‹ Traité de thérapeutique des maladies articulaires (volume 2)Chapitre 102 sur 151 · TRA1TCMENT GÉNÉRAL DES MALADIES DE L'ÉPAULE · texte numérisé non relu

TRA1TCMENT GÉNÉRAL DES MALADIES DE L'ÉPAULE

Ce traitement se compose des mêmes éléments que celui des articulations précédemment étudiées.

Art. Ier. — Moyens de ramener le bras a une bonne direction.

Lorsque le malade debout porte le bras en écharpe, l'humérus a la direction et le degré de rotation le plus favorable à la guérison; aucune partie de la capsule n'est distendue et aucun déplacement n'est possible. Il en est de même lorsque le malade étant couché, le bras est parallèle à l'axe du tronc, et que le coude est un peu éloigné de la poitrine. Mais si celui-ci n'est pas soutenu et qu'il retombe en arrière, la tête de l'humérus se porte en avant et distend les parties molles qui la recouvrent dans ce sens.

Lorsque l'on observe cette direction vicieuse du membre Supérieur, le seul effort des mains suffit pour la faire cesser, du moins dans les affections aiguës; mais si des adhérences solides assujettissent le bras, le redressement exige une médication plus énergique. ISous décrirons celle-ci en parlant de l'ankylose de l'épaule et des appareils de mouvement.

Art. II. — Moyens d'immobiliser l'articulation de l'épaule.

Lorsque le malade est couché sur le dos, il suffit que le bras repose en arrière sur un coussin pour que l'articulation de l'épaule soit en repos. Il est à noter toutefois que cette immobilité ne produit de soulagement qu'autant que le coude

ne retombe pas en arrière et qu'il est soutenu sur le même plan que la cavité glénoïde. Nous en avons donné plus haut la raison.

Cependant l'immobilité dans le décubitus dorsal est très difficile à conserver, et, soit que le malade change de position dans le lit, soit qu'il se lève, il ne peut prévenir les mouvements de l'articulation de l'épaule qu'autant que le bras fasse corps avec le tronc. Pour faire de ces deux parties un tout dont les éléments ne changent point de rapports entre eux, on peut recourir aux divers appareils qui servent dans les fractures du col de l'humérus. Telles sont l'éeharpe et la serviette passée autour du corps, létoupade de Moscati, la demi-gouttière brachiale de Mayor, et le bandage cartonné et amidonné de M. Seutin ; ce dernier surtout, par la prise qu'il a sur la poitrine et sur le tronc, et par la solidité que la dessiccation lui donne, est propre à remplir le but qu'on se propose.

Cependant, comme il peut blesser le malade, qu'on ne peut le changer à volonté, et qu'il est assez difficile, à son aide, de tenir le coude au degré décartement du bras qui prévient toute distension dans 1 épaule, on doit souvent lui préférer le système de gouttières que j'ai fait connaître dans la Gazette médicale eu 1839, et que j'ai appliqué primitivement aux fractures du col de l'humérus.

Cet appareil se compose de deux gouttières réunies entre elles à angle aigu, dont l'une embrasse la moitié de la poitrine, du côté malade, et dont l'autre soutient le membre supérieur fléchi au niveau du coude. La gouttière pectorale, dont la figure 67 montre, la face interne, est munie dune ceinture horizontale qui l'assujettit autour du tronc, et d'une bretelle (oubliée dans les dessins) qui passe au-dessus de l'épaule. La gouttière brachiale fait corps avec celle qui entoure la poitrine (fig. 68), et dès lors le bras suit le tronc, quels cjue soient les mouvements que celui-ci exécute.

A l'article consacré aux fractures de l'humérus on trouvera un dessin qui représente le malade placé dans l'appareil, et qui pourra donner une idée de la solidité qu'il assure à l'épaule et de la facilité que présente son emploi.

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