MOYENS DE RENDRE À L ÉPAULE SA MOBILITÉ
Fig. 67. Fig. 68.
Art. III. — Moyens de rendre a l'épaule sa mobilité.
Les mouvements artificiels peuvent être produits : 1° par des aides; 2° par le malade lui-même à laide de certains appareils.
Si ce sont des aides qui cherchent à rétablir la mobilité du bras, ils doivent être au nombre de deu\: le premier, placé du côté sain, fixe l'omoplate, en la pressant avec ses deux mains contre la poitrine; le second lait mouvoir l'humérus, il doit d'abord exercer des tractions sur cet es dans la direction horizontale, afin de l'éloigner de l'omoplate, puis l'entraîner successivement en avant et en arrière, en dehors et eu haut, enfin , produire des mouvements de rotation et de circumduction.
Le nombre de personnes que nécessite ce procédé et la fatigue très prompte qu'il cause le rendent très peu praticable. On en reproduit trop rarement les applications, et on ne les fait ni assez longtemps, ni avec l'uniformité nécessaire.
On n'obtient de bon résultat que lorsque le malade peut diriger lui-même les mouvements, et les faire avec la constance, l'uniformité et la douceur qui seules en assurent le
TRAITEMENT GÉXÉBAL.
succès : ce sont ces avantages que réuniss: ni les appareils de mouvement. Ceux que j'ai fait construire sont de deux ordres: les uns inclinent le bras en divers sens sur 1 omoplate- les autres lui l'ont exécuter des mouvements de rotation.
Appareils d inclinaison en divers sens. — Ces appareils peuvent se borner à des poulies plaeées au-dessus, en avant et en
Fig. 69.
arrière du malade, sur lesquelles se réfléchissent des cordes attachées au bras par lune de leurs extrémités , et mises en mouvement par l'autre; il est nécessaire d'y joindre des lacs propies à fixer l'épaule et à l empêcher de suivre les mouvements de l'humérus; la figure G 9 donne l'idée de Tune des nombreuses dispositions par lesquelles on peut réaliser ces indications générales.
On voit que dans cet appareil les mouvements de l'articulation de l'épaule ne sont limités par aucune de ces tijjes d'acier, articulées entre elles , qu'on a pu remarquer dans les mé-
canismes destinés au genou ou au pieu", .l'ai lien de craindre que l'absence de ces régulateurs qui forcent le mouvement
MOYENS DP. RENDRE A L'ÉPAtitE SA MOBILITÉ, 561
à s'accomplir uniformément dans la même direction no nuise au succès, et n'ait produit les résultais, eu général, imparfaits nue j'ai obtenus du jeu artificiel de l'épaule. Je sciais disposé à revenir au mécanisme que j'employais il y a quelques années, et qui se composait d'une cuirasse (voyez fi;}. 67), avec laquelle une brassière s'articulait en un gingîyme: borné aux mouvements d'élévation et d'abaissement du bras, le jeu de la jointure ne pouvait se faire que dans une seule direction; le mécanisme était plus complique , mais ce désavantage était sûrement compensé par la supériorité des résultats.
Le mouchoir qui fixe l'épaule et que j'ai emprunté à M. Desgranges, chirurgie» en chef désigné de l'Hôtel-DieU de Lyon, n'est pas non plus aussi puissant à contenir que facile à employer. Il laisse libre le bord externe de l'omoplate, et il n'a pas une inflexibilité suffisante. Une gouttière de fil de 1er matelassée, semblable à celle qui est représentée figure 67 , assujettit mieux l'omoplate, si elle est solidement fixée au siège qu'occupe le malade, et si elle fait corps avec le tronc au moyen dune ceinture circulaire; elle prévient, autant (pie possible, les déplacements de l'omoplate. Je regrette de ne pas avoir fait dessiner en temps convenable ces dispositions nouvelles, dont il est facile, du reste, de comprendre la description.
Appareil de rotation du bras. — Cet appareil se compose d'une gouttière qui embrasse le membre supérieur fléchi, d'un manche que le malade saisit avec la main saine et qu'il élève et abaisse alternativement, et enfin d'une tige de fer dont une extrémité s'attacbe à la gouttière et dont l'autre roule dans un anneau solidement fixé; l'élévation et l'abaissement delamain dans cette disposition entraînent la rotation de l'bumérussur son axe.
Dans le principe, la tige qui roule dans l'anneau suivait la prolongation de l'axe du bras. Depuis quelques années, afin de mieux imiter les mouvements naturels, je lui ai donné une direction oblique di\ sommet de l'humérus à l'union du tiers moyen et du tiers supérieur de l'avant-hras. Vn défaut de perspective fait que la figure 7 0 ne donne qu'une idée; assez
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imparfaite de celte direction ; elle suffit, du reste, pour faire comprendre le mécanisme de; l'appareil.
Suivant la hauteur et la direction du siège sur lequel il est placé, le malade peut imprimer des mouvements de rotation au in as diversement élevé et écarté du tronc. Quoique l'épaule tende moins à se déplacer alors que dans les mouvements d'élévation , il importe de Passujettir contre la poitrine à l'aide d'une gouttière pectorale, et d'éviter ainsi la négligence que laisse supposer la ligure 70.
Art. IV. — Tuteurs propres a faciliter les fonctions de l'epaulë.
En chercliantà généraliser l'application des tuteurs à toutes les articulations, je m g suis demandé si l'on ne pourrait pas en construire qui prêtassent à l'épaule malade un appui suffisant pour faciliter ses fonctions.
J'ai pensé que lorsque lécarlemCnt du bras est très difri»