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MÉDICATION SALINE

Ainsi, en adoptant les analyses qui indiquent la pins grande proportion de principes minéralisateurs, on trouve sur mille grammes d'eau, à Néris, l,6/i de sels cristallisés; à Luxeuil 1,17; à Plombières, 0,50.

Les bains salés que Ton peut employer à domicile, doivent, comme les boissons, être formulés en imitant ceux des eaux minérales. L'eau de mer est le type duquel on a surtout pensé à se rapprocher. Pour obtenir cette imitation, M. Soubeiran conseille d'ajouter à un bain de 300 litres :

Sel marin 8,ooo gr.

Sulfate de soude cristallisé. . . . 3,5oo gr.

Chlorure de calcium cristallisé. 700 gr.

Chlorure de magnésium 2,o,5ogr. (i).

En additionnant ces divers chiffres, on trouve qu'il faut plus de 15 kilogrammes de sels divers pour obtenir une solution saline aussi concentrée que l'eau de mer. Cependant, cette dose, assez rapprochée de celle qui résulte de toutes les analyses, lesquelles indiquent de 37 à 42 grammes de sel par litre d'eau, est très différente de la dose habituellement prescrite pour les bains salés, et qui est en général d'un ou de deux kilogrammes. Quel choix doit- on faire entre ces formules si oppsoées? où. faut-il en choisir qui soient intermédiaires entre elles?

C'est à cette dernière conclusion que conduit l'analyse des

(1) Le bain de mer artificiel préparé suivant la formule ci-jointe ne coûterait pas moins de 4° à 5o francs pour 3oo litres d'eau.

Mais on trouve dans les résidus appelés soudes de J'arech un produit infiniment plus économique, et qui, privé des matières insolubles qu'il renferme à l'état brut, aurait le double avantage d'être moins coûteux et de représenter plus exactement la composition saline de l'eau de mer.

Celte proposition, réalisée dans ces derniers temps par quelques médecins, à l'instigation de M. Dorvault (de Paris), paraît mériter une attention toute particulière.

M. Pelletier, pharmacien à Lyon , vient de satisfaire à ce desiderata de la pratique en tirant des salines du Midi et en répandant dans le commerce, sous une forme commode, des bains de mer artificiels, dont les principes minéralisateurs renferment non seulement le chlorure de sodium, mais les iodures et les bromures que contiennent les résidus marins qui servent à composer ces bains.

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eaux thermales que l'on prend en bains dans des baignoires pendant un temps plus ou moins prolongé.

Ainsi, en admettant les analyses qui indiquent les plus fortes proportions et en choisissant les eaux les plus salées, on trouve sur 1,000 grammes d'eau, à Balaruc, 11,64; à Bourbonne-les-Bains, 8,00; à Lamotte, 5,36; à Bagnères-de- Bigorre, 2,87.

D'où il suit qu'un bain factice de Balaruc exige 3,492 grammes de sel; ceux de Bourbonne-les-Bains, 2,400; ceux de Lamotte, 1,608; et ceux de Bagnères-de-Bigorre, 861.

On voit par là qu'en cherchant à imiter les eaux minérales, on arrive à des proportions si diverses, que l'on est conduit à s'en tenir aux usages qui sont d'ajouter à l'eau du bain, de 500 grammes à 3 kilogrammes de sel, suivant la susceptibilité et l'âge des malades.

Art. VII. — Médication iodée.

En traitant de l'iode et de ses préparations, nous ne pourrons suivre l'ordre que nous avons adopté dans les articles consacrés aux préparations sulfureuses et alcalines; car nous ne pouvons prendre l'état de l'iode dans les eaux minérales comme le type le plus parfait de ses préparations, et le mode suivant lequel on l'administre à ces eaux, comme devant nous servir de modèle dans la pratique civile à domicile. Il n'existe aucune eau dont les propriétés soient essentiellement dues à l'iode, et l'on n'a que des connaissances imparfaites sur les effets de celles qui en contiennent le plus ; de ce nombre sont les eaux de Challes, près de Chambcry, qui ont été découvertes par M. le docteur Domenget (1), et les eaux-mères qui ont servi à la production du sel marin.

L'absorption de l'iode est incroyablement rapide. Très peu de temps après l'ingestion de l'iodure de potassium, on peut reconnaître sa présence dans l'urine, ainsi que l'ont constaté Vallace et MM. O' S!:augnessy, Tiedemann et Gmelin ; et ce qui n'est pas moins remarquable, c'est la vitesse avec laquelle

(i) Bulletin de l'Académie de médecine, Paris, îS^?, t. VIII, p. 94 et suiv.

MÉDICATION IODÉK. 67

l'urine cesse d'en manifeste? les traces aussitôt qu'on en interrompt l'usage. En général-, bien que la quantité d'iodure de potassium que le malade a prise soit considérable, quelques jours d'interruption dans l'emploi de ce remède suffisent pour qu'il n'en reste qu'une trace légère. La sécrétion rénale n'est pas non plus le seul émo notoire qui donne issue à l'iode dans l'économie. En administrant cette substance à une nourrice, on la retrouve dans son lait et même dans l'urine de l'enfant qu'elle allaite ; on la découvre toujours dans la salive, et l'on a constaté sa présence dans les larmes de plusieurs malades affectés d iritis avec larmoiement. Ces observations sont dues à Woeliler; elles ont été confirmées par les recherches de M. Péligofc

Quelques expériences récentes ont démontré que les mêmes phénomènes d'absorption et d'élimination peuvent être obtenus par la respiration des vapeurs d iode ou par celle de l'éther iodhydrique.

Cependant la faculté d'absorber l'iode, reconnue aux muqueuses digestive et pulmonaire, est généralement refusée aux autres parties du corps. Tous ceux qui ont écrit sur l'emploi chirurgical de cette substance ne lui reconnaissent qu'une action locale. Suivant eux, lorsqu'on l'applique à la surface d'un ulcère ou qu'on l'introduit dans la cavité dune séreuse, elle se borne à modifier les tissus avec lesquels elle est en contact; elle ne pénètre point dans le sang et ne modifie point l'ensemble de la constitution.

Ou peut voir le résumé de ces opinions dans l'ouvrage le plus récent et le plus complet sur la matière, la Monographie des iodiques, publiée en 1850 par M. Uorvault. Cet auteur, résumant ses propres opinions et celles de ceux qui l'ont précédé, alarme (p. 216) que l'iode n'est absorbé ni à la suite d'un pansement, ni après ies injections dont ce métalloïde est la base; il insiste avec Lugol (p. 215) pour établir que le traitement externe par ies iodiques est sans influence sur les maladies scrofule uses constitutionnelles, et ne peut en rien dispenser d'un traitement interne et générai.

M. Boinet, auteur de recherches utiles et justement

remarquées, sur les injections iodées dans les abcès par congestion, ne se borne pas à nier l'absorption de la teinture diode laissée en contact avec les parois du foyer purulent ; il dit que cette teinture les cautérise et les modifie de telle manière qu'elles ne peuvent plus absorber les éléments putrides que pourrait fournir le pus, s'il se décomposait au contact de l'air. En niant ainsi l'absorption de l'iode à la surface des ulcères ou des cavités closes, ces auteurs émettaient une assertion contraire à toutes les lois universellement admises sur les propriétés absorbantes des tissus vivants. Leur opinion devait donc être soumise à un examen expérimental. C'est ce que j'ai fait en recherchant l'iode dans les produits excrétés, lorsqu'il avait servi à des pansements ou à des injections. Il m'a été facile alors de constater que les réactifs en décelaient la présence dans les urines, dans la salive et la sueur, et qu'il y pénétrait aussi facilement et en aussi grande abondance que lorsqu'on l'introduit dans les voies digestives.

De ce fait, que l'iode localement appliqué pénétrait dans le sang en quantité, souvent considérable, à l'idée que l'économie tout entière devait être modifiée par de simples pansements, il n'y avait qu'un pas. L'observation n'a pas tardé h confirmer celte présomption ; elle a montré qu'à l'aide de précautions spéciales, les pansements indiques excitaient momentanément toute l'économie, et développaient, à la longue, l'appétit et les forces aussi sûrement, et peut-être avec plus de promptitude et d'évidence, que les boissons qui contiennent de l'iode et de l'iodure de potassium.

Cependant, la possibilité d'agir sur toute l'économie lorsque l'on peut (aire absorber l'iode par des solutions de continuité naturelles, l'avantage d'éviter dans ces cas toute fatigue des voies digestives, conduisaient à rechercher si l'on ne pourrait pas obtenir les mêmes résultats lorsque la peau est intacte. La question ainsi posée, la méthode endermique en offrait la solution naturelle : il suffisait, pour imprégner l'économie d'iode, de déposer celui-ci, chaque jour et pendant un certain temps, sur la peau dépouillée d'épiderme, ou à la surface d'une plaie produite artificiellement.

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