‹ Traité de thérapeutique des maladies articulaires (volume 2)Chapitre 131 sur 151 · MAL VERTÉBRAL DE POTT. GG · texte numérisé non relu

MAL VERTÉBRAL DE POTT. GG

de l'iode dans les urines pendant six jours; fièvre pendant trois jours; point de phénomènes inflammatoires du coté de l'abcès.

Le 7 janvier 1 85s, l'abcès s'étant reproduit, on retire 37 centilitres d'un pus se rapprochant de celui des abcès par congestion, et l'on pratique une troisième injection iodée, comme précédemment, de Go grammes de teinture d'iode. Les mêmes phénomènes généraux se manifestent : L'absorption de l'iode est toujours évidente pendant sept jours, la fièvre de réaction n'est cependant pas si forte.

Le su janvier, la tumeur a notablement diminué de volume. On fait encore une nouvelle aspiration de 3o centilitres de pus, et une nouvelle injection oui est suivie des mêmes phénomènes généraux ; la lièvre ne dure seulement cpie deux jours, et l'absorption de l'iode sept. Point de phénomènes inflammatoires locaux apparents. On a fait successivement, les 27 janvier et 7 février, une cinquième et une sixième injection iodée, qui amènent des résultais identiques à eeux (pie nous avons déjà lait connaître. Toutefois, une salivation très abondante se manifesta après; la cinquième; elle persista trois jours. On trouva dans la salhe l'iode en grande quantité.

Enfin, le 17 février, une septième opération est pratiquée. Comme la tumeur a sensiblement diminué, on ne peut aspirer qu'une très petite quantité d'un pus roussâtre ; le lendemain même de l'opération, il survient une inflammation violente dans l'abcès, qui s'ouvre de lui-même deux jouis après. Le pus se fait jour au dehors, et le ina'ade est fatigué à la suite de celle ouverture spontanée; on agrandit l'ouverture par une cautérisation avec le chlorure de zinc; le pus s'écoule librement au dehors, sans donner lieu à aucun accident de résorption purulente. On injecte chaque matin de la pommade iodée dans le foyer purulent, et, au commencement de mars, le malade quitte l'hôpital, pour se rendre chez lui, dans un état satisfaisant. L'abcès suppurait toujours, mais en petite quantité, et la santé générale était fort bonne. Trois mois plus tard, époque à laquelle M. le docteur (jbevandier donna de ses nouvelles, la santé était bonne, mais la fistule toujours ouverte. (Observation recueillie par M. le docteur Plnlipeaux.)

LIIe Observation. — Double abcès par congestion sans cjibboùlé. Quatre injections iodées. Cessation des douleurs lombaires. Reproduction des abcès.

Jean-Marie André, vingt-trois ans, maréchal-ferrant à Chessy (Rhône), d'un tempérament sec, en apparence bien constitué, quoique maigre, ressentit, il y a deux ans, sans cause appréciable, une douleur de reins, à l'union du dos et des lombes. Quoique gêné dans les mouvements de flexion du tronc, il n'en continua pas moins sa profession pénible de forgeron.

LTn an après parut à l'aine droite une tumeur indolente, sans changement de couleur à la peau ; les mouvements de flexion du raclas devinrent alors plus difficiles. Quelque temps après, une grosseur de même nature vint faire saillie à la partie supérieure de la cuisse gauche, et prit un plus grand développement.

Inquiété par les progrès de cette tumeur, André entre à l'Hôtel-Dieu le 13 décembre 1 852, salle Saint-Philippe, n° 26.

On reconnaît deux vastes abcès par congestion, occupant le pli de l'aine et se prolongeant dans les fosses iliaques.

666 RÉGION DORSO-LOMBAlliE DE LA COLONNE VERTEBRALE.

La colonne vertébrale conserve sa rectitude ; la percussion sur les épines

détermine une douleur vers les dernières dorsales et les premières lombaires. Le malade paraît d'ailleurs se porter assez bien, et il marche sans difficulté.

Le 5 janvier, M. Bonne! ponctionne la tumeur gauche avec le trocart île M. Guérin. Un litre environ de pus séreux est aspiré par la seringue. On injecte 60 grammes de teinture d'iode, qui est laissée dans la poche. Réaction fébrile assez forte dans la soirée; le malade, qui a voulu manger sa portion, éprouve dans la nuit tous les accidents d'une indigestion ; le lendemain, tout est rentré dans l'ordre ; du côté de la tumeur, pas de signes d'inflammation. Une heure après l'opération, on retrouve l'iode dans les urines, qui en conservent des traces évidentes pendant six ou sept jours.

Le 14 janvier, lis urines ne donnant plus rien parles réactifs, on pratique une nouvelle opération; la réaction fébrile, cette fois, est peu sensible: le malade n'interrompt pas son régime, et la douleur locale est presque nulle.

Le a3, on ponctionne à droite, et cette fois on acquiert la certitude que les deux abcès communiquent : à mesure qu'on aspire du liquide, la tumeur gauche s'affaisse.

Go grammes d'iode sont injectés et supportes sans aucun trouble ; l'appétit du malade augmente; il se promène toute la journée.

Le 3 1 janvier, quatrième opération. La quantité de pus aspirée est aussi considérable que le premier jour ; la nature n'en est pas changée; l'injection, cette lois encore, ne détermine aucune réaction générale ni locale.

Après chaque nouvelle injection, on a pu trouver de l'iode dans les urines pendant cinq à sept jours.

Le 4 février, le malade sort; son appétit et ses forces sont plus développés qu'avant le traitement ; il assure que depuis quinze jours ses douleurs lombaires sont remarquablement calmées. Les abcès par confection sont toujours aussi volumineux et aussi indolents. Si l'impatience du malade ne l'eût pas engagé à sortir, on lui aurait fait porter un tuteur de la colonne et l'on serait revenu aux injections iodée-. ( Observation recueillie par M. Chavanet, interne des hôpitaux.)

Lorsque, à la suite de l'ouverture spontaue'e ou artificielle des abcès par congestion, le pus s'altère et exhale une odeur fétide, les injections iodées ne doivent pas être négligées. M. Boinet les a vues détruire l'odeur fétide du pus et faire cesser les symptômes généraux. Jeu ai obtenu également un résultat satisfaisant chez un malade qui avait des fistules ouvertes aux plis de l'aine des deux cotés et dans la région lombaire. On lui fit chaque jour, pendant deux ou trois semaines, des injections avec de l'alcool camphré, et de temps en temps avec de la teinture d'iode. Le liquide introduit dans l'une de ces ouvertures sortait facilement par les autres, et malgré l'étendue des foyers purulents que démontraient ces libres communications, la suppuration devint moins abondante et

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