‹ Traité de thérapeutique des maladies articulaires (volume 2)Chapitre 26 sur 151 · MÉDICATION IODÉE · texte numérisé non relu

MÉDICATION IODÉE

Ces idées m'ont conduit à une série d'expériences sur l'absorption et les effets généraux de l'iode administré par la méthode enderniique. Ce corps a pu être constamment trouvé, quelques heures après son application sur des vésicatoires, dans les urines et la salive (1), où sa présence en grande quantité a pu être constatée à chaque instant du jour, pendant toute la durée des pansements quotidiens.

Cependant, les résultats obtenus devaient varier et ont varié, en effet, suivant le genre de préparations mises en usage.

C'est la pommade diode ioduré du Codex qui semble le mieux assurer l'absorption. Tous les faits qne j'ai recueillis ont été observés pendant son emploi. L'iode en vapeur, suivant le procédé de M. Goin, réussit très bien également. Il n'en est pas de même de la teinture d'iode. Si l'absorption en est évidente, lorsqu'on la laisse à demeure dans les cavités closes, elle est incertaine à la surface des vésicatoires ; elle est presque inappréciable sur les ulcères.

Toutes ces recherches, en éclairant la question générale de la médication iodée, ont influé très puissamment sur la thérapeutique des graves maladies articulaires (2) : ainsi, l'absorption de l'iode, incorporé à laxonge, a été rendue plus active et plus efficace dans les tumeurs blanches sans suppuration,

(i) Pour constater cette absorption il suffit de verser dans le liquide à examiner, d'abord une solution d'amidon faite à chaud, puis quelques gouttes de liqueur de Lab.irraque ou d'hypochloiïte de soude; le chlore que renferme ce dernier re'aclif dégage l'iode des combinaisons qu'il contracte toujours dans les liquides de l'économie, et le met dans l'état de liberté où il peut agir sur l'amidon et le colorer en bleu. Ces expériences s'exécutent avec tant de rapidité, qu'on peut les répéter plusieurs fois et sans perdre de temps, dans le cours d'une visite d'hôpital.

ISon seulement on peut, à leur aide, constater l'existence d'un iodure, mais elles pei mettent de juger approximativement quelle en est sa proportion. Quand celle-ci est très faible, la teinte bleue est légère et disparait immédiatement. Une proportion un peu plus forte se manifeste par un bleu plus intense et par une persistance qui vaiie de quelques secondes à quelques minutes. Enfin, dans des cas exceptionnels, le bleu se rapproche du noir, et l'iodure d'amidon conserve, malgré l'action de l'urine qui tend à le décolorer, la couleur qui lui est propre, pendant un temps qui peut aller jusqu'à un quart d'heure.

(t) Voir, pour plus de détails sur ce sujet, le mémoire que j'ai publié dans la Gazette médicale de Paris, en niai 1 85 2.

tlès qu'on a eu soin de le déposer sur des solutions de continuité produites par des vésicatoires ou des cautérisations ; ainsi, l'existence ou l'absence de ce métalloïde dans les urines a donné une des règles à suivre dans les injections que réclament les abcès froids des jointures. On a du. attendre, pour revenir à ces injections, qu'il ne fût plus reconnaissable dans les produits de sécrétion, et par conséquent, qu'il fût entièrement éliminé. Enfin, dans le traitement des abcès et des vastes ulcères qui succèdent à leur ouverture , on a vu que l'amélioration de la santé n'était possible au moyen de l'iode localement appliqué, qu'à la condition d'en entretenir, pendant un temps variable mais toujours très long, une absorption telle que les urines pussent passer constamment à un bleu intense, sous l'influence des réactifs appropriés.

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