‹ Traité de thérapeutique des maladies articulaires (volume 2)Chapitre 32 sur 151 · MOYENS PRÉVENTIFS DES ACCIDENTS, ETC · texte numérisé non relu

MOYENS PRÉVENTIFS DES ACCIDENTS, ETC

à la manière de M. Seutin. Pour moi , je ne conteste point, les avantages partiels que peut avoir chacune de ces méthodes; je les considère cependant comme étant toutes insuffisantes , et je conseille d'employer dans ces cas des appareils préparés à l'avance , et ayant les dispositions spéciales que je ferai connaître aux articles Genou, Coude, Epaule, etc. Ces appareils seuls permettent de faire les pansements, et de maintenir la propreté la plus exacte sans déplacer le membre et tout en facilitant, au besoin, l'extension et la contre-extension. Les faits les plus probants m en ont démontré les avantages dans les plaies pénétrantes du pied, du coude, etc.

Art. Ier. — Moyens préventifs des accidents que peut entraîner l'ouverture des articulations.

Après l'immobilité dans une bonne position , le premier moyen qui se présente à la pensée comme pouvant prévenir les accidents, est la réunion immédiate de la plaie. On peut espérer que cette réunion, pratiquée de bonne heure, ramènera la plaie profonde aux conditions toujours si simples des plaies sous-cutanées, et quelle préviendra toute suppuration, toute décomposition putride.

Les moyens de réunion sont : la suture, déjà recommandée par Ambroise Paré, et que Ion peut étendre, suivant son conseil, à une partie seulement de la plaie, afin de laisser une issue à la sanie, ou pratiquer sur toute l'étendue de la solution de continuité ; ce sont le> bandages unissants et les enduits dessiccatifs. Ces derniers, conseillés aussi par le père de la chirurgie française, sous le nom de défensifs, se préparent avec du blanc d'œuf, du sangdragon, de l'aloès, du mastic, etc. M. Larrey employait le blanc d'œuf avec l'eau blanche et 1 eau-de-vie camphrée ; dans ces derniers temps, on a proposé le collodion , substance bien supérieure à toutes les autres par la rapidité de sa dessiccation et la fermeté de ses adhérences. Sans aucun doute, c'est celle que l'on doit préférer; elle n'a pas les inconvénients de la suture, et elle maintient avec autant de fermeté le rapprochement des bords de la plaie à réunir. Si l'air n'a point encore pénétré , l'enveloppe protec-

trice formée par une superposition de linges imbibés de collodion met à l'abri de sa pénétration presque aussi sûrement que la peau restée intacte.

À la suite des moyens mécaniques d'oblitération, on doit placer ceux qui tendent à former les plaies par le gonflement de leurs bords et la coagulation de la sérosité. Tels sont les vésicatoires placés sur la plaie elle-même, les compresses trempées dans l'eau de Rabel , et la cautérisation avec le fer rouge. Ces moyens n'ont été préconisés, à ma connaissance , que par des vétérinaires, et l'expérience ne permet pas de dire quelle est leur valeur chez l'homme.

Ils méritent d'être expérimentés dans les plaies par contusion.

Les réfrigérants que nous avons vantés dans les entorses et dans les contusions peuvent-ils être également utiles dans les plaies des jointures ? Il est permis d'en douter. Les refroidissements auxquels ils exposent peuvent entraîner le tétanos et la résorption purulente, accidents que l'on n'a pas à craindre quand la peau est conservée intacte. Les faits dont j'ai été le témoin ne me laissent point de doute à cet égard , et me font condamner sans hésiter cette méthode dans les plaies du coude, du genou, et dans celles qui sont plus rapprochées du tronc.

Art. II. — Des moyens de combattre les accidents une fois développés,

Ces accidents sont surtout le phlegmon diffus, la décomposition putride des liquides accumulés dans la jointure, et l'abondance delà suppuration.

Le phlegmon exige avant tout l'immobilité et la propreté des pansements. J'ai vu des cas où ces précautions avaient suffi pour l'arrêter dans son cours et prévenir la suppuration diffuse et ses terribles conséquences.

Peut-on le combattre avec avantage par les applications émollientes, les sangsues, la compression, les scarifications conseillées par Béclard, les mouchetures de Duncan? Je ne le pense pas. Le phlegmon diffus est l'effet d'une résorption putride, et tous les moyens antiphlogistiques, laissant subsister la cause dans toute son intensité, ne peuvent en amoindrir les

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