DANS LES MALADIES DU POIGNET
Lorsque le poignet est le siège d'une lésion quelconque, les doigts ont des mouvements plus ou moins difficiles ; ils ont peine à saisir les objets, et l'action d'écrire est impossible ou ne peut être longtemps prolongée. Cependant, sans guérir la
lésion articulaire, il est possible de rendre en partie à la main l'exercice de ses fonctions; il suffit, dans quelques cas, de suppléer par des agents de compression au relâchement des liens qui unissent les os entre eux, et de donner une certaine fermeté à la base de la main. Ce but peut être atteint au moyen de tuteurs que représentent les figures 7 8 et 7 9.
Deux gouttières se moulant sur les formes de l'avant-bras et du poignet
Fig. 78
ENTORSES Dl) POIGNET. 59 1
embrassent ces parties, l'une en avant et l'autre en arrière; elles sont de bois dur, de 2 à 3 millimètres d'épaisseur, sur lequel on a collé une peau de cliamois. La figure 7 8 représente l'appareil ouvert et montre les deux parties dont il se compose; la figure 79 montre l'appareil en place.
J'ai appliqué ce tuteur à des tumeurs blanches du poignet, ainsi qu'on en verra un exemple lorsque je traiterai de cet ordre de lésions. Mais le cas où j'en ai fait l'usage Je plus fréquent et le plus utile, est celui de malades qui, sans lésion évidente, se plaignaient de ne pouvoir écrire pendant un quart d'heure ou une demi-heure, par exemple, sans que leur main devînt pesante, douloureuse, et qu'ils fussent obligés de suspendre jeur travail. Remarquant que chez eux la tête du radius faisait saillie en arrière, que cette saillie augmentait dans la pronation et disparaissait sous l'influence d'une pression , je pensai que les tuteurs qui viennent d'être décrits pourraient leur être utiles. L'expérience a confirmé ces présomptions, et j'en ai vu plusieurs dont l'inaptitude à l'exercice prolongé des doigts cessait dès que la tête du cubitus était ainsi comprimée et que lavant-bras était empêché de se porter dans la pronation extrême.