CHAPITRE DIXH'lJf
TRAITEMENT SPÉCIAL DES MALADIES DE l'ÉPAELE.
Ar.r. Ie*. — Entorses de l'épaule.
Les mouvements forcés du bras peuvent produire des déchirures de la capsule articulaire et des parties molles environnantes, sans qu'il y ait de déplacement ou de solution de continuité des os. Ces déchirures sont démontrées parles expériences cadavériques et par les ecchymoses sur le vivant. Dans quelques expériences, on voit les lambeaux de la capsule interposés entre les surfaces articulaires; et M. Saden a eu l'occasion de constater., par l'autopsie, le déplacement de la longue portion du biceps qui reposait sur la petite tubérosité de l'humérus.
L'existence de ces déplacements conduit à faire précéder l'emploi des moyens d'immobilisation de mouvements divers imprimés à l'épaule. La valeur de celte méthode est démontrée par les recherches de Duverney et de W. Cooper.
u II arrive quelquefois (1), dit Duverney, que le bras, ayant été mis en différents sens par des efforts extraordinaires, se trouve dans une impuissance absolue de se mouvoir, parce
(i) Potiteau, OEuvres poslhtitneSi, t. lî, p. 3op.
(iue la situation naturelle de l'os dans sa cavité et l'attitude des muscles ont été contournées. Les muscles du bras ont été tellement dérangés, qu'ils sont reste's clans une situation toute contraire. Tous ces désordres (ont perdre le mouvement au bras, et le malade en sera estropié, si l'on ne dégage promptenient l'os et les muscles de la gène où ils se trouvent.
» Toute la cure consiste à replacer promplernent la tête de l'os rpii s'est contournée; ce qu'il faut faire en l'obligeant de se mouvoir en différents sens, et surtout en le tournant en sens contraire ; on le contiendra ensuite par un bandage. Cette maladie est commune, et elle est souvent prise pour une luxation, surtout par le peuple grossier, pour qui toute difficulté de remuer un membre est un déplacement des parties osseuses.» W. Cooper a suivi une pratique analogue : « Un cas extraordinaire se rapportant au muscle biceps se présenta, dit-il, une fois dans notre pratique. Une femme, trois jours avant de nous consulter, se luxa, à ce qu'elle crut, l'épaule, en tordant des linges lavés. Elle nous dit qu'en étendant le bras dans cet acte, elle avait senti quelque chose se déplacer à l'épaule. L'examen fait de la partie, nous restâmes convaincu qu'il n'y avait pas de luxation; mais, observant une dépression à la partie externe du muscle deltoïde, et trouvant la partie inférieure du biceps rigide, et le coude dans l'impossibilité de s'étendre convenablement, nous soupçonnâmes que la portion tendineuse externe de ce muscle était sortie de Ja coulisse de l'humérus qui la reçoit. Celle partie présentait à celte époque un peu d'inflammation, et la femme ne s'en était pas servie depuis longtemps. Nous lui conseillâmes des applications émollientes et le repos jusqu'au lendemain matin. Le lendemain venu, nous t romaines que notre conjecture avait été juste, et en tournant le bras entier en différents sens, nous limes rentrer le tendon à sa place, ce qui rendit immédiatement à la malade l'usage de cette partie (1). »
Les mouvements communiqués ne peuvent remplir qu'une indication exceptionnelle dans le traitement des entorses de l'épaule; le gonflement inflammatoire et les douleurs qu'on
(i) Afjvlomta reformata. Lorulen, tOq j, |i. 1.49.