IKAOTI UES DE LA ROTULE
fragment supérieur; une première piqûre unité au milieu de la lace externe du membre permit d'introduire un lénotome mousse, par lequel le triceps fut coupe de la peau au fémur, dans toute sa moitié externe, et même au delà. La division du muscle fut complétée à travers une seconde piqûre faite en dedans de la' cuisse. Aussitôt après cette opération, on put faire descendre le fragment supérieur à 3 centimètres plus bas qu'auparavant.
Procédant ensuite à l'avivement, l'opérateur fit pénétrer successivement à travers deux nouvelles piqûres, en dedans et en dehors du genou, vis-à-vis les tubérosités du fémur, un ténotome en rondache, à l'aide duquel il s'appliqua ù détacher le tissu fibreux qui recouvrait les deux fragments; les inégalités que ceux-ci présentaient en dehors rendirent incomplète de ce côté cette dissection sous-cutanée. Toutes les plaies fermées avec le collodium, le membre fut placé dansunegouttière dont le talon était élevé de i5 centimètres au-dessus du lit. Pendant les quatre premiers jours, le genou fut douloureux et tuméfié par une hydarthrose; Cependant l'inflammation diminua rapidement, et sept jours après les sections sous-cutanées, elle était assez bien dissipée pour (pie I ou pût s'occuper du complément de l'opération : ainsi, le 25 janvier, les vis furent implantées sur la partie moyenne des fragments; l'inférieur étant d'un petit volume, l'instrument parut s'y fixer avec un peu moins de solidité que dans celui d'en haut. Quand le rapprochement fut opéré, l'intervalle qui restait entre les deux fragments était d'un centimètre en dehors et d'un centimètre et demi en dedans. Les vis restèrent en place pendant quarante jours; aucun accident ne se manifesta, aucune suppuration n'eut lieu; seulement le malade souffrit et eut une complète insomnie pendant les trois premiers jours qui suivirent leur introduction; le genou se gonfla un peu et l'hydarthrose se reproduisit. Cinq jours après, l'inflammation légère produite par la présence des vis étant dissipée, on reconnut qu'il existait entre les fragments une distance de 2 centimètres. Il eût été imprudent de permettre au malade de se lever sans que son genou fût maintenu dans l'extension par un appareil. On lui fit porter une gouttière de cuir solide, placée en devant et étendue depuis le bas de la jambe jusqu'en haut delà cuisse. Pendant une huitaine de jours il se promena ainsi dans la salle en s'appuyant sur une canne; il marchait, disait-il, beaucoup mieux qu'avant son opération. Il quitta l'hôpital le 20 mars.
A la fin du mois d'août, c'est-à-dire six mois plus tard, il y avait près de 3 centimètres de distance entre les fragments; la flexion de la jambe ne dépassait pas 12 à i5 degrés, et lorsqu'elle était portée aussi loin que possible, on sentait distinctement un tissu résistant, semblable à un tendon, qui s'étendait d'un fragment à l'autre. Le malade était très satisfait de son opération; il pouvait faire de longues marches; la rencontre d'un obstacle, tel qu'une pierre fixée dans le sol, ne le faisait plus tomber, et il sentait dans le genou une assez grande force pour espérer de reprendre les travaux de sa profession.
La facilite beaucoup plus grande qu'il avait à se soutenir et à prolonger la marche dépendait, sans doute, de la formation du tissu fibreux qui unissait les fragments, et de la moindre distance qui existait entre eux.
11 avait avant l'opération un appareil qui maintenait la jambe inflexible, et cependant il ne marchait qu'avec beaucoup de difficulté. Cet appareil, longtemps indispensable, n'a plus été nécessaire un an et demi après l'opération. [Observation recueillie par M. le docteur Pomiès.)
36/i Tli.HThMINT SPÉCIAL.
Ce fait démontre que, parla combinaison des sections souscutanées et de la méthode de ^\3. Malgajgne modifiée, on peut notablement diminuer l'infirmité de ceux qui ont perdu toute force dans le ^enou à la suite de fractures de rotule non consolidées; il fait pressentir aussi que, dans les fractures récentes, la section sons-cutanée du triceps pourrait être employée avec avantage. Ces questions thérapeutiques méritent, du reste, de nouvelles recberches.
Art. III. — Rupture du ligament rotuliun.
Cette rupture est très rare. Elle a été observée par J.-L. Petit, Sabatier, Vanclerlinden. M. 13audens en a lait récemment le sujet d'un mémoire (1). Elle entraîne immédiatement, et lorsqu'elle n'est pas consolidée, des résultats semblables à ceux que produit la fracture transversale de la rotule, et son traitement est le même cpie celui de cette fracture. L'appareil dont M. lîaudens s est servi avec succès dans deux cas de ce genre est une boîte disposée de manière à tenir le talon élevé et la jambe étendue sur la cuisse; le bandage qui agit sur la rotule comprime cet os en avant, en même temps qu'il l'abaisse.
Les réflexions que nous avons faites dans le ebapitre précédent sur les positions et les appareils s'appliquent de tout point aux ruptures du ligament rotnlien ; je nie bornerai à ces quelques mots sur cet accident très exceptionnel, que je n'ai jamais eu l'occasion d'observer.
Art. IV. — Luxations pu genou.
Ces luxations se produisent entre le tibia et le fémur, ou entre la rotule et le fémur.
Quelle que soit celle que Ion ait à réduire entre les premières de ces luxations, que le tibia se soit placé en avant, sur les côtés, ou en arrière de l'os de la cuisse, deux métbodes sont en présence. La première est celle des pressions exercées sur la tétc des os, et dirigées de manière à en opérer la coaplation.
(l) Bulletin de thérapeutique, i85i.