CHAPITRE TROISIEME
Quel que soit le genre de plaie qui ait été fait à une jointure, et quelle que soit la période à laquelle celle-ci soit arrivée, l'immobilité de l'articulation est indispensable. Aux raisons
(i) OEuvres complètes, édition île Malgaigne: Paris, iB/Jo, t. II, p. 199.
qui militent en faveur du rapprochement exact entre les bords des solutions de continuité récentes, quelle que soit la région du corps où on les observe, il s'en ajoute de spéciales pour les plaies des articulations. iSulle part, en effet, les mouvements divers ne tendent avec plus de puissance à produire un écartenient, et les alternatives d'amplitude et de; resserrement qu'éprouvent les cavités articulaires, suivant les rapports dans lesquels les os sont placés, doit faire craindre l'aspiration de l'air qui serait le résultat de certains mouvements.
Mais dans quelle position les surfaces articulaires doiventelles être maintenues immobiles? Tous les auteurs depuis Ambroise Paré ont répondu à cette question, en recommandant la direction qui serait la plus favorable à l'exercice des fonctions, si le membre venait à s'ankyloser : telles sont l'extension pour le genou, la flexion pour le coude.
.1 ai insisté, ailleurs (lj, sur les expériences de M. Jules Guérin et sur celles qui me sont propres, au sujet des différences de capacité que présentent les cavités articulaires suivant la position des os. Le résultat de ces expériences conduit à penser que dans lesplaies pénétrantes désarticulations,, la position plus favorable est celle où la cavité synoviale a le moins d'amplitude; car plus cette cavité est étroite, moins l'air tend à y pénétrer, et moindre est la collection de liquide putrescible qui peut s'y accumuler. Par une heureuse coïncidence, la position qui diminue le plus la capacité des articulations est précisément celle qui facilite le plus I exercice des fondions, si l'ankylose a lieu : c'est l'extension pour le genou, Ja flexion pour le coude, etc.
La question des moyens mécaniques qui doivent assurer l'immobilité et la position convenables des jointures lésées soulève toutes !es difficultés qui s'attachent à celle des appareils dans les fractures compliquées.
Les uns recommandent le bandage de Scultet avec les attelles latérales; les autres le bandage inamovible (Larrey), quelques-uns le bandage amidonné, rendu amovo-inamovible
(i) Traité des maladies des articulations, t. I, p. 55.