INTRODUCTION. XI
inents morbides, la notion exacte de l'opportunité de chaque méthode. On verra à toutes les pages de ce livre l'application de ces principes; et c'est en tenant compte des exigences si nombreuses qui résultent de la nécessité d'agir anatomiquement sur la direction et la forme des organes, physiologiquement sur les fondions, médicalement sur la vitalité, qu'on admettra sans peine la complexité des moyens que je propose et la possibilité d'utiliser successivement chacun d'eux (i).
A l'exposition que je viens de faire des méthodes qui me sont propres et qui n'avaient pas trouvé leur place dans mon Traité des maladies des articulations , je dois ajouter celle de travaux récents dus à divers auteurs et qui ajoutent à la puissance de lait dans les maladies auxquelles cet ouvrage est consacré.
Au premier rang se place la découverte de l'éthérisation. Egalement admirables dans toutes leurs applications, les agents anesthésiques facilitent le diagnostic et le traitement des maladies des jointures, plus fréquemment et plus utilement peut-être que pour les lésions de toute autre partie du corps. Sans eux, on serait obligé de s'abstenir des mouvements énergiques qui aident si bien à reconnaître l'ulcération des cartilages ainsi que la nature et le degré des ankyloses; sans eux, le redressement dans les arthrites aiguës, la réduction des déplacements anciens ou compliqués d'inflammation, la rupture des adhérences fibreuses seraient rendus impraticables par la résistance des muscles ou par les souffrances des malades.
De toutes les grandes découvertes qui ont influé sur la thérapeutique articulaire, l'éthérisation seule est entièrement nouvelle. Les autres, quoique d'origine moderne, datent d'une époque plus ancienne; telles sont les opérations sous-cutanées, les bandages solidifiés par l'amidon ,
XI! tNTRODUCTIONi
les bains d'air comprimé et les injections de teinture diode dans les cavités closes. Toutes ces méthodes avaient été exposées dans mon premier ouvrage; mais depuis t845, époque de sa publication, elles ont reçu un remarquable développement et ont été l'objet de recherches importantes.
La commission des hôpitaux a fait, en 1 848, un Rapport sur les traitements orthopédiques de M. Jules Guérin. Les travaux de cet auteur sur les gibbosités vertébrales et sur les arthralgies y ont pris place à côté de ses opérations sur les difformités simples (1), et l'on a pu juger, par de nombreuses observations recueillies avec une précision et un contrôle peut-être sans exemple, de la valeur des idées générales que M. Guérin s était borné jusque-là à exposer sous une forme dogmatique propre à en faire saisir l'enchaînement et l'ensemble.
En i85o, a paru l'ouvrage de M. Seutin sur le bandage amidonné; et grâce à ce travail, grâce surtout aux démonstrations que l'auteur a bien voulu nous faire, nous avons pu donner une descriplion plus exacte de son utile méthode, et en faire une appréciation plus juste que dans nos précédents écrits (2).
M. Pravaz a publié sur le bain d'air comprimé une monographie remarquable, dans laquelle, à côté des études générales sur ce modificateur puissant de l'organisme, il a placé les considérations et les faits qui en démontrent la puissance dans les affections rachitiques et tuberculeuses, dans les abcès de la hanche et de la colonne vertébrale (3). Cette publication avait été précédée, en 1847, du Traité, du même auteur, sur les luxations congénitales du fémur, écrit également rempli d'initiative et que nous avons été heureux de pouvoir mettre à profit (4).
(1) P. 285, 38g, 367, 65a, 658, etc.
(a) P. i3, 34', 43 1, 5ig, 53 1 , 590, etc.
(3) P. no,465 et 648.
(4) P. 45i et 471.