DÉVIATIONS DE LA TAILLK
Dans la pratique ordinaire j ai eu souvent à me louer des transpirations dans la couverture de laine ou dans le drap mouillé, suivies d abord de frictions froideSy et plus tard du bain froid momentané (voyez page U6).
Après les médications qui tendent à améliorer la santé, je place en première ligne celles qui ont pour but de rendre leur souplesse aux parties incurvées. On doit demeurer bien convaincu que lankylose incomplète due à la déformation des corps vertébraux et des fibro-cartilages intermédiaires, à la rétraction des muscles et à la densité des tissus fibreux, constitue la résistance essentielle que les difformités opposent aux moyeus orthopédiques. Faites cesser celte roideur, améliorez la santé, et la tige vertébrale se redressera d'ellemémei du moins dans le jeune âge.
Pour rendre cette souplesse aux parties déformées, la section des tendons conseillée par M. Guérin peut avoir une certaine utilité, mais elle n*est qu'accessoire. Parmi les moyens connus, la gymnastique longemps prolongée et pratiquée spécialement avec l'échelle de corde, les barres parallèles tiennent le premier rang ; il faut y ajouter aussi Texercice des armes fait avec la main qui répond à la concavité de la région dorsale.
Cependant ces divers exercices sont souvent insuffisants, inapplicables et n'agissent qu'imparfaitement sur la poitrine. Si la roideur est grande dans les parties déformées, les régions saines de la colonne agissent seules; et dans tous les cas, les côtes enroidies dans leurs articulations vertébrales ne sont pas excitées assez énergiquement à se mouvoir sur le corps des vertèbres et sur les a|K>pbyses articulaires.
Cette insuffisance des moyens connus ma conduit à étendre aux difformités de la taille le principe des appareils de mouvement. Aucune application de ce genre n a présenté d'aussi grandes difficultés, et malgré la persévérance de mes efl^bris réunis à ceux de M. Blanc, qui m'a très bien secondé dans ce ti^vail difficile, ce n'est qu'après plus de trois ans d'essais divers que nous avons pu réaliser un appareil qui fonctionnât d'une manière à la fois puissante et commode*
Cet appareil est représenté dans les figures 03 et 94»
670 IIERION DORSO-LOMBAIBli Ub LA CULOBNK VtllTÉBIULE.
ï«i ftyiiie 93 inonlre l'appareil isolé. Il se couipose d'uae cliiiise sur luqiielle s'élève une tige fourchue tet-inince par t-'ic. 93 (lescourroiesmutelassées
avec lesquelles ou due lai épaules. En avnni de la chaise, une colonne verticale supporte un levicr hoi-izotiftit mobile.
De ce levier |)8^ mie sorte de inaiu qui va embrasser l'épaule saillante, et dès qu'on Ini imprime des uiouvcmenls de va-et< vient, ceux-ci se IinnsmeUcDt à l'épsule et font tourner la poitrine sur son axe.
La figure 95 représente l'appareil eu fonciiun et mis en mouvement parle malade lui-même. On reinarquera que non seulement les épaules sont Bxées, mais que des courroies assujettissent également le bassin , afin que l'effort de la plaque dorsale ne déplace pas le torse, mais afjisse sur ta poitrine elle-méuie.
Il faut voir fonctionner cet appareil pour se faire une idée de sa puissance, ^i on l'applique à des difformités anciennes et comme ankylosées , il ne produit pas, il est vrai , un effvtt trrs marqué, mais U agit immédiatement chez des personnes encore jeunes et dont In déformation ne date que d'une ou deux années. Sous son action, la poitrine se détord, si je puis m'exprimcr ainsi , et par suite de celte rotation inverse de la rotation paihologiqu<', le coté enfoncé eu uirièrc se l'élève par secousses correspondantes à celles de l'appareil, en même temps que le lôlé saillant (c'est le'cotédicit dans la figure 94) est plus ou moins aplaii;
Ues accessoires' nriiubWHx sont ajoutés aux fuirties Ibnda*
UKVIATrUNS' ut LA TAILLE.
mentiiles que je %'icDS Fij. 94.
de décrire; ils ont pour but d'élever ou de faire descendre, suivant la tailler '" fourche qui fixe le torse et le levier horizontal dont les inouvtimcnts de va-i vientseconimuuiqtieDt 1 à !■! poitrine; une vis ' (le pression agissant SOI' un quart de cercle permet de fixer ce levier dans un angle quelconque, de manière fi réunira volonV les pressions continues aux j>re3sions par secousse. Les mouvements sont communiqués piir le malade luimême, comme le représente la figure 9li ou plutôt par des aides.
L'absence de douleurs dans les parties déformées permet de les continuer plusieurs heures par jour.
Je ne ])réiends pas qu'avec cet appareil seul on puisse redresser les tailles déviées; on se borne à détruire en partie la rotation et à donner du jeu à la colonne vertébrale et a la poitrine. J'ai acquis la preuve la plus irrécusable de l'aiBélioration que In mol^ilité tboracique éprouve sous son inHcnce dans deux cas de diiTormilcs portés encore plus loin que dans la figure 92.
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fille lie (juatortc ana. I,a ilifil« \a pitii lenilie eofancc cl iB d>(|'C ilei Kuiioiat. La gf ne
• 13 RÉGION DORSO-LOMBAIAë DE LA COLONS^IC VEATÉBRALK.
lie la rctpinition pi.iil extrême; Fascension d\in escalier, une coarâe un pee rapide produisaient l'anliélation; après une marche de cinq k dix Biinuleji, la malade manquait de forces et était obligée de s'arrêter. Elle fil usage de inn» appareil de mouvement pendant quatre à cinq mois; 1rs séances, de* drmi* heure à trois quarts d*lieure, étaient lépétces, du moins si je m* en rapporte aux parents, deux on trois fuis par jour. Ce traitement fut suivi «lanA le redott obscur qu'habitait cette pauvre fille. L'amendement de la difformité n*eut hea d'incontestable. Cependant le jeu des côtes sur la colonne fil dei pro|;rès gra* duels ; la gène de la respiration diminua peu a peu ; la marche devint de plus | en plus facile. Dans le cours du cinquième mois, elle put être protoDgêr, i sans repos, jusqu'à une heure, et, quelques Jours après» la malade ijravtt le i coteau de Fourvières, dont la pente est rapide, et dont le sommet était à quatre kilomètres de sa demeure.
Dans un cas également incurable, j*ai observé la diminution très sensible de l'oppression chez une fille de dix ans qui m'avait été amenée, par lessceun Saint-Charles, de l'établissement de Vernaison.
En présence de ces faits, je suis conduit à regarder les oppressions qui accompagnent les difforinités de la poitrine comme produites surtout par la roideur des côtes, et à reconnaître aux appareils une grande puissance pour les guérir. Qu'on le remarque bien, la gymnastique et Tescriine ne peuvent mobiliser le thorax dans les cas que j ai en vue, car ils exigent des efforts que l'oppression rend impossibles. Une méthode qui agit sur le malade immobile est seule applicable.
Quoi qu'il en soit, les appareils de mouvement ne sebornem pas, comme dans les cas extrêmes dont je viens de parler, à faire cesser loppression. Si la déformation est guérissable, ils aident puissamment à hâter le redressement de la taille. Je pourrais appuyer cette proposition de faits (|ue j ai recueillis depuis deux ans ; mais le résultat s étant borné, im seul cas excepté, à des améliorations plus ou moins notables, j'attendrai, pour juger de la valeur des moyens nouveaux que je propose, d'en avoir suivi l'application mieux que je n ni pu le faire jusqu'à présent, les malades ayant toujours été traités loin de mes yeux et sous la surveillance de parenls inexacts et incapables d exécuter ponctuellement une médication complexe et désagréable.
Quelle que soit rimportance du rétablissiunent de lu mobilité dans les articulations vertébrales, il importe que le irouc