‹ Traité de thérapeutique des maladies articulairesChapitre 52 sur 101 · UOTENS DE RENDRE AU GENOU SA RECTITUDE. S · texte numérisé non relu

UOTENS DE RENDRE AU GENOU SA RECTITUDE. S

In Rgiiie 14 donne une idée de la position des mains du chirurgien lors<|u'il n[)èi-e sur la cuisse droile. Pour le c6\é ^auchu , h position des doigts est la même , seulement le Itord cubrlal de la main couche, au lieu de regarder en bus, du côié (In mollit, est dirigé en haut, vers la partie supéiiéurc de la cuisse. Dans l'un et l'autre cas , le chirtirgieu se place du cûEé opposé à celui qu'il opère.

Ce procédé permet d'agir avec plus de pn'cision que celui ilans lequel on commence du coté du jarret : en exécutuiil ce dernier, on est obligé, au moment d'opérer, d'enlever te doigt qui a permis de reconnaître la position du biceps et du nerf poplité externe ; en suivant celui que je propose , le doigt sert de guide pendant tout le cours de l'opérniion. Mais In différence essentielle est celle-ci : lorsque l'on pique la peau du coté du jorret, malgré l'effort que l'on fait pour la tirer en

338 TltAITEMENT GÉNÉRAL.

dehors , la piqûre est presque vis-à-vis la plaie qui rcstihe de la section du biceps. La présence du nerf poplité ciiterne ein* pêche de se ménager ces longs cuuuux sous-cutanés qui mettent à Tabride toute introduction de lair, et sans lesquelles ou ne réalise qu*impaifaiieuient les principes de la métliode sous-cutanée.

Les accidents que Ton peut observer à la suite des sections qui viennent d*étre décrites $ont : 1* la suppuration de la plaie sous-cutanée j 2* la scctioti dti nerF poplité externe; 3'M*héiuorrhagie.

1^ La suppuration est peut-être plus a craindre à la suite de la section des tendons du jarret qu'après toute autre opération du même genre. Nulle part, en elTet, le voisinage des nerfs, comme les poplités, ne rend aussi difficile la formation d'un canal long et étroit entre la piqûre de la peau et la division des muscles.

Deux cas de suppuration ont été observés a ma connais* sance à la suite de la section simultanée du biceps et dn/ascia laia^ et deux fois aussi cet accident m'est orrivé dans ma pratique.

Quoique ces deux accidents tinssent à des causes accideotelles faciles à éviter, et quoiqu'ils survinssent après quatorze opérations heureuses , ils m'impressionnèrent douloureusement et me conduisirent à employer le procédé que j'ai déciit plus haut, et qui permet sûrement de les éviter.

1^ Si le nerf poplité externe est coupé, la sensibilité se perd sur le devant de la jambe et sur le dos du pied; celui-ci se place dans l'extension, et le malade ne peut plus le relèvera volonté; enfin , malgré l'insensibilité au toucher d'une partie du membre inférieur, on observe fréquemment de très vives douleurs dans le pied.

C'est une illusion que de croire que tous ces accidents se dissipent avec le temps. Dans un cas où je les ai observés, les douleurs se sont dissipées à la longue, mais la paralysie des extenseurs du pied a toujours persisté.

On évite le nerf poplité en coupant le biceps de sa bce pi^onde à sa face superficielle, et en suivant mon procédé,

MOYENS d'iMMOBU.ISKR LK GENOU. 339

dans lequel Findicateur gauche fournit un guide sûr pour diriger rinstruroenl.

5* Aucune bémorrliagie n'est à craindre lorsque Ton coupe a la manière ordinaire les tendons du jurret ; mais si 1 ou divise, suivant la méthode de M. Palusciano , tous les muscles qui sont en dehors du fémur, et si le ténotome va jusqu'^à cet os, on peut intéresser Tartcre articulaire supérieure externe.

Comme les autres accidents dont il a été question jusqu'ici, Touverture de lartère articulaire est facile à éviter; il suffit en opérant de ne pas porter le tranchant jusqu au fémur.

4" Combinaison des divers moyens de redressement. — Lorsque les diiïormités ne s*accompagnent d'aucune lésion organique^ comme dans les genoux en dedans , les appareils et les efforts des mains peuvent suffire; mais, le plus souvent, la section des muscles, depuis longtemps rétractés, doit précéder remploi des agents mécaniques, même il peut être nécessaire d'y joindre la rupture des adhérences. L'ordre dans lequel doivent sencbalner les divers éléments de ce traitement complexe sera surtout exposé à l'article Jnkylose^ auquel je renvoie, comme complément de cet article général.

Aat. II. — Des kotbhs d'iukobiliseb le gbkoo quaho le malade est codcbé.

C'est une erreur de croire que le décubitus suffii pour assurer fimmobilité du genou. Dans le lit, cette articulation n'est pas soutenue sur les côtés, et le membre peut, dès lors, se renverser en dedans ou en dehors; bien plus, les points d'appui sur lesquels il repose entraînent des pressions telles que les ligaments sont distendus dans certains sens , et que les os font effort pour s'abandonner. Ainsi, la pression sur le côté externe et postérieur du talon tend à produire la rotation de la jambe en dehors, tandis que le point d'appui que le malade prend sur la partie supérieure et externe de la cuisse pousse en dedans et en avant la partie inférieure du fémur.

Pour prévenir les mouvements et les efforts de distension et de déplacement qu'éprouvent les genoux malades dans le dccubitus, des appareils spéciaux sont nécessaircâ. Ceux

S(iO THAITEMENT GKNÉRAL.

dont on peut Faire usage varient suivant t]ue le membre est très fléchi ou qu'il est plus ou moins rapproché de la rectitude.

Dans la flexion , on peut se servir d oreillers que 1 on place sous le jarret. Grâce à leur emploi, on peut soutenir le raemhrc à droite et h gauche, et diminuer la pression sur les côtés externe et postéiîeur du talon et du haut de la cuisse. Cependant ils n'atteignent qu'incomplètement le but auquel ils sont destinés, et il est bien préférable, lorsqu'on le peut, de se servir de Tun des appareils aiticulés représentés figure 2, page 318, et figure 9, page 322. A leur aide, on assure Tim* mobilité du genou , on empêche le membre de reposer sur des points d appui funestes; et bien des fois j'ai constaté, surtout après la rupture des ankyloses, qu'ils prévenaient à merveille les douleurs qu'aurait causées le mouvement.

Lorsque le membre est dfvit^ on peut faire usage des attelles latérales qui servent au traitement des fractures de cuisse; mais celles-ci compriment le genou malade, et cette compression, indispensable pour assujettir les diverses pièces de lappareil, est une source de douleur et d'augmentation du mal dans les inflammations aiguës; elles sont très pesantes, et rendent par leur poids tout mouvement douloureux.

Les bandages roulés avec des attelles flexibles , les bandages simples amidonnés OM dcxtrinés j empêchent bien la flexion du genou; mais ils ne préviennent point la rotation du membre en dehors, et par suite la pression du talon sur son côte externe; ils ne permettent aussi d'assurer rimmobilité qu autant qu'ils exercent la compression.

M. Mayor a proposé l'emploi d'une alielle postérieure de fil de fer, dont la panie inférieure, coudée à angle droit, sert de point d'appui ou de semelle au pied pendant que la jambe est couchée sur sa partie supérieure; le membre est maintenu dans cette position au moyen de cravates distribuées de distance en distance depuis le genou jnsqti'aux orteils.

Ces attelles à sous*pied assurent, il est vrai, une certaine immobilité; mais les membres qui y sont placés peuvent eacore tourner en dehors, et si l'on serre fortement le pied et la jambe pour prévenir cette rotation, les bandes qui servent à

MOYENS u'iUMOBILISER I.Ï. atNOU. 34t

35sujeiiir le membre le compriment et y |tro<luiRcu| de l'engoiv geraeai.

Les seuls moyens utiles sont les bandages amidonnés on les putlières.

$ 1, Saodcgu «midoonii.

Ces banJujjes , appliqués suivant la méthode <le M. Seulîn , rtoferment dans leur épaisseur une altelle postérieure et deux aiielles coudées de carton qui s'étendent depuis le Imut de lo cuisse jusqu'au-ilessous du pied. Associées aux autres parties du bandage, elles proviennent toutes les pressions qui, en s'eierçaut sur les côtés externe et postérieur du lalon , ont une iofltieace si funeste sur lu direction du membre. L'ensemble (le l'appareil fait corps avec celui-ci, il l'accompii^ne dans tous 6es soulèvements, el lorsqu'il est dessccliû îl assure l'immobilité lu plus sûre et lu plus commode.

J'ai décrit d'une manière (jénérale, pages 13 et lu, les précautions a prendre dans l'application du bandage amidonné. Pour rendre mes descriptions plus claires, j'emprunte à M. Vidal (de Cassis) les figures suivantes : lu fifjure 1 5 représente les trois attelles; la figure 16 montre lu disposition du

TIIAITEMEMT CËNF.IIAI,.

bnmiagc et ifes deux cartons l;itéraux au • dessous du pied ; ta figure n, le côté externe et postérieur de l'appareil. On remarquera dans cette dernicrc iÎQurc une ficelle placée au-dcvanl du cartoD externe; elle est enircla peau et le bandage ilont elle senù mesurer le degré de compressioa :

l'auieur l'appelle compressimèin, et juitiais elle ne doit être assez serrée pour qu'on ne puisse pas li faire jouer de linul en bas, en liront stir ses eKirémitcs.

S !. GontUèr»!.

'K'ày^ Les {jniiltières ont aussi Je remarquablcs avanta{;es. Elles ont été préconisées par MM. Uouchct (de Lyon) dès l'aDriH 1812, et depuis par MM. Champion, DieH'enbacb, Muyor, Itlandin, etc.

Les gouttières de M. Bouchet étaient de bois, celle; île M, Ilhindin de fer-blanc; leur courbure à peu près uniforme les faisait ressembler à de longues tuiles; elles étaient ins légèrement courbées an niveau du jarret , et s'étendaient du milîcti de la cuisse au milieu de lu jambe. Soutenant ain^i li jointure en arriTrc et sur les côtés, elles offraient quelque: avantages ; mais le lalon et la partie supérieure de la ciiis><'. restés libres, ]iouvaient s'abaisser en se creusant tinepl;ii''' dans le lit, et i'apjareil pouvait se renverser en dedans ou en dehors.

La goullièie qne M. Mayor a pniposéc, et dont M. Tliiifi a donné le dessin [i], est siipéricnrc aux précédentes. Ellei'^i itiouléc sur la foj-mcdii membre; elle s'étend A toute la jaiul'^ et soutient le pied ; mais elle ne remonte pas au delà du tici« inférieur de la cuisse, et ne maintient qu'incoinpiéremeiit ^-^

il) Imité da bamlai/cs.

MOVEXS D'iMMUDII.Isen LE GtNUL. tAB

fémur, dont les mouvcmeiUs !>e limisiiieltent nécessarieinent au c.enou; rien ne l'assujetlit sur ies côtés; elle tourne Facilemenl sur sa face |iosiérieure, de sorte t\ae le membre n'est |)as imniobilc , et peut reposer sur le côté externe du talon.

Goulliêres de l'auîeur. — Poursuivant la même idée que le cliirurgicn de Lausanne, j'ai fuit foire des (jmitticres de fil de fer qui se moulent complètement sur lemeinbi-e, s'étendent A louie sa longueur, et embrassent les deuv tiers postérieurs, de manière qu'il est saisi û la fois par de Inr^es surfaces et contenu par tous ses points. Elles dilTèrcnt de celles de Mnyor eu ce qu'elles sont légèrement fléchies , et qu'elles sont mainleuues par&itement immobiles au uioyen d'un trépied qui est flxéautaloDde la bottine, et qui rcmpêcbe d'exécuter aucun mouvement de latéralité. Ces (j'iutliîres , convenablement iDulelassées , sont très commodes, et une pratique déjA andeimc m'it appris combien elles étaient utiles. Un s'en fera une idée en considérant les figures 18 et 19.

Fie. .«■

la première représente l'appareil matelassé seulement en

dcdatis-, la seconde, l'appareil matelassé sur toutes ses faces.

Cependant, quoique dans la plupart des inflammations

S&ft TltAlTEMEfiT GÉNÉUAL.

aiguës elles aient produit un soulagement aussi prompt que complet, il est des'cas où elles ont été insuffisantes. Cette infériorité par rapport aux gouttières, que je dccriiai en parlant des maladies de la hanche , et qui ont constamment amélioré Tétat des malades, m'ont conduit à rechercher si elles ne renfermeraient point encore quelques imperfections. Je crois trouver celles-ci dans Texistence du sous-pied et dans Tabsence de moyens de contre-extension qii empêcheraient aux malades de glisser dans le lit. La gouttière à extension et sans sous-pied, représentée figure 9, page 325, permet de réaliser ces vues; il serait utile seulement d'en diminuer la longueur. Comme le décubitus prolongé entraîne quelquefois des accidents, et exige toujours un assujettissement pénible, il est bon d'associer Timmobililé du genou avec les mouvements du tronc. Pour obtenir cette combinaison, il suffit, à l'exemple de Sauter et de Mayor, d'attacher à un point fixe placé imdessus du lit Tun des appareils qui servent à immobiliser le membre inférieur. La figure 20, représentant, d'après Mayor,

Fig, 20.

le traitement d'une fracture de jambe, ^mne une idée dit mode de suspension que l'on peut adopt^^mats il ne faut pas

MOVENS DE FACILITtn LA STATIUN ET LA MARCHE SAS

V cherclier im inuilèle ctp soutien et (i'itntDobiliiîation du membre inténeiir. On peut aussi , de prcfcroiicu h la suspension, recourir aux bandu[;es nmidoiincs, que le malade peut [oiijours soulever snns peine pendant qu'il est au lit.

Ait. 111. — TuTEDiis ou ■

iS DE FACILITE! U STATION ET Là aiiCRE.

Les tuteurs du genou peuvent remplir diverses indicntions : I<'ctn|)éclicrle3 mouvemcnls de latcinltté, tout eu permettant ceux de flexion et d'extension ; 2° rendi-o l'articulation coinpIiSrcLiicni imiDobile; 3° prévenir les pressions qu'entraîne le poids du corjis; ft* combiner ces diverses actions entre elles.

I , Talaurl utienléi dam le ■«

1 d* la fleiioD.

Ces tuteurs, <|ui pcrnictlcnt les mouvements de flexion cl J'eitension, et empêchent tous pig. 3,.

ceiii: de latéralité, sont très Qcnéralemcnt employés dans les {;cnoux en dedims; ils apparlieiiiLcnt au domaine public.

Mills, parmi le grdnd nombre do biiiluijisies t|ui en consiniisciii, liien peu connaissent les disposiiions qui permetiont soldes iltn assurer le l'ésultut. Les uns se contentent de tyontants externes articulés au nive:m du Ijeaiiu ; les autres bornent leurs upparedsatix parties voisines de ceilE articulation; presque luus i(;norent les dispositions découvertes par M. F. Martin , et que iloit pixisenier l'articulation de l'apfKiieîl visa vis les condyles Ju rémur. .

il faut que les brnncbes d'acier réoncnl lou I â la fois sur les côtés — loierne et externe du membre -

3/i6 THA1TËMIS^T GÉNÉfiAL.

inférieur, et que celle (|ui est en dehors s'étende jus(|ue pr^s du grand irochanter, si elle ue s'articule, ce qui est préférable avec une ceinture placée autour du bassin (fi(j. 21).

Ces deux branches doivent être unies entre elles par dus demi-colliers solides au niveau de la cuisse et de la jambe, et au moyen d'un étrier qui traverse la chaussure en avant du talon, et qui est uni en giuglyme à la branche tibiale.

L'articulation au niveau du genou doit être construite d'après les principes que j'ai développes pages 318 et 3 1 9, eu ro'appuyant sur les observations de M. F. Martin.

$ 3. Tat«ori inflexibles.'

Les bandages amidonnés ou dcxlriués, étendus depuis le haut de la cuisse jusqu'au bas de la jami)C, et rendus suffisamment épais, donnent de la solidité au genou, préviennent des déloniialions, et peuvent faciliter la marche ; niîiis ils sont pesants, leur usure est prompte, et ils ne peuvent être portes commodément avec les chaussures ordinaires.

J'ai fait disparaître ces inconvénients en faisant construire des gouttières en cuir solide^ moulés sur le membre, fendus et lacés en avant. Ces gouttières sont inflexibles et exercent la compression comme le bandage amidonné; mais leur pression ne produit aucune douleur. Elles ne s'altèrent pas en quelques semaines, et leur poids ne les rend pas incommodes; elles ont seulement rinconvénient de ne pouvoir être construites par le chirurgien lui-même, comme le bandage amidonné; elles exigent un moule de bois de même forme et de même dimension que le membre malade, et sur lequel on fait sécher le cuir de vache qui sert à les construire.

Si Ton préfère des tuteurs dont la partie solide soît formé de branches d'acier latérales, semblables à celles des appareil articulés, il suffit de supprimer le mécanisme qui permet, au niveau du genou, les mouvements de flexion et d'extension. Comme ces tuteurs exercent une compression au-dessus du genou, ils ne peuvent être utiles qu'autant qu'on associée leur emploi celui d'une genouillère de peau de chien.

MOYKNâ' DM FACILlTIill LA STxVllON ET LA MAACHË. 3&7 $ 3. Tateurf qaî préviennent la preision du poîdf du eorpi .

Les béquilles remplissent parfaitement cette indication; mais leur usage prolongé est tout à la fois si pénible et si disgracieux que Ion se demande si Ion ne pourrait pas soutenir le poids du corps par un moyen aussi sûr et cependant moins incommode. Ce problème peut être résolu par des appareils qui, embrassant tout le membre inférieur, prennent leur point dappui sur Tischion, comme le font les membres artificiels de MM. Mille (d'Aix) et F. Martin (1). J*ignore qui a eu le premier ridée de faire cette application aux genoux assez malades pour ne supporter que difficilement des pressions ; mais je (lois dire que j'en ai vu qui sont construits depuis plusieurs années et qui ont été faits sur les indications de MM. Palasciauo (de Naples) et Pravaz (de Lyon). Dans ces appareils, une gouttière de cuir embrasse lu cuisse et la jambe, et elle est fixée à deux montants d*acier qui s^ariiculent avec un ctrier fixé û la cbaussure.

$ 4. Tateurf qm reniplisfent plntîean îi

Pour assurer rimniobililé du genou et le décharger du poids du corps, M. Seutin associe Tusage des béquilles avec le ban* clage amiilonué rendu, suivant son expression, amovo inamovible. J*ai souvent fait une combinaison analogue et préférable, à mon sens, en |)rescrivant tout à la fois les béquilles et les gouttières de cuir, solides, en arrière et en avant.

Le tuteur, qui prend son point d appui sur Tischion , et que nous avons attribué plus haut à MM. Palasciano et Pravaz, n mptit bien la double indication à laquelle nous supposons (jnon doit simultanément satisfaire. L'expérience m'a cependant démontré qu'il est insuffisant. La gouttière de cuir qui embrasse le membre, étant fixée aux montants latéraux que des colliers tiennent à distance, ne comprime pas le genou, qni est alors disposé à s'engorger et à éprouver des ébranletnents douloureux. Pour éviter ces inconvénients, il faut, d'une pan, exercer la compression au moyen d'une genouillère lacée

(i) Vuycz Arnal et Martin, Mémoire sur l'amputation sm-malUolaire^ dam Mémoires de t Académie de médecine^ Paris, 1 843, t. X, p. 69 et suiv.

9A6 TnAITEMENT CKKËBAL.

et de peau de chien; defaïUie, employer le tuteur i|ui prcod

son point d'appui sur l'ischion.

La Bgure 3 2 représente les dispositions que j'ai adoptées pour réaliser cette combinaison. La genouillère, placée en dehors . ne se distingue pas iiussi complètement qu'on pourraii le désirer, et l'on ne voit pas non plus la branche d'acier qui règne le long de la face interne du membre. On comprend touirtiDis qu'à l'aide du cuissard et des moulants latéraux qui sont articulés en ginglyme avec l'cirirr de la chaussure, le poids du corps se transmet au sol sans l'intermédiaire du genou, et que celui-ci , protégé par la genouillère et par des courroies, nu peut ni s'engorger, ni se dévier, ni éprouver d'ébranlement douloureux (fig. 22).

Depuis l'inventioD de ces aji- |>fireits, j'ai pu faire nnrclier sans béquilles, et avec les a\>\yjrcnces de lu guérison, des malades qui, sans ces moyens prulecteurs, auraient à peine [m sortir de leur lit. Je citerai plu^ loin l'histoire de trois malade; iitTcctcs d'ankyloses angulaiics du genou. Quatre à six se- ■ maincs après lu rupture de«j

ankyloses, qui étaient osseuses, le membre étant i-edressc, ces malades ont pu martlier en s'aidant seulement d'une canne; quehiues semaines plus tard, celle-ci n'a plus éic nécessaire. l>es observations analogues onl été faites sur di-tumeurs blanches qui cKigcaicnt impérieusement l'euiploi des béquilles.

Tous les tuteurs dont il vient d'être ((uestion sonldisiinés à des membres assez allongés pour que le pied repose sur

MOYKNS DE IlÉTABUR LA MOBILITÉ DU GENOU. SÙÔ

Je sol. Mais si In flexion du [;cnou est tout î\ la Fois incurable et très prononcée, on peut rendre la marche moins pénible, et dissimuler en partie la difl^brmitc au moyen de divers appareils que Ton trouve dessinés dans l'ouvrage de M. Ferdinand Martin , sur les Appareik prothéltques des membres infé^ rieurs. Deux d'entre eux appartiennent à la pratique ordinaire; deux autres, beaucoup plus perfectionnés, sont de rinvcntion de M. Martin.

ÀBT. IV, -* Moteur dk bAtablir la mobilité dd gbroc.

Dès qu'un malade dont le genou est altéré se lève et essaie de inai'chcr, ses douleurs augmentent; elles se calment, au contraire, s'il se repose, et on les voit ainsi diminuer par le repos et s'aggraver par l'exercice. Ce fait, observé souvent, a entraîné tous les auteurs classiques à recommander Fimmobilitéduns le traitement des maladies cbroniques du genou.

Cependant si, au lieu de débuter par la marche, exercice complexe dans lequel la station verticale est associée aux coniractions musculaires, on fait exécuter des mouvements artificiels dans la position horizontale, ceux-ci ne produisent qu'une douleur passagère chaque jour décroissante, et, après leur emploi plus ou moins prolongé, la marche devient moins pénible.

Inutilité des mouvements nriiPiciels est subordonnée à la n)anière dont ils sont exécutes; il faut qu'ilsaient lieu sans secousses et sans produire de douleur, il faut surtout que limpuldinu extérieure se comnine et sharmonise avec l'effort des muscles qui meuvent la jambe sur la cuisse.

Ces diverses conditions ne peuvent être remplies d'une manière satisfaisante par l'intervention du chirurgien ou des aides daus la production des mouvements artificiels. Ainsi que je lai démontré sn traitant de celte question en général, il est nécessaire que ce soit le malade lui-même qui les fasse exécuter, et il ne le peut qu'avec des appareils spéciaux. Parmi ceux que j'ai fait constiuiie dans ce but, les uns sont destinés à produire des mouvements alternatifs de flexion et d'extension, les autres des mouvements de rotation.

r*e8 considérations qui démontrent au genou l'existence de

350 TRAITEUKKT CEKEflAt.

la rotation, (voyez pages 313 et 313)fontpresBeniirrDtilitédes moyens qui peuvent lui rendre son étendue normale; niais les appareils que j'ai fuit construire dans ce but n'ayant pas produit des résultats évidemment miles, je me contenterai Je les indiquer, et j'insisterai seulement sur les appareils de flexion et d'extension.

$ I. i^pareîli da Ikiim at d'eiteoiiiui. Parmi les dispositions nombreuses que j'ai imaginées pour donner aux malades la facilité de communiquer à leurs geaoux des mouvements alternalirs de flexion el d'extension , aucaoc ne m'ii paru plus favorable que celle que représentent lei (if>ures23 et 24.

Dans la figure 23, l'appareil esi applique sur le malade, qui le met en jeu ; dans la figure 2fi , il est tel qu'on le fabrique, il w

MOYENS DE ntTABLia LA UOOILITÉ DU GENOU. Fig. H.

compose : l» «le deux parties articulées entre elles , dont l'une embrasse la cuisse, et lautre la jambe ; 2" il'nn support ilesliiié à maiotenir le mécanisme à une luiuletir suFlisaute, età porter ane poulie ; Z" d'uoe corde atiaclice au bas àé la partie jniubière, et d un manche fixé en haut de celle-ci. Toute la cbrpeDie de l'appareil est d'acier; les surfaces ()ui doivent cire eu contact direct avec le membre sont de cuir matelassé. II suffît de jeter un coup d'œil sur ces figures pour comprendre i]ue le malade peut étendre )u jumbe en tirant la corde réfléchie sur la poulie, et en tirant à lui le rnanchede Tinstruincnt. Ce manche lui sert à produire la flexion, et en passant (le l'un de ces mouvements à l'autre, avec plus ou moins de rupidiié, il Force le tibia b jouer sur le Fémur comme il le fait (Imig l'état Donnai.

352 ir.AlTKMtNT GÉNÉBAL.

Le mccanismc que je viens ile Jccrire est semblable à celui que j'ai fait représenter en 186S dans la Gazette médicale. On remarquera, toutefois, que le manche était alors vissé seulement sur la branche jambière extérieure; il fallait la changer de place lorsque lappareil, après avoir servi pour le côië droit, était applique au côté gauche, et réciproquement. M. Slanc, mécanicien à Lyon, a Fait disparaître cette incoin* roodité au moyen de la fourchette qui se fixe aux branches jambière et externe. Grâce à cette modification, Tappareil peut servir à Tun et à Fuutre côté sans qu'aucun changement soit nécessaire. • *^

Lorsqu'il est utile de maintenir le genou dans une position

déterminée, il suffit de fixer le manche de l'appareil à ua

corps solide. Je préfère cependant ajouter un arc de cercle

gradué (fig. 25), muni d*u.nc vis de pression, dont on soude

les deux extrémités à la branche hoi*izonlale externe de

Tappareil.

Fi(j. a 5.

Grâce à cette addition, on peut mesurer l'étendue des mouvements, reconnaître les progrès de la cure, et maintenir pendant un certain temps la jambe au degré de flexion que l'on juge convenable.

Cependant, pour communiquer des mouvements au genou, on peut se contenter de saisir la jambe avec une cravate, et d'exercer sur celle-ci des tractions avec une corde réfléchie sur une poulie. Cette disposition, que j'avais adoptée, dès le principe, poiiiLla hanche, ainsi qu'on peut le voir dans mon mémoire snv lesappareils de mouvement, est représentée dans la figure 26.

MOYENS DE n^.TARLin I.A MOBILITÉ DU r.F.NOIJ.

On remarquera le moJe suivant lequel est obtenue la fixité (le la cuisse. Celle-ci repose sur une lahie , à laquelle sont vissés t|uutre pitons terminés par îles crochets; des cravates sllaot d'un piionà l'aune, et notices au-dcvaiil Je la cuisse, empêchent celle-ci d'clre soulevée lorsque l'on ijmtique l'extension du geuDU. Ces dispositions ingénieuses et faciles à n-iilisersont duesà M. Desgranges, chirurgien en chef désigné de l'Hôtel-Dieu de Lyon.

Cependant on se ferait illusion si l'on pensait que ces Dioyens simples peuvent remplacer mon appareil avec lequel

35 à TiUlTEMENT SPÉCIAL.

j*ai obtenu tous les bons résultats qui me conduisent à le re* coinraander. 1° lisse bornent à produire l'extension, la flexion ne se faisant que sous Tinfluence du poids du membre ; 2^ ils ne soutiennent pas en arrière la partie supérieure de la jambe, ce qui est cependant de la plus baute importance pour prévenir les luxations du tibia en arrière; 3' on ne peut les transporter partout avec une égale commodité; li^ les mouvements qu'il communique n'ont pas la douceur et Tuniformité de ceux qui s accomplissent dans mon appareil.

Remarquez que, dans ce dernier, les tiges d*acier qui lignent le long de la cuisse et de la jambe, et qui sont articulées au niveau du genou, ne permettant que la flexion et Textension, empêchent toute secousse latérale.

On n'a plus les mêmes avantages lorsque le genou est complètement libre : aussi les dispositions que représente le dernier dessin ne peuvent-elles suffire que lorsque le genou n'est pas sensible et qu'il est médiocrement enroidi. Dans des conditions opposées, je l'ai trouvé très inférieur au mécanisme que j'ai adopté, toutes les fois que des raisons d'économie m'ooi obligé d'en faire usage.

Page 1