‹ Traité de thérapeutique des maladies articulaires (volume 2)Chapitre 69 sur 151 · LUXATIONS DU GENOU · texte numérisé non relu

LUXATIONS DU GENOU

La seconde es I la flexion à angle aigu du tibia sur le fémur, suivie de son extension graduée.

Les laits manquent pour apprécier la valeur comparative de ces deux méthodes. Jcme contenterai de dire que la flexion nia très bien réussi dans le cas suivant.

haï 1 S'i7, je fus appelé dans un pensionnat pour un enfant de douze ans qui avait éprouvé nu accident grave au genou. Trois médecins crurent reconnaître une rupture du ligament rotulien, et mon premier examen me conduisit à penser à une fracture de l'extrémité inférieure du fémur. Mais, dans une observation faite le jour suivant, je reconnus une luxation du tibia en avant. Les os avaient les rapports que représente la figure 27, (ine j'emprunte à M. Vidai; le vide qui existait au-dessus de l'épine du tibia avait fait croire à la rupture du ligament rotulien , et la saillie du fémur à la fracture de cet os. Pour1 réduire la luxation du tibia, j'éthérisai le malade, et je fléchis vivement la ïambe avec la main droite, nendant que lavant-bras du coté gauche était placé dans le creux du jarret; Le mouvement brusque et le bruit

qui accompagnent la réduction des os luxes me démontrèrent (pie le but é'.ait atteint. La déformation du membre, le raccourcissement et le relâchement du ligament rotulien cessèrent immédiatement. Je fis le même traitement consécutif que s'il se fût agi d'une fracture de cuisse. Après plusieurs mois, la marche put se rétablir; mais j'ai lieu de croire que le genou est toujours resté roide.

Quant aux luxations trau-matiques de la rotule, on sait combien elles sont rares. Je n'en ai jamais vu, même d'incomplètes, qui ne fussent la conséquence du déplacement du tibia lui-même.

Ici, comme dans le cas précédent, on peut recourir ù la méthode des pressions pendant que la jambe est étendue, ou à la flexion de la jambe sur la cuisse, ainsi (pie M. Malgaigne

l'a conseillé. Les faits cités par cet auteur, et les inductions que Ion peut déduire des dispositions du ligament rotulien, qui doit tirer en bas et replacer la rotule lorsque la jambe est fléchie, me conduisent à adopter cette dernière méthode.

La flexion se trouve ainsi convenir aux entorses, aux luxations du tibia , à celles de la rotule. Nous avons vu à quel point elle prépare le redressement du genou, et nous démontrerons plus tard toute son importance dans la rupture des ankyloses.

Art. V. — Lésions du genou suites de l'imaiobilité.

C'est surtout dans ces lésions que Ton doit foire usage des appareils de mouvement. Lorsque j'ai publié mon mémoire sur ces appareils, je citais trois cas dans lesquels cette méthode avait été appliquée à la suite de fractures.

Dans le premier, la cuisse avait été fracturée près du genou, et remploi des moyens de contention avait été prolongé pendant soixante-quinze jours. Ce ne fut que trois mois et demi après l'accident que L'appareil de mouvement fut mis en usage, avec toutes les précautions que j'ai recommandées. L'amélioration fut lente; mais deux mois après le début du traitement la mobilité était aussi complète que dans l'état normal.

Comme, dans ce cas, on n'avait point essayé tout ce que pouvaient faire le temps et les efforts spontanés du malade, on pouvait douter de l'influence heureuse qu'avait exercée l'appareil; il n'en était pas de même dans deux cas de roideur extrême du genou que j'avais traités à ma clinique dans l'hiver de 18/iS. Les deux malades dont il s'agit avaient été débarrassés de leurs appareils de fracture, l'un depuis trois mois, l'autre depuis trois mois et demi, et malgré les efforts qu'ils avaient faits pendant ce temps, leurs genoux pouvaient à peine exécuter des mouvements de 10 à 15 degrés, et la marche ne leur était possible qu'à l'aide de deux béquilles. Grâce aux appareils de mouvement employés plusieurs fois dans la journée, pendant une demi -heure ou trois quarts d'heure chaque fois, la mobilité de la jointure s'accrut chaque jour d'un à deux degrés. Après un traitement de cinq semaines pour l'un, de six semaines pour l'autre, la flexion pouvait se

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rapprocher de l'angle droit, les béquilles n'étaient plus nécessaires, et la marche avait lieu avec une facilité, sinon complète, au moins très satisfaisante.

Depuis cette publication, des Faits nombreux ont achevé de démontrer l'utilité de la méthode. Je citerai surtout ceux qui ont été recueillis dans les services de MM. Barrier, Valette et Desgrange, chirurgiens de l'Hôtel-Dieu de Lyon. Depuis plusieurs années, tous ces chirurgiens ont adopté les appareils de mouvement pour les roideurs qui succèdent au traitement des fractures, et les faits les plus multipliés leur ont démontré l'utilité de la méthode. Cette adhésion de mes confrères a plus de valeur et est plus propre à entraîner la conviction que les observations particulières que je pourrais citer.

Art. VI. — Genoux en dedans.

Tous les auteurs qui ont écrit sur le rachitisme signalent comme conséquence ordinaire de cette maladie générale une déformation des genoux, telle que ceux-ci font saillie en dedans, et que la jambe portée dans l'abduction fait un angle obtus en dehors avec la cuisse.

Tous les mécaniciens orthopédistes construisent des appareils portatifs pour remédier à cette déviation des genoux.

Cependant on cherche en vain, dans les ouvrages classiques de chirurgie, une description de cette difformité et une appréciation des moyens de la combattre.

C'est seulement dans des écrits spéciaux et dans les ouvrages d'orthopédie que Ton trouve des études sérieuses sur ce sujet.

M. Mellet lui a consacré un article étendu dans lequel la difformité est décrite avec soin, et qui renferme une appréciation raisonnée des appareils orthopédiques et des manipulations à mettre en usage. Il fait connaître les essais des auteurs qui l'ont précédé, et entre autres de Venel, de Jacquart et d'Yvernois.

Mais, de tous les auteurs à ma connaissance, celui qui a le mieux étudié la question est M. Jules Guérin. Il n'a pas publié, il est vrai, de dissertation générale sur la matière; mais le rapport fait sur ses travaux contient cinq observations qui

comme j'en ai vu souvent faire par des mécaniciens ignorants, ils s'arrêtent en haut, an milieu de la cuisse, et s'ils permettent la flexion au niveau du genou. (Voy. fig. 21, p. 3 45.)

Quelques modifications sont nécessaires lorsque la déviation existe des deux côtés. Les appareils pesants qui servent aux malades couchés ne doivent pas élre formés de deux parties indépendantes lime de l'autre; et ceux qui sont portatifs doivent s étendre jusqu'au bassin et être assujettis au moyen d'une ceinture qui réunit les deux appareils au niveau du bassin.

Pour que les moyens mécaniques opèrent le redressement, plusieurs années sont souvent nécessaires, surtout si les malades ne sont pins en bas âge. Dans la première observation, citée dans le rapport sur les travaux de M. Guérin, on voit qu'un enfant de trois ans et demi chez lequel le peu de gravité de la déformation avait conduit à n'employer que les appareils, obtint une simple amélioration après trois mois de traitement.

3° Sections sous cutanées. — M. Jules Guérin, qui a introduit les sections sous-cutanées dans le traitement des genoux en dedans , a pratiqué suivant les cas :

1° La section sons-cutanée du ligament latéral externe;

2° La section de ce ligament et celle tic l'aponévrose fascia lato;

3° La section simultanée du ligament latéral externe, du fascia lata et du biceps. Dans les quatre observations de genoux en dedans traités par des sections, et cités dans le rapport de la commission chargée d'examiner les travaux de M. Guérin, le ligament latéral externe a été coupé quatre fois, et le faisceau externe du fascia lata deux fois. La section de ces deux faisceaux tendineux n'a été jointe qu'une seule fois à celle du biceps.

M. Guérin n'a pas décrit ses procédés pour la section simultanée du biceps et dn faisceau externe de l'aponévrose fémorale. On voit seulement, dans sa cinquième observation, qu'il fit une piqûre pour le ligament latéral externe et le biceps, et une autre piqûre pour l'aponévrose fémorale.

Il est évidemment plus simple de diviser ces deux parties à

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