes qde celles des organes extérieurs ; et si Ton ne peut suspendre les fonctions essentielles à la vie, les actes qui leur sont accessoires» tels que la parole ou le chant pour la respiration, peuvent être soumise des variétés de repos et d'exercice non moins nombreuses que les sénsatiotrs et la locomotion elleS'mèmes.

En poursuivant ces recherches^ on établira une alliance intime entre la physiologie et la médecine pratique. Ces deux sciences vivent encore dans le plus complet isolement. Les médecins invoquent , il est vrai » les notions de physie* logie, pour se rendre compte des phénomènes pathologiques; l'histoire des maladies du cœur, du pouniôn, du

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système nerveux, offre, à chaque page, des exemples de ces rapprochements pour X interprétation des symptômes et des effets des lésions, mais 1 on cherche en vain des déductions analogues dans Tordre thérapeutique. Les maladies des centres nerveux et des organes respiratoires sont traitées par des remèdes, des saignées et des révulsifs, dont toutes les découvertes des physiologistes ne peuvent modifier Timperturbable banalité. On fait pour les organes internes ce que Ion voit pratiquer tous les jours dans les services de chirurgie, où l'on soigne les maladies des yeux et des jointures avec des méthodes dont aucun élément ne laisse soupçonner qu'on agit dans un cas sur les organes de la vision , et dans un autre sur ceux du mouvement.

Lorsque le temps sera venu où , sans négliger les médications qui combattent les causes, ni celles qui modifient vitalement les divers états morbides, on fera une thérapeutique en rapport avec les usages des parties ; lorsque Ion saura analyser chaque élément des fonctions complexes ; exercer, supprimer, ou ralentir ces actes élémentaires; lorsque l'on tirera parti de la lumière et des couleurs dans les maladies des yeux , du son dans celles de l'oreille, de lair et des vapeurs dans les affections des voies respiratoires; en un mot, lorsque Ion mettra sans cesse en rapport la spécialité du traitement avec la spécialité de la fonction, la science sera autant agrandie que l'art sera perfectionné; la physique apportera son concours à la thérapeutique aussi bien que la physiologie ; et les sciences médicales offriront un vaste ensemble dont toutes les parties se compléteront les unes les autres et se fourniront un mutuel appui.

Lyon, i5 niara i853.

DBS

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