‹ Traité de thérapeutique des maladies articulaires (volume 2)Chapitre 129 sur 151 · MAL VEBTEBRAL DE POTT · texte numérisé non relu

MAL VEBTEBRAL DE POTT

ces auteurs, à qui l'on doit une série de publications remarquables sur ce sujet: « La quantité de teinture diode à injecter, varie,dit-il (1), suivant Tétendue du foyer; mais elle doit être suffisante pour pouvoir pénétrer dans toutes les anfractuosités du loyer, les toucher, les imprégner pendant quatre ou cinq minutes au moins; après quoi on en laisse s'écouler la plus grande partie ; écoulement qui quelquefois se fait difficilement, car la teinture diode produit sur le pus et sur le sang une espèce de coagulum qui souvent bouche la canule du trocart et empêche le liquide injecté de sortir; mais quand cette sortie ne peut avoir lieu facilement, on peut sans inconvénient laisser dans le foyer le quart ou le tiers de l'injection.

» La composition de l'injection peut varier aussi : on peut dire d'une manière générale qu'on doit donner la préférence à la teinture d'iode mélangée de parties égales d'eau, et qu'on doit y ajouter un peu d'iodure de potassium pour rendre plus complète la dissolution de l'iode ; ainsi, nous avons l'habitude d'ajouter U grammes d'iodure de potassium pour 100 grammes de teinture alcoolique d'iode. Nous faisons toujours nos deux ou trois premières injections en ajoutant à la teinture d'iode parties égales d'eau; mais dans les injections suivantes, nous employons souvent la teinture d'iode pure. Jamais nous n'avons vu survenir le plus petit accident, même dans de vastes loyers. »

Les injections iodées se sont beaucoup répandues dans la pratique, et des observations, dues à divers chirurgiens, sont venues s'ajouter à celles des promoteurs de la méthode. Leur valeur a été très diversement appréciée dans la presse médicale et dans les Sociétés savantes, et il est difficile de préciser encore le jugement que l'on en doit porter.

Les conclusions suivantes me paraissent toutefois résulter de l'ensemble des faits publiés : 1° La méthode a toujours été innocente, et, dans quelques cas, exceptionnels il est vrai, elle a même été suivie de la guérison. Ce succès n'a pas toujours été borné aux abcès provenant des apophyses transverses et épineuses, comme dans la première opération de M Abeille;

(i; Bulletin de ihe npeulifjue, i85o.

662 RÉGION DOIiSO-LOMBAlHE DE LA COLONNE VERTÉBRALE.

mais il a été observé dans des collections purulentes onveries au pli de laine et provenant du corps des vertèbres. 2° Le plus souvent il est resté des fistules, et les malades ont continué à languir dans l'état chronique dont on a tant de peine à les faire sortir. 3° Quand il y a eu mort, comme dans les cas observés par M. Fleury (de Clermont), les. accidents ont suivi l'ouverture spontanée qui s'est faite plusieurs semaines après l'opération;

On le voit, les injections iodées n'ont pas eu jusqu'à présent des résultats qui leur assignent une véritable supériorité sur les ponctions. Ce'les-ci auraient même l'avantage, si l'on devait juger de leur valeur parles faits cités dans le rapport sur les travaux de M. Guérin. Je suis disposé cependant à ne pas reconnaître cet avantage. 1° Les faits recueillis à la Clinique de M. Guérin l'ont été sur des enfants, et personne n'ignore que, toutes cboses égales d'ailleurs, les chances de succès sont bien plus grandes dans ces conditions que chez les adultes qui comptent en assez grand nombre parmi ceux que Ton a opérés par la teinture d'iode. 2° M. J. Guérin a toujours fait une combinaison savante et raisonnée de moyens généraux et mécaniques qui ont puissamment contribué à la guérison. Il serait illogique, dès lors, d'attribuer les succès tout entiers aux ponctions sous-cutanées. 3° Enfin les méthodes de traitement doivent être appréciées, moins dans des maladies très graves, dont l'évolution naturelle influe plus sur le résultat que les traitements qu'on leur oppose, mais bien dans des cas plus simples et plus faciles à guérir. Or, qu'à ce point de vue l'on compare les ponctions sous-cutanées et les injections iodées dans les collections séreuses et dans les abcès simples, et l'on trouvera en faveur des injections iodées une supériorité si incontestable, si bien prouvée par des faits nombreux, que l'on n'hésitera pas, en ce qui regarde les abcès par congestion, à conclure en leur faveur, au moins par analogie. Cette question méritait toutelois de nouvelles recherches ; voici celles que j'ai eu l'occasion de faire.

Recherches de [auteur. — Et d'abord le procédé opératoire demandait à être perfectionné. En évacuant le pus par la ponction simple avec un trocart, on s'expose à la pénétration

Page 1