KYSTES DU POIGNET
M. Velpeau, peuvent sans doulc être dissous par Hodure de potassium et être résorbes après cette dissolution. Siins doute aussi on peut se contenter, s'il ne sort qu*une petite quantiié de liquide, d'injecter de la teinture d'iode pure, comme je Tai fait dans des hydarthroses.
Les opérations dans lesquelles on ouvre assez largement le kyste pour que tair puisse y pénétrer sont 1** : le sdton passé d'une extrémité fa l'autre de la tumeur; 2° la cautérisation assez profonde pour pénétrer dans sa cavité; V enfin l'incision étendue à toute lu face antérieure du kyste , ou bornée à la division des parties molles au-dessus et au-dessous de celui-ci.
Quelle que soit celle de ces méthodes que Ton adopte, elle peut entraîner les plus graves accidents; ce sont non seulement des inflammations et des abcès qui envahissent la main et lavant-bras, mais des résorptions purulentes qui peuvent être suivies de mort. Les observations de Boyer, de Kicherandpde Dupuytren et de Lisfranc démontrent trop bien la gravité de ces opérations pour que Ton puisse s*y décider, surtout aujourd'hui que l'on a, dans labsorption de l'iode par la méthode endermique, dans les incisions sous la peau et dans les injections iodées, des ressources ignorées de ces auteurs.
§ 2. Kjfltefl plaoéfl lur le doi du poignet.
Dans ces kystes, les résolutifs, quoique d*un emploi toujours incertain, offrent plus de chances de succès que dans ceux de la paume de la main ; ils ne peuvent suffire toutefois que lorsqu'il n'y a point de concrétions granuleuses mélangées au liquide.
Vécrasement de la tumeur avec les pouces est une méthode généralement employée; elle exige une pression forte et instantanée. J'ai remarqué que, si l'on échouait souvent dans ces tentatives d'écrasement, c'est que l'on ne donnait pas à la main une position telle que la tumeur ne pût échapper à la pression : la main ne doit pas être étendue et placée sur une table ; elle doit être fléchie et appuyée sur un corps arrondi. Dans cette position, les os du carpe Iburnissent un point d'appui solide, ce qui facilite beauconp la rupture de la tumeur.
On a iniagiué divers moyens pour faciliter cet écrasement,
608 TOAITKMKNT SPÉCI.iL.
teU que rintcrposition d'un morceau ih cnrlon en rornie de pe]|e, l'usage d'un étau rcgic par un dynainomèlre, et, an lieu d'une pression forte, on a employé la percussion avec un maillet. Ces moyens violents ou compliqués sont inutiles; la pression avec les doigts doit leur être préférée. Mais si Ton veut agir avec toute Ténergie nécessaire, il ne faut point presser avec la pulpe des pouces, comme le conseillent la plupart des auteurs, mais avec le dos du doigt indicateur Héchi. En se servant de ce corps beaucoup plus résistant, et en plaçant la main dans lu position dont j'ai démontré plus haut les avan* tages, on réussit dans la grande majorité des cas.
Mais Técrasement ne donne le plus souvent que des résultats momentanés ; car le liquide se reproduit et le kysie repa* rait. On peut toutefois obtenir des succès définitif^, en renouvelant les écrasements par des pressions assez fortes et assez prolongées pour déterminer de la douleur et une iuHammation adhésive. Des vésicatoires pansés avec la pommade iodée et la compression circulaire sont souvent des adjuvants utiles pour assurer et maintenir la guérison.
C'est pour les kystes du poignet qu'ont été surtout prati- (piécs les opérations sous-cutanées ; on y a fait des ponctions simples, des ponctions suivies de la lacération de rintérieur du kyste suivant le procédé de M. Cnniin. On a fendu le kyste on amande, ainsi que l'a conseillé M. Barthélémy, ou longitudinalement, à l'exemple de M. Marchai.
Quel que soit celui de ces procédés (ju'on mette en usage, on est exposé aux récidives, ainsi que M. Velpeau Ta constaté dans plusieurs essais; et, de plus, lorsqu'on fait de grandes incisions sous -cutanées, on divise des filets nerveux et Ton produit dans les doigts des douleurs et des perles de sensibilité pénibles et plus ou moins durables.
V injection iodée n'expose point à tous ces accidents; elle réussit au poignet aussi bien que dans les hydrocèles, ainsi que le démontrent les observations de M. Velpeau. Sur dix opérations qu'il avait faites en lS/!»i (1), il avait obtenu dix succès, et Tune de ces réussites avait eu lieu même chez un malade
(i) .innate^ (te ta rfiirnr^le finncni^e, t. VIU,|). i.Ti rf a»iv.
OU (les granulations flottaient dans la sérosité. Lors(|ué l'écrasement ne peut réussir, ou qu'il est suivi de récidive, lu méthode des injections iodées est sans aucun doute celle que Ton doit préférer.
L'inmïo/i, y extirpation des kystes, le passage d'un sëton à travers leur épaisseur, et, en général, toutes les opérations jtii entraînent la suppuration exposent à trop d accidents et sont trop inférieures aux méthodes sous-cutanées pour qu'oit puisse les adopter et qu'il soit nécessaire d'en traiter avec détait.
Ait. 1Y. -^ Tubeiir blamcSs 00 FoiGNEt.
Dans ces tumeurs blanches, il laut redresser le poignet, s*il est incliné vicieusement dans un sens ou dans l'autre ; rimmobiliser momentanément s il est le siège d'une inflammation aiguë, et lui donner un tuteur si la téie du cubitus tend ft se luxer en arrière. Les moyens qui permettent de remplir ces indications ont été décrits pages 589 et 594 , je me contente de les indiquer.
Les mouvements artificiels ont ici, comme dans les autres tumeurs blanches, une grande importance, et doiveutétre rois en pratique d'après les règles générales que nous avons tracées à ce sujet.
Voici l'observation d^un malade chez lequel ils ont ^técum binés avec diverses médications, et, en particulieri avec Fem* ploi d*un tuteur.
XL* OfSBiivATios. — Maladie du poignet droit datant de t/± ant; ttuneUs' fongueuse de V articulation radio'Carpienne j gonflen^ent; douleurs vives; pronation de la main; absence de mobilité. Traitement par divers mojrens^ et en particulier par les mouvements artificiels. Amélioration.
J.-Pbil. FârQet, â(*é de qaarante'-qiiaire ans, Mt entré dang la «allé de clU nique le 8 octobre t%^%. A celte époque, il touffralt da poignet droit depiiii m\% ans, et depuis one année il avait été forcé d'interrompre le travail de la profession de coltiTateur. Après avoir iirivi eliet lai divers traitements infrne^ lueux, il vint une première fois a rH6tel-Diêa de Lyon, au commencement «le Tannée 1 848. Le chirurgien dans le service duquel il fat placé combattit t*itifl.immation et la douleur dont le poignet était le tii^ge par des applieatiunt de sangsues, par des cataplasmes cmollients, et par rimmubilitc. IMus lard, Il
eut recours ou cautcre nctuel et fit sur le p^ii^rfict cinq rntcs Je feu. Ce» moyens, ninsi r|ue les ilouches de v.ipiur et les divers lioimeiiis mis en Qf.'i;;r, ne produisirent nncune nuirliorniion.
iiorsqiie le mntade fut soumis à mon exnmen, il existait, au niveau de iSrlicnlation radio-carpiennc, une tumeur molle et s.iiis flucination f|ui, plus saillante en arrière, s'étendait aussi en avant et sur lis côtés. La circonfêrcnee du poi(;net était de o,qo centimètres du côté droit; à {fauche, elle n*clail que de 0,168 millimètres. La peau était lé^rrrement rou(ye et tendue sur la tutneur; celle-ci e'tnit le s'ié^e d'un seniiuient de chaleur et d'une douleur vive, surtout pendant la unit.
La main était dans la pionaiion et en même temps lc{*èrement fiécbie et înclinde sur son buid radial. Il y avait luxation incomplète de rextrémiié inférieure ducubitns en arrière; les doigts étaient dans Textensiou et rapprocbés les uns des autres.
Les mouvements spontanés étaient tout à fiiit imponsildes. Si Ton essayait de faire mouvoir les jointures, on provoquait des doulfurs très vives et Ton constatait que toutes les articulations étaient enroidies. Il n'y avait pas de rraquemeniâ, mais, au dire du malade, ï\i avaient existe u une époque antérieure. L*cnroidissement du poi{];net était entretenu par le développement des fon{;osilés et par l'ulcéralion des cartilages. L'absence des mouvemeuts normaux coïncidait avec le ramollissement des li{^aments;on en trouvait In preuve dans la liixaiion iiici;inplète dn cubitus et dans la facilité avec laquelle on imprimait à la main des mouvements de {rli^semeul sur lexircmité iufcricure du radius.
De Tensemblc de ces symptômes, il résultait que nous avions affaire à une arthrite avec production de fongosités; en d'autres termes, a une tumeur blanche du poi{;nct.
Les traitements antérieurs n'.iyant produit aucun résultat utile, il me parut qu'il y avait lieu de recourir à une autre méthode de traitement, et spécialement de substituer 5 l'immobilité un exercice méthodique de^i mouvements. Tous ceux de la main et des doi<}ts étaient perdus. Pour les exercer tou>, on mit en usage successivement et alternativement tous les appareils destinés au poignet. Le traitement fut commencé le 18 octobre. Pour faire cesser la sensation de chaleur, je prescrivis des applications fréquemment renouvelées de compresses trempées dans l'eau froide. (Je préférerais aujourd hui les frii^ tions avec la pommade au nitrate d'argent.)
Les premiers résultats du traitement furent la diminution de I.1 douleur ri du gonflement et la cessation du sentiment de chaleur. Après un mois, le» mouvements, d*abord très limités, étaient devenus plus faciles et moina douloureux; cependant l'amélioration était sous ce rapport lente et imparfaite.
Le 19 janvier i849i le malade fut soumis à l'action du chloroforme, et pendant sou iommeil j'imprimai au poignet et au.t doigts des mouvements roo* dérés dans tous les sens. Je m'appliquai suiiout à faire cesser TéCat de prona* tion dans lequel la main était fixée. Je la ramenai sans beaucoup |d*efVbrtt dans une position moyenne entre la pronation et la supination; dans crtie attitude, la saillie eu arrière de l'extrémité inférieure du cubitus dispara issaîl. Je Bs exercer aux <loigls des mouvements de flexion dans tootes leur* articu« lationi«